Ille-et-Vilaine : des parents et des élus mobilisés contre une fermeture d’école

Le couperet est tombé sous la forme d’un mail, adressé le 8 janvier au maire de la commune de Chelun (Ille-et-Vilaine), qui annonçait « la modification de l’offre scolaire à Chelun/Eancé/Forges-la-Forêt, et plus spécifiquement, la fermeture de l’école Notre-Dame de Chelun à la rentrée de scolaire 2026 ».

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Fermeture annoncée

L’école Notre-Dame de Chelun est une école à deux classes dans lesquelles sont scolarisés les élèves du CP au CM 2. C’est aussi l’une des deux écoles du RPI (Regroupement pédagogique intercommunal) Les 3 clochers. L’autre site d’enseignement, l’école Sainte-Anne, est à 5 km, à Éancé. On y trouve des élèves de la très petite section à la grande section.

À l’origine du regroupement pédagogique, une école existait dans chacune des trois communes Chelun, Éancé et Forges-la-Forêt (d’où le nom des 3 clochers). En 2012, c’est l’école Sainte-Thérèse qui était fermée par le diocèse pour ne pas laisser un enseignant seul avec ses élèves. Les niveaux élémentaires étaient alors regroupés à Chelun, où l’on pouvait aménager deux classes.

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Mobilisation des familles

Sous l’impulsion de l’Ogec (organisme de gestion de l’enseignement catholique) et de l’Apel (Association de parents d’élèves) du RPI, une réunion de mobilisation s’est tenue le lundi 23 février 2026. Les élus des trois communes, invités, étaient présents en nombre.

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Jérémy Dupas, président de l’Ogec, annonçait vouloir « faire front commun face à la décision brutale de la Direction diocésaine de l’enseignement catholique (DDEC) de fermer le site de Chelun, menaçant à court terme l’existence même de notre RPI. » Il dénonce « un calendrier et une méthode d’une violence rare. »

Il annonce qu’un « groupe de travail, le Copil, regroupant des membres de l’Ogec, de l’Apel et des trois communes, s’était constitué afin de mener une réflexion sur la réorganisation du RPI et de proposer des axes d’évolution. Le scénario principal retenu étant le regroupement sur un seul site, seule possibilité pour espérer maintenir le RPI. »

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Un sentiment de trahison

C’est donc un sentiment de trahison qui plane dans ce groupe de travail. « Les membres étaient impliqués. Ils ont travaillé activement à formuler une réponse cohérente. Les conclusions avaient été transmises dès novembre 2025. Mais tout laisse à penser que le sort de notre école était déjà scellé par la DDEC, rendant notre travail de réflexion purement symbolique. Aucune rencontre préalable n’a été organisée avec les membres du Copil et les élus, dont le maire de Chelun qui est directement concerné par la fermeture brutale de son école. »

Selon Jérémy Dupas, le Copil avait formulé :

Plusieurs points importants. On ne voulait pas revivre la brutalité de l’annonce de la fermeture de l’école de Forges-la-Forêt. Et avoir le temps de se réorganiser pour ne pas faire les choses dans la précipitation.

C’est une vive déception qui anime le comité. « La DDEC n’a pas eu la décence d’écouter et de respecter nos demandes. Nous avons la conviction d’avoir été délibérément mal conseillés tout au long du processus qui finalement servait les objectifs de la direction diocésaine », s’insurgent les membres du comité. « On nous laisse délibérément mourir à petit feu. C’est le bien-être des enfants qui est sacrifié à la logique financière. »

« Un choix financier »

L’inquiétude des familles et un fort sentiment d’urgence à agir se ressentent. « Aujourd’hui, le RPI est clairement menacé. La fermeture imposée du site de Chelun fait peser un risque immédiat sur l’avenir du RPI et le risque de fermeture à suivre du site d’Éancé, condamnant l’ensemble de la structure. » La DDEC 35 explique en effet « devoir fermer 20 classes avant de procéder à des ouvertures ».

À Éancé la banderole s'affiche aussi face à la mairie
À Éancé la banderole s’affiche aussi face à la mairie ©L’Eclaireur de Châteaubriant

« En souhaitant privilégier des ensembles scolaires plus importants, proches des grandes agglomérations, la direction diocésaine fait un choix financier. Elle préfère les classes surchargées et la rentabilité financière au bien-être de nos enfants, au détriment de nos petits villages et en menaçant directement des emplois. Les élus, les associations et les familles affirment leur solidarité et leur détermination, et exigent désormais que la DDEC revoie sa copie. Nous exigeons le maintien de la vie dans notre école. Nous refusons la disparition de notre école », déclare Jérémy Dupas.

Les élus mobilisés

Raymond Soulas, maire d’Éancé, Christian Sorieux, maire de Chelun, et Yves Boulet, maire de Forges-la-Forêt se sont retrouvés à Chelun le mardi 3 mars pour déployer une des bannières « NON à la fermeture de l’école ! » sur la façade de la mairie de Chelun. Plusieurs de ces bannières ont également été érigées sur la façade des écoles et dans les bourgs.

Raymond Soula, Christian Sorieux, Yves Boulet affirment leur désapprobation devant la mairie de Chelun
Raymond Soula, Christian Sorieux et Yves Boulet affirment leur désapprobation devant la mairie de Chelun ©L’Eclaireur de Châteaubriant

L’occasion pour les élus d’assurer leur soutien aux familles et associations. Ils rappellent que « l’école dans un village n’est pas seulement un lieu d’enseignement. C’est aussi une dynamique de vitalité, de rencontres, d’échanges, tout ce qui fait le ciment d’une vie de bourg. »

Christian Sorieux explique que « des travaux importants ont été régulièrement engagés pour mettre les écoles aux normes. Le RPI, c’est aussi un service de transport scolaire prenant en charge les enfants en porte-à-porte dès 3 ans, avec des investissements conséquents dans les véhicules. C’est aussi un service de cantine et de garderie. Derrière ces services, il y a des personnes et cinq emplois sont en danger. »

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Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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