Violences envers les élus :  » la solution, c’est de démontrer ce qu’on fait au quotidien » répond un maire

Après l’agression d’un adjoint au maire de Roezé-sur-Sarthe le 21 novembre, le président de l’association des maires de Sarthe salue ce mercredi la réponse de la justice et appelle à « démontrer ce que font les élus au quotidien » pour « faire société ».

« Il faut expliquer ce que fait un maire au quotidien et peut-être qu’on aura moins de chiffres » d’agressions d’élus, pointe le président de l’association des maires de Sarthe, au micro d’ICI Maine, mercredi 3 décembre 2025. Après les coups assénés à un adjoint au maire de Roezé-sur-Sarthe, le 21 novembre dernier, et la condamnation de l’habitant en question, « il faut une réponse ferme de la justice » se satisfait Emmanuel Franco. Mais pas seulement. « Il faut qu’on fasse société, avance le maire d’Etival-les-le Mans, qui estime qu’il faut travailler en amont, surtout sur des projets clivants, comme l’éolien :  » C’est-à-dire de vraiment les anticiper pour que justement ces violences n’existent pas. Si on travaille en amont (…) avec les habitants, avec les élus, les porteurs de projets, peut-être qu’on arrivera à dégonfler les choses« .

Le nombre d’élus sarthois victime d’agression est heureusement en baisse, constate Emmanuel Franco. « L’an dernier, il y a eu 47 cas enregistrés. Une dizaine de faits seulement recensés en 2025« , rapporte-t-il,  « mais on ne connaît pas tous les faits, parce que les élus ne déposent pas plainte systématiquement« . Il invite donc les maires, les adjoints à saisir la justice et à prévenir l’association.

« On ne va pas mettre un policier ou un gendarme derrière chaque maire de France et de Navarre » continue le maire d’Étival-les-le-Mans. Dans les cas les plus graves, un bouton d’appel d’urgence peut être installé, qui permet d’avertir directement les forces de l’ordre. Deux élus en sont dotés en Sarthe précise Emmanuel Franco.

Les boutons d’appel d’urgence, « c’est une réponse, mais je pense que la solution, c’est de démontrer ce que font les élus au quotidien » veut croire le président de l’association des maires de la Sarthe. « On fait société dans nos communes, on essaye d’expliquer nos engagements, on essaye d’expliquer nos projets, on essaye de les travailler maintenant plus en amont du projet, c’est-à-dire vraiment de les anticiper pour que justement ces violences n’existent pas« . Et de prendre l’exemple des projets autour de l’éolien, « clivant sur certains territoires » selon lui. « Ça peut susciter des réactions violentes. Si on travaille en amont sur des projets éoliens avec les habitants, avec les élus, les porteurs de projets, peut-être qu’on arrivera à dégonfler les choses. Faire société pour moi, c’est le plus important » conclut Emmanuel Franco.