
« Dès que je suis attaqué sur mon homosexualité, je porte plainte », lâche Fabien Lainé d’emblée lors d’un entretien accordé à Actu.fr à la mairie de Sanguinet (Landes) où il est élu maire depuis 2014. Le premier édile voit cela comme « un devoir d’exemplarité » à l’heure où encore beaucoup de jeunes ne peuvent pas assumer leur orientation sexuelle pour différentes raisons. «
Si je ne le fais pas (porter plainte – N.D.L.R.), le gamin harcelé sur son homosexualité dans le village ne le fera pas et le harceleur va continuer. Donc je ne me laisse pas faire. »
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L’ancien député, qui a quitté son poste de maire pour siéger six ans à l’Assemblée Nationale, n’a jamais caché son homosexualité. Il est pacsé depuis des années avec un homme et poursuit toutes les personnes qui s’en prennent à sa vie privée.
Récemment, une habitante d’Ychoux a été condamnée pour outrage. En réalité, elle a tenu des propos homophobes très violents et a entretenu un harcèlement quotidien, sur les réseaux sociaux, à l’encontre de l’élu local.
Selon elle, comme j’étais gay, j’étais proche des réseaux pédophiles. Elle disait que, lorsque je recrutais des hommes à la mairie, je ne regardais pas vraiment le CV…
Ce n’est pas la seule. Plusieurs fois, des communautés non sédentaires, de passage dans la commune, l’ont insulté. « Nous, on n’aime pas les gros PD », « Chez nous, c’est pêché »… Des propos qui ont marqué l’élu local, et qui pourtant, n’a jamais rien lâché dans son village de 4.700 habitants.
Une harceleuse sur les réseaux sociaux depuis 2022
Le 7 novembre dernier, une Landaise a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis, 600 euros de dommages et intérêts et 600 euros de remboursement de frais de justice à l’encontre du maire Fabien Laîné. Elle avait déjà été condamnée voilà quelques années à un stage de citoyenneté à cause d’un harcèlement téléphonique avec propos homophobes. Elle harcelait le standard de la mairie et la ligne du député. L’élu a toujours refusé ses demandes de rendez-vous face à ces comportements. Après le jugement du 7 novembre 2025, elle a fait appel de la décision du tribunal de Mont-de-Marsan.
Le maire de Sanguinet se souvient aussi de sa première campagne aux élections municipales en 2014. Des tags, sur des poubelles, mentionnaient : « Non aux Promesses Démesurées ». « On voyait bien le ’P’ et le ’D’ inscrit en majuscule, ça donnait ’Non aux PD’, partout dans la ville. Comme si mon homosexualité allait être une faiblesse lors de l’élection. Cela a eu l’effet contraire chez les électeurs, avoue-t-il. Avec mon mari, nous nous ne sommes jamais cachés. On a décidé d’assumer depuis notre arrivée en 2011 à Sanguinet car on ne voulait pas alimenter les fantasmes de certains. »
Rares sont les élus qui assument, mais il y en a
En 2025, dans les Landes et plus largement en région Nouvelle-Aquitaine, peu d’élus abordent en toute transparence leur homosexualité. Ces prises de paroles sont rares et marquantes. En témoigne l’ancien maire de Barsac (Gironde) Philippe Meynard sur le plateau de Thierry Ardison en 1999. Il était alors le premier maire de droite à faire son coming out.
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