
Après la diffusion de plusieurs vidéos menaçantes mardi soir, la maire dresse un constat alarmant : elle se sent en danger. Elle souhaite des poursuites et une prise en charge de l’auteure présumée. La maire a demandé une surveillance renforcée de la police autour de la mairie pour ses agents.
Hier soir (mardi), j’étais au match de basket, il y avait du monde, et je ne cessais de regarder autour de moi, pour voir si elle était là, je ressentais une vraie crainte. Ce matin, je suis partie en mairie mais sans faire mon petit tour sur la place comme d’habitude pour saluer les gens. J’ai demandé à la police municipale de mettre en place une surveillance statique à l’entrée car je dois aussi penser à la sécurité de mes agents. On ne sait jamais ce qui pourrait arriver. »
» On sort les jerricans et on crame tout ? »
La maire de Denain est sonnée, estomaquée. Mardi soir, vers 18h30, plusieurs personnes l’ont alertée d’une vidéo qui tournait sur les réseaux sociaux. Dans celle-ci, sur TikTok, une habitante de Denain s’en prend violemment à elle et la menace de mort : » Je vais faire une tuerie, il faut que je pars (sic) d’ici, de cette ville de bâtards. La maire, je vais venir te voir jeudi, je vais te finir, je vais te carabiner, tu mets nos enfants en insécurité, je vais faire un courrier plus haut placé, tu ne vas plus être maire (…) « . Cette mère de famille, en présence de ses enfants qu’on aperçoit parfois en arrière-plan, semble à bout et évoque des envies de départ de la ville pour des raisons d’insécurité. » Je ne sors plus avec mes enfants, j’ai peur. » Comme l’a fait un conseiller municipal d’opposition LFI récemment en conseil municipal, elle incrimine la maire dans le décès par noyade du petit Maylon en août dernier à la piscine de Denain, puis énumère le récent vol à main armée au café-PMU Le Longchamp la semaine dernière à Denain, ou encore l’homme abattu par balle sur la place Gambetta de la ville en mars 2025. Un » trop-plein » qu’elle attribue à la maire : » Tu ramènes la merde et après tu viens faire des blablas. » » Alors, on fait quoi, interroge-t-elle, on sort les jerricans et on crame tout ? « .
» La maire, je vais la descendre, demain matin à 8h30 «
Plus tard, suite à une publication de la maire sur sa page Facebook concernant ces menaces, insultes et » propos délirants « , pour lesquels elle annonce vouloir porter plainte, la même habitante de la rue Villars (juste en face de l’hôtel de ville) poursuit dans deux autres vidéos : » La maire, je vais la descendre, demain matin à 8h30, je vais dans son bureau « , » même en prison, ce sera la troisième fois, j’ai pas peur, je vais vous niquer, quand je sortirai je vous tue « , ajoute-t-elle à l’endroit de la maire et des personnes qui auraient alerté l’édile de ses premières menaces sur TikTok.
Un durcissement des peines pour les auteurs d’atteintes à des élus
Un » grave délire verbal » que la maire de Denain prend très au sérieux. » Les propos de ce genre, renforcés par le sentiment de toute puissance et d’impunité que procure l’utilisation des réseaux sociaux, sont parfaitement inacceptables. » Anne-Lise Dufour dit » ne pas connaître cette personne » qui a selon elle » visiblement besoin d’être prise en charge sur le plan médical ou psychologique » car » on ne peut jamais savoir s’il y aura ou pas un passage à l’acte après de tels propos. » » Mes enfants ont peur pour moi depuis mardi soir, confie l’édile de Denain, moi aussi je me demande ce qui pourrait m’arriver. » » Trop c’est trop, ajoute Anne-Lise Dufour, les critiques, les désaccords, inhérents à l’action politique, n’autorisent pas les menaces personnelles, encore moins les menaces de mort. »
Selon un rapport du ministère de l’Intérieur publié cette année, les atteintes aux élus ont certes diminué de 9 % en 2024 (avec toutefois 2 500 actes enregistrés) pour la première fois depuis 2020. Mais une récente enquête sociologique, qui a duré quatre ans et a permis d’interroger 3 500 maires, a livré des résultats éloquents : 80 % des maires interrogés avaient subi une agression, physique ou verbale, au cours de leurs mandats ; 36 % d’entre eux confiaient avoir fait l’objet de menaces, notamment de mort, sur les réseaux.
En 2022, il y a eu un durcissement des peines pour les auteurs d’atteintes à des élus, qui encourent désormais jusqu’à sept ans de prison, de la même manière que les violences commises sur les forces de l’ordre ou les pompiers.
En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.
Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.
Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.
Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.
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