, Fléchettes sur des photos d’élus : le rappeur Médine relaxé par le tribunal correctionnel d’Albi

Fléchettes sur des photos d’élus : le rappeur Médine relaxé par le tribunal correctionnel d’Albi

, Fléchettes sur des photos d’élus : le rappeur Médine relaxé par le tribunal correctionnel d’Albi

l’essentiel Jugé pour provocation publique à commettre un crime ou un délit, le sulfureux rappeur du Havre a été relaxé par le tribunal correctionnel d’Albi « au bénéfice du doute ». Lors de son concert dans la cité épiscopale en avril dernier, il avait diffusé une vidéo en ligne dans laquelle il lançait des fléchettes sur les portraits de deux élus tarnais opposés à sa venue. 

La décision du tribunal correctionnel d’Albi est tombée ce jeudi en début d’après-midi : jugé pour « provocation publique et directe à commettre un crime ou un délit non suivie d’effet », le rappeur Médine a été relaxé « au bénéfice du doute ». Fin janvier, le ministère public avait requis à son encontre une amende de 3000 euros.

Médine n’avait pas fait le déplacement à Albi pour son procès le 25 janvier dernier, où il était représenté par une de ses avocates, Me Solène Debarre. Il était jugé pour avoir, à l’occasion de son concert à Albi le 1er avril 2023, publié une vidéo en ligne dans laquelle il lançait des fléchettes en sifflotant sur les portraits de deux élus tarnais et d’un membre du groupuscule identitaire Patria Albigès. Des photos qu’il avait au préalable épinglées sur une cible.

Cette vidéo qui dure 4mn26, publiée sous forme de « Story » sur le compte Instagram du rappeur le soir du concert, avait été diffusée à l’audience. Les deux élus visés, le député RN de la 1ère circonscription du Tarn Frédéric Cabrolier et le maire LR de Lavaur Bernard Carayon, avaient porté plainte. 

Auditionné l’été dernier par les services de police du Havre, le rappeur âgé aujourd’hui de 40 ans avait reconnu une « maladresse », qu’il disait regretter, tout en expliquant que son objectif était de critiquer le « tapage » de ces élus qui avaient appelé à l’annulation de son concert à Albi.

Lors du procès, Frédéric Cabrolier s’est justifié sur cette démarche. Il a indiqué avoir dans un premier temps simplement appelé le préfet du Tarn à la vigilance. Avant de demander quelques jours plus tard l’annulation du concert, qu’il a qualifié dans un communiqué de « manifestation islamo-gauchiste », au vu des risques de troubles à l’ordre public.

« Le rap, c’est quand même l’art de la provocation »

Son avocat, Me Bonhoure, a fait état du « choc émotionnel » du député RN lorsqu’il a vu la vidéo de Médine, notamment un passage qu’il qualifie de « glaçant », lorsque le rappeur zoome sur la photo de l’élu dont une fléchette orne le crâne. « Fort heureusement, il n’y a pas eu d’atteinte à sa personne ». Il réclamait 5000 € de dommages et intérêts.

De son côté Bernard Carayon et son avocat Me Fontana ont dressé un sombre portrait du rappeur, décrit comme un individu « dangereux et dissimulateur », « complice des islamistes ». « Ce n’est pas un adversaire politique, c’est un ennemi de la république », avait lancé le maire de Lavaur. « Ce n’est pas neutre d’être pris pour cible » expliquait son conseil.

Du côté de la défense, Me Debarre avait plaidé la relaxe du rappeur, estimant que « personne n’est capable de caractériser l’infraction ». L’avocate expliquait que lorsque Médine a tourné cette vidéo, dans sa loge de la salle de l’Athanor, le rappeur « était déjà dans son personnage ». « Le rap, c’est quand même l’art de la provocation, ou la provocation élevée au rang d’art ». 

« Le tribunal d’Albi vient d’accorder l’immunité au rappeur islamiste Médine, l’ennemi de la République, compagnon de route des Frères Musulmans. Des menaces ou des appels à la violence à l’encontre d’élus sont désormais blanchis par avance. C’est une lourde responsabilité que vient d’endosser le tribunal d’Albi », a réagi le maire de Lavaur, Bernard Carayon, qui annonce son intention de « faire appel au civil afin que le préjudice subi soit reconnu et réparé par la justice ». Présent lors du délibéré, Frédéric Cabrolier va étudier avec son conseil l’opportunité d’en faire de même.

Médine a lui aussi commenté la décision de justice sur le réseau social X, en publiant un communiqué de ses avocats.

Relaxey ? pic.twitter.com/n6nUXB4QFk

— Médine (@Medinrecords) February 22, 2024

« Bien entendu, la décision n’est pas encore définitive sous réserve d’éventuels appels, mais nous nous réjouissons déjà de cette victoire », indiquent Me Zrari et Me Debarre. « Dans un monde où les frontières de l’expression artistique sont parfois contestées, cette décision réaffirme que la création artistique ne doit pas être entravée par la crainte de la censure ou de la répression ».

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

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