Violences dans le foot amateur en Haute-Garonne : un protocole renforcé entre en action dès ce week-end

l’essentiel Agressions d’arbitres, bagarres générales, dégradations d’équipements : en Haute-Garonne, la saison dernière a été marquée par une inquiétante montée des violences dans les clubs de football amateur. Face à l’urgence, un protocole inédit réunit désormais élus, forces de l’ordre et autorités sportives pour coordonner les réponses et prévenir les dérives.

Dure année pour le foot amateur. La saison dernière fut marquée par une série d’incidents en Haute-Garonne qui compte 40 000 licenciés.

Un protocole va permettre aux élus, forces de l’ordre et autorités sportives d’agir avec plus d’efficacité.
Un protocole va permettre aux élus, forces de l’ordre et autorités sportives d’agir avec plus d’efficacité. DDM – JEAN LOUIS PRADELS

Parmi les affaires ayant le plus marqué les esprits, citons le tournoi amateur U11 organisé à Roquettes, en juin dernier. Lors d’un match opposant Tournefeuille à Frontignan, les tensions sur le terrain ont dégénéré en violences physiques. Un éducateur s’en est pris à un jeune arbitre, provoquant l’ire des joueurs puis des parents, avant qu’une bagarre générale n’éclate. Conséquence de ces violences : un père est aujourd’hui tétraplégique.

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Si l’enquête de gendarmerie est encore en cours, sur le plan disciplinaire, la commission a sanctionné deux éducateurs du club de Tournefeuille. « Chacun a pris un an d’exclusion pour avoir « provoqué, en partie, les bagarres », souligne Jean-Marc Sentein.

Cette affaire n’est malheureusement pas isolée : d’autres incidents récents traduisent un climat de plus en plus tendu dans le foot amateur (lire ci-dessous).

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« Les violences sont plus importantes qu’auparavant, constate le président du District 31 de football. Ce n’est plus simplement des bousculades ou des insultes. » Il ajoute : « La médiatisation accrue, notamment via les téléphones et les réseaux sociaux, accélère la diffusion des incidents. »

« La violence gagne du terrain dans la société, et le football amateur n’est pas épargné. Des tensions apparaissent désormais jusqu’aux clubs de district et aux matchs interquartiers, où l’excès de passion dégénère parfois en débordements », abondait le commissaire de police Jean-Marc Vidal il y a quelques jours.

Brigitte Ségard, présidente de l’Association des maires 31 et maire de Soueich, évoque aussi les dégradations constantes des équipements sportifs dans toutes les communes, grandes ou petites. « Quand on retrouve un vestiaire souillé ou des locaux dégradés, c’est toute la collectivité qui paie. »

Cinq caméras corporelles en octobre

Pour toutes ces raisons, clubs de foot, élus et préfecture ont décidé d’unir leurs forces via un protocole qui sera mis en œuvre dès ce week-end.

« L’idée, c’est de collaborer étroitement avec les maires du département, avec la préfecture, la gendarmerie, la police, et surtout le parquet. Ce partenariat existe déjà, mais il sera renforcé et rendu plus systématique. »

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Si un fait grave se produit, le parquet sera immédiatement averti, tandis que les comparutions immédiates, les interdictions de stade, voire les arrêtés municipaux seront plus systématiques.

Les maires seront rapidement alertés pour convoquer les clubs concernés, engager un dialogue avec les dirigeants et définir ensemble des mesures correctives.

« Ce protocole constitue un outil commun, que chaque maire peut adapter à sa commune tout en disposant désormais d’un cadre clair. L’objectif est de ne plus cacher les problèmes mais de les traiter », ajoute Brigitte Ségard.

Preuve d’un changement de paradigme concret : Des caméras équiperont dès octobre les arbitres lors des matchs identifiés comme sensibles ou lorsque ceux-ci officient seuls.

Une saison noire pour le foot amateur

Outre les faits de violences concernant les clubs de Tournefeuille et Frontignan, l’autre affaire particulièrement marquante concerne Colomiers. Dans la nuit du 28 au 29 octobre 2024, deux éducateurs de l’US Colomiers ont vu leurs voitures incendiées devant leur domicile. Le père de famille suspecté a été incarcéré, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire alors que son procès se prépare. Deux autres personnes impliquées ont dû porter un bracelet électronique. « L’enquête est clôturée. On attend la date du procès qui devrait avoir lieu dans les mois à venir », indique Jean-Marc Sentein.

À Longages, au printemps dernier, un club senior a été exclu des compétitions suite à des violences de la part d’un joueur. Enfin, lors d’un match amical au printemps dernier à Cornebarrieu, entre le club local et celui de Léguevin, un licencié de cette ville est entré dans les vestiaires, a brandi une clé à molette et frappé un adversaire. Il a été sanctionné par une exclusion de cinq ans.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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