Essonne : une élue écologiste visée par un crachat en pleine rue alors qu’elle se baladait en famille

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Un nouveau cas de violences contre une élue locale, à quelques mois de campagnes pour les élections municipales qui s’annoncent tendus un peu partout en France. Cette fois, c’est la conseillère municipale écologiste d’opposition à Palaiseau Claire Pinto, élue en 2020, qui en a été victime. Elle raconte à actu Essonne l’agression dont elle et sa famille ont fait l’objet vendredi 15 août 2025, en pleine balade en centre-ville.

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« On a eu très peur »

« J’étais en sortie familiale avec mes enfants et mon mari, on sortait de la piscine et on descendait dans le centre de Palaiseau. On marchait sur le trottoir, les enfants étaient à vélo, et là une voiture passe et je vois que le conducteur ouvre sa fenêtre et fait quelque chose en notre direction. Et moi je n’ai pas vu tout de suite mais en fait mon mari qui était à côté de moi a reçu un crachat », raconte l’élue, qui explique que son mari s’est alors retourné et a lancé une insulte à l’automobiliste. « Là le conducteur s’est mis à freiner. On a eu très peur qu’il s’arrête et sorte de sa voiture mais finalement il est reparti en grillant un stop », retrace-t-elle. Elle a également fait état des faits dans une publication Facebook qui lui a valu le soutien de nombreux élus locaux.

Pour Claire Pinto, cette agression avait une motivation politique et c’était elle qui était visée mais son mari aurait été touché car le conducteur aurait mal visé en raison de sa vitesse au volant. « Cette personne, on la connaissait ni d’Ève, ni d’Adam, je pense que je ne l’ai jamais croisée. Mais si vraiment la personne avait eu l’envie, le besoin urgent de cracher, il aurait pu le faire bien avant ou bien après parce qu’il n’y avait pas d’autres piétons », précise la conseillère municipale, qui déplore la « violence » de ces faits commis alors que ses enfants étaient juste à côté.

« J’étais visée en tant qu’écolo, élue et finalement pas pour ma personne. Moi je ne le connaissais pas mais peut-être que lui me connaissait apparemment ».

Claire Pinto

L’élue et son époux n’ont pas pu relever la plaque d’immatriculation du véhicule lorsqu’il s’éloignait. « Je n’ai pas porté plainte parce que sans plaque on sait très bien malheureusement que la police est tellement surbookée qu’elle priorise et c’est bien normal. Porter plainte, ça n’aurait pas servi pas à grand-chose. Au pire, il y aurait eu les caméras de surveillance mais je ne crois pas qu’à cet endroit il y en avait – qu’on soit pour ou contre d’ailleurs. Et puis moi je considère qu’il ne faut pas embêter la police avec ce genre de choses. Même si c’est très grave, il y a des choses bien plus graves. Il y a des crimes, il y a des viols, etc. et il faut les juger », développe-t-elle.

Une violence particulière contre les écologistes ?

Pour autant, Claire Pinto estime que ces faits « montrent assez bien la violence de notre société, très globalement, et puis la violence en particulier contre les élus. S’il y a tant de maires qui démissionnent, il y a aussi une raison qui est le nombre d’agressions envers les élus, envers les permanences… », rappelle-t-elle. En 2025, selon l’Association des maires de France, 2 501 faits de violences contre élus ont été recensés, dont 64 % contre des maires.

Malgré « l’état de choc » dans lequel elle et son mari se sont retrouvés après l’agression, Claire Pinto dit être ressortie sans « peur » dans les rues de Palaiseau les jours suivants. « C’est sûr que je vais être plus alerte », reconnaît-elle toutefois, « c’est clair que si je vois quelqu’un qui est un peu véhément, qui commence à s’emporter ou qui déboule sur moi, je vais peut-être faire plus attention. J’aurai peut-être mon téléphone sur moi pour filmer ou prendre des photos ».

C’est la première fois que l’élue fait l’objet d’une agression physique. « Une agression verbale ou dans les écrits, sur internet, c’est courant malheureusement, mais passer au niveau physique c’est assez exceptionnel ». Elle évpque toutefois la situation de « copains écolos dans d’autres communes » qui font l’objet de manœuvres répétées d’intimidations : « Devant chez eux, il y a constamment des personnes, ils se demandent pourquoi et ils se demandent s’ils vont se faire taper ».

L’engagement en particulirer l’écologie politique entraînerait-il un risque accru de faire l’objet de violences ? « Je ne sais pas mais j’ai envie de vous dire oui » répond Claire Pinto, « notamment parce qu’on a ce climat anti-vélo, les oppositions entre les cyclistes et les conducteurs de voiture », rappelle-t-elle, en référence aux multiples altercations parfois violentes entre les usagers de la route, avec comme point culminant le meurtre à Paris du cycliste Paul Varry, mortellement et volontairement percuté par un automobiliste qui conduisait un SUV.

Cette haine protéiforme a-t-elle pu avoir se manfester ici, d’autant que les enfants de l’élue était à vélo au moment du crachat ? « En tout cas on peut se poser la question ici, si le conducteur n’en avait pas après ’les Khmers verts‘ ou peu importe comment on nous appelle, alors que nous, on est dans le dialogue, on veut que ce soit pacifique et on veut qu’il y ait un partage de l’espace public… ». L’élue l’assure d’ailleurs, « pour ceux qui me connaissent plus personnellement, je suis vraiment quelqu’un qui cherche le compromis, j’essaie toujours de peser mes mots, de trouver des accords même quand on n’est pas d’accord ».

Un climat tendu à quelque mois des élections municipales

À Palaiseau, les Écologistes ont annoncé avant l’été porter une candidature pour les prochaines élections municipales en 2026 et veulent un rassemblement de la gauche face à la majorité du maire sortant Grégoire de Lasteyrie (Horizons), qui n’a pas annoncé s’il se représentait. Cette agression pourrait-elle donc être liée au prochain enjeu électoral ? « Je pense que oui. La campagne s’annonce très ardue, très violente. Elle l’a déjà été en 2020 mais là avec tout ce qu’il se passe au niveau national et local… On se prépare et on verra ce qui viendra. Les personnes savent qu’on va se présenter, les personnes nous connaissent et certaines cherchent à nous faire du mal, en voulant qu’on se replie. Mais on ne va pas se replier. Moi, ça me donne encore plus envie de montrer que nos idées sont les bonnes, les meilleurs », réplique Céline Pinto.

« À Palaiseau, on voit le climat qui s’intensifie avec certaines personnes. Alors les élus, évidemment, on le ressent au conseil municipal, le ton montre progressivement. Et même entre gens engagés, qu’on soit élus ou pas », explique-t-elle, confiant que son mari a lui-même été agressé par un militant d’un camp adverse alors qu’il procédait à une opération de collage dans la ville. De quoi lasser augurer de tensions lorsque la course pour l’élection municipale sera vraiment lancée. En espérant qu’elles ne dégénèrent pas en agressions, qu’elles soient physiques ou verbales.

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L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.

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Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.

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