
Ils s’appellent Patrick, Quentin, Marie-Claire et Magalie. Ils sont employés aux services techniques de Clisson, agent en déchetterie, membre de l’équipe de la maison de l’enfance d’Aigrefeuille-sur-Maine ou encore à l’accueil de la mairie de Gorges. Leur visage va devenir familier.
Ils l’ont prêté pour une photo servant à une campagne de sensibilisation contre les incivilités faites aux agents des collectivités : ceux de la communauté d’agglomération Clisson Sèvre et Maine et ceux des 16 mairies qui la composent.
Quatre affiches sur lesquelles il est aussi possible de lire : « le respect pour tous ».
14 signalements en 6 mois
« C’est le message que l’on souhaite transmettre. On ne vise personne, on ne veut pas faire de morale, lançait Jean-Guy Cornu, président de la communauté d’agglomération. Mais force est de constater que les propos déplacés, voire les injures ; les menaces verbales, voire physiques ; les refus d’appliquer les règles, voire les contestations agressives, sont de plus en plus nombreuses. Et qu’au-delà du signalement, voire de la plainte en gendarmerie quand c’est nécessaire, il était important d’envoyer un message soutien à notre personnel« .
Nous devons prévenir au maximum ces comportements et agir pour garantir la protection de nos agents. La sécurité et la qualité de vie au travail ne sont pas négociables et le respect est essentiel au vivre ensemble.
En 2025, après la mise en place d’un protocole, l’agglomération, seule, a enregistré 14 signalements d’agressions contre des agents rien que sur les six premiers mois de l’année : une a même nécessité l’intervention de la gendarmerie et fait l’objet d’un dépôt de plainte.
C’était dans l’une des déchetteries. « Un lieu où les incivilités sont récurrentes et majoritaires. Notamment à l’encontre de ceux qui sont là, non pas pour fliquer, mais pour conseiller afin d’avoir un tri optimal. Ils ont une mission d’intérêt général », rappelait Danièle Gadais, vice-présidente en charge de l’environnement.
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« Et pour ces chiffres, on ne compte pas tous les propos désobligeants auxquels les agents s’habituent malheureusement », livrait Janik Rivière, maire de Saint-Lumine-de-Clisson.
Au niveau national, 26 % des agents de la fonction publique expriment une inquiétude croissante face à la banalisation des comportements, et 16 % disent avoir été victimes de violences (injures, menaces, harcèlement…).
Un enfant prend l’animatrice pour sa « boniche »
Ces incivilités ne visent pas que le personnel des déchetteries. « Beaucoup de services sont touchés », acquiesçait le président de l’agglomération qui cite l’accueil des piscines, mais aussi les services transports, le cycle de l’eau et même l’animation-jeunesse. « Il y a une libération de la parole des adultes qui est copié par l’enfant. C’est de plus en plus vrai » , lançait la maire de Saint-Lumine-de-Clisson.
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L’exemple d’un enfant jetant son manteau et son cartable à terre, puis ordonnant à l’animatrice de ramasser « parce qu’elle était sa boniche » a notamment été cité par Jean-Guy Cornu pour illustrer cette dégradation du respect.
« Cela se passe aussi dans les communes. Nos agents nous rapportent être victimes de paroles et gestes très déplacés. Et je passe sur tous les clichés des fonctionnaires qui leur sont envoyés au visage », insistait Didier Meyer.
Des agents qui étaient partie prenante, et même à l’origine, de cette campagne de communication. Elle se déclinera par la pose des affiches dans les mairies, mais aussi dans les lieux publics comme à l’entrée des déchetteries, dans le hall des structures enfance-jeunesse ou encore aux accueils des piscines. Mais aussi en masse, sur les réseaux sociaux.
Aussi « un manque de considération de notre travail »
« Il y a clairement un manque de considération de notre travail. Certains sont donneurs de leçons. Quand on n’a pas une réponse ou qu’elle ne convient pas à un interlocuteur, il faut toujours qu’il y ait le besoin d’un recours à un supérieur », déplore Audrey Chichet, chargée de la communication à Clisson.
« C’est le cas aussi pour nos agents des espaces verts qui élaguent des arbres. Ils sont sans cesse interpellés par des personnes qui savent mieux qu’eux ce qu’il ne faut pas faire », poursuit Laurence Luneau, la maire.
Des élus qui tempéraient cependant sur le nombre d’individus concernés. « Heureusement, dans la majorité des cas, cela se passe bien. Puisque par rapport au millier de personnes qui ne passent rien que le samedi dans nos quatre déchetteries, le ratio de conflits est faible. Mais c’est celui qui va marquer le plus » , indiquait Didier Meyer, dont le service Spanc (assainissement non-collectif) est aussi touché par des tensions lors de ses contrôles.
Un impact sur le moral
« Nous travaillons pour le bien de la collectivité. Même au-delà de nos missions, quand il faut mettre fin à des troubles à l’ordre public », indiquait Patrick, agents aux services techniques de Clisson qui s’est prêté au jeu des photos.
Tout comme Quentin : « Je trouve que cela donne du sens à notre fonction », justifiait-il.
Au-delà du protocole de signalement, l’agglomération a mis en place des sessions de formation pour savoir désamorcer une situation tendue, gérer son stress, maîtriser sa communication verbale et non verbale, et exprimer le positif.
Une cinquantaine d’agents ont été formés depuis début 2024. Par ailleurs, suite à des situations conflictuelles, 18 agents ont pu bénéficier de sessions avec un psychologue.
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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