Charles Compagnon ne le cache pas : quelques heures après les faits, il est encore sonné. « Quand je me suis engagé en politique, je ne pensais pas un jour devoir me jeter au sol pour éviter une balle », lâche le chef de file de la droite et du centre au conseil municipal de Rennes. Ce jeudi 17 avril, à 17 h 30, il était en compagnie d’un autre élu de son groupe, Nicolas Boucher, et d’une troisième personne dans le Subway du quartier de Villejean, au moment où trois jeunes ont été blessés par des tirs.
« On se rend souvent dans les quartiers et on a décidé de se poser là pour boire un café, près de la porte d’entrée », raconte-t-il. Au bout de quelques dizaines de minutes, trois jeunes entrent dans l’établissement. « On voyait bien qu’ils étaient affolés », ajoute Nicolas Boucher. « Moi, j’étais alerté et je n’écoutais plus la conversation. » Soudain, une jeune cliente crie à sa mère de se coucher par terre.
« Les balles sont passées à 50 cm »
« J’ai vu un type arriver avec une arme de guerre longue, qui ressemblait à une kalachnikov car le chargeur était courbé », détaille Charles compagnon. Les jeunes se lèvent pour tenter de fuir. Mais ils sont pris au piège. L’assaillant fait feu depuis la porte d’entrée. « On s’est jeté au sol pour éviter les balles mais le jeune derrière moi en a pris une ». Les deux élus, dont nous avons recueilli le témoignage séparément, ont du mal à réaliser. « Charles était dans l’axe des tirs », se souvient son collègue. « Heureusement qu’il s’est jeté au sol. Les balles sont passées à 50 cm de lui. Moi j’étais un peu plus loin, à un mètre, je pense. »
Selon leur souvenir, la suite est une scène de chaos. « Il y avait une petite fille de six ans, protégée par son père, qui hurlait », décrit Charles Compagnon. « Et puis on a entendu les jeunes dire qu’ils avaient été touchés ». Les blessés sont mis à l’abri derrière le bar, pour les protéger d’un éventuel retour du tireur. L’un est touché grièvement à l’abdomen, les autres dans la cuisse et au genou. Une cliente pose un garrot à l’un d’entre eux. « Et puis on a attendu les secours. Je ne sais pas combien de temps mais ça nous a paru une éternité. »
Villejean, victime de la guerre entre trafiquants
Un récit confirmé par les premiers éléments de l’enquête. Cette fusillade aurait été commise par trois individus, cagoulés et équipés d’armes longues. Ils auraient également renversé une quatrième personne en voiture. « Au moment où je vous parle, les nouvelles sont rassurantes sur l’état de santé des blessés », indiquait, jeudi soir, la maire de Rennes Nathalie Appéré, présente sur les lieux. Trop tôt pour confirmer un lien entre cette fusillade et le narcotrafic. Mais difficile de ne pas y penser. Cet hiver, la dalle Kennedy a été le théâtre d’une guerre de territoire pour le contrôle des points de deal. La police, d’après Nathalie Appéré, a constaté un regain de tension ces derniers jours.
Charles Compagnon a d’ordinaire des mots durs à l’égard du bilan de la maire. Mais, quelques heures après les faits, il préfère ne pas verser dans le combat politique contre celle dont il a reçu un message de soutien. « J’ai vécu cela parce que je suis allé dans les quartiers mais les habitants le vivent au quotidien », se désole-t-il. « Ce soir, je suis juste un Rennais parmi d’autres Rennais qui ont échappé à la mort. Ils ont tiré au milieu des clients. Ils sont complètement fous. »
Nicolas Boucher, lui, ne cache pas sa colère. « Moi, je vis au Blosne, les violences sur fond de trafic de drogue, c’est mon quotidien », lâche-t-il. « Quelque part, je m’y suis habitué et ça n’est pas sain. » Avant d’interpeller Nathalie Appéré, qui a répété, dans la foulée des évènements, sa demande de renfort de police au gouvernement. « Ça ne sert à rien de faire un message de soutien. Il faudrait réagir au lieu de tout mettre sur le dos de l’État. Je ne suis pas traumatisé. Je suis énervé. »
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
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