Un adjoint au maire agressé dans un village de Gironde : quinze mois de prison, dont six ferme

, Un adjoint au maire agressé dans un village de Gironde : quinze mois de prison, dont six ferme

C’est son deuxième mandat et jamais il n’avait connu ça. Adjoint au maire de Targon, petite commune de l’Entre-deux-Mers, en Gironde, Frédéric Dejean est assis sur le banc des parties civiles, ce lundi 13 janvier, devant la chambre des comparutions immédiates du tribunal correctionnel de Bordeaux. Dans la soirée du 10 janvier, il a été agressé alors qu’il essayait de calmer un habitant qui faisait du tapage.

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Il est autour de 21 heures quand l’élu, de passage à la mairie, voit un attroupement en face de l’édifice. Des gendarmes sont présents : ils ont été appelés par les voisins d’un résident qui est hors de lui. Torse nu, ivre et sous cocaïne, il insulte et profère des menaces envers tout le monde.

« Docteur Jekyll et Mister Hyde »

L’adjoint au maire s’approche dans un esprit d’apaisement, avec l’idée d’entamer le dialogue. Il décline son identité et sa fonction. En réponse, le jeune homme lui crache dessus, le menace et manque de lui asséner un coup de poing, esquivé de justesse. Les gendarmes devront utiliser un pistolet à impulsion électrique pour le maîtriser et l’interpeller.

« Je suis prêt à suivre des soins, à démontrer ma sobriété toutes les semaines s’il le faut »

Trois jours plus tard, ce charpentier d’une vingtaine d’années, en arrêt maladie depuis plusieurs mois à la suite d’un accident du travail, présente un autre visage devant ses juges. Il s’exprime avec calme, s’excuse, raconte ses problèmes d’addiction à l’alcool depuis ses 12 ans, ses efforts pour s’en extraire, sa relation amoureuse qui le stabilise, ses projets de s’installer avec sa compagne et de reprendre son activité professionnelle, dans un mois. « Je suis prêt à suivre des soins, à démontrer ma sobriété toutes les semaines s’il le faut. »

« L’effet ‘‘Docteur Jekyll et Mister Hyde’’, que l’on retrouve souvent chez nos prévenus », fustige le procureur adjoint Olivier Étienne, rappelant les 14 mentions inscrites au casier du jeune homme « qui n’a toujours pas compris ce que la loi attend de lui ».

« Au service du bien des autres »

Avocat de l’adjoint au maire, Me Étienne Grenier rappelle « les difficultés des petites communes pour trouver des candidats aux élections » et s’interroge sur un possible lien « avec une montée de la violence et des incivilités, dont on entend de plus en plus parler ». « Targon, c’est un village. L’engagement de M. Dejean est presque un engagement associatif, au service des habitants, du bien des autres », souligne-t-il, tout en insistant : « Mon client ne souhaite pas enfoncer ce garçon. »

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« Il a besoin d’être épaulé », relève, dans sa plaidoirie, l’avocate de la défense, Me Laura Marie. « Avant 2022, tous les six mois, il comparaissait devant une juridiction. Depuis deux ans, il fait tout pour s’en sortir. Mais oui, des fois, il a des pas de côté. Le soir des faits, il a surconsommé. Oui, il a fait une erreur. »

Déclaré coupable de l’ensemble des poursuites, le prévenu a été condamné à quinze mois de prison, dont six mois ferme qui pourront être aménagés par un juge d’application des peines, devant lequel il est convoqué dans quelques jours. Six mois de prison et un maintien en détention avaient été requis.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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