
Un activiste albanais nommé Rexhino Abazaj, alias «Gino», est accusé d’avoir participé au passage à tabac de militants néonazis en 2023 à Budapest. Ces derniers jours, les élus Insoumis multiplient les actions pour qu’il ne soit pas extradé.
«Libérez Gino !» Devant la Cour d’appel de Paris, mercredi 18 décembre, le député LFI Thomas Portes brandit une banderole frappée du logo antifa. Son collègue Raphaël Arnault, élu insoumis du Vaucluse, et lui-même porte-parole d’un collectif antifasciste connu pour sa violence, La Jeune Garde, se tient derrière lui. Les deux hommes, accompagnés d’une poignée de militants, se sont ainsi opposés à la demande d’extradition de Rexhino Abazaj, alias «Gino», qui comparaissaient détenu devant la chambre compétente.
Ce jeune Albanais est visé par un mandat d’arrêt européen, émis par la Hongrie, pour «des faits de participation à une organisation criminelle et de coups et blessures graves», selon une source judiciaire au Figaro . Arrêté en France en novembre, il est accusé par la Hongrie d’avoir participé au passage à tabac de militants néonazis, lors d’une manifestation à Budapest en février 2023 commémorant une bataille qui opposa les forces soviétiques et roumaines à la Wehrmacht, aux SS allemands et à leurs alliés collaborationnistes hongrois. Pour ces faits, «Gino» encourt jusqu’à 16 ans de prison en Hongrie.
L’extrême gauche se mobilise
L’action militante d’élus de La France insoumise devant le tribunal n’est que le dernier épisode en date d’une vague de soutien d’une partie de la gauche française à l’activiste albanais. Pour Raphaël Arnault, il lui est simplement reproché de «s’être mobilisé à Budapest contre une manif néo-nazie». Le journal L’Humanité juge lui aussi que le militant risque la prison pour le simple fait d’«avoir manifesté contre des néonazis». Pour Thomas Portes, il s’agit tout bonnement d’une «chasse aux militants antifascistes organisée par le président d’extrême droite hongrois Viktor Orban».
Les avocats du prévenu, actuellement détenu à Fresnes, ont eux demandé mercredi à la justice française d’obtenir des juridictions hongroises une transmission du mandat d’arrêt national sur lequel le mandat d’arrêt international s’appuie. Pour «mieux comprendre le contenu de l’infraction reprochée à M. Abazaj», a plaidé l’un de ses conseils Me Youri Krassoulia.
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Déjà, quelques jours, après son arrestation en France, La France insoumise avait publié un communiqué pour protester contre une potentielle extradition. Le parti d’extrême gauche y accuse «le système judiciaire hongrois» d’être «notoirement connu pour être un outil de répression politique aux mains du gouvernement d’extrême droite de Viktor Orban».
Le 11 décembre dernier, plus de 300 personnalités se sont fait l’écho de cet appel. Parmi elles, de nombreux élus insoumis : Raphaël Arnault, Manon Aubry, Manuel Bompard, Rima Hassan, Sophia Chikirou, Éric Coquerel… Mais aussi des personnalités du milieu de la culture : les écrivains Annie Ernaux et Sorj Chalandon, les cinéastes Jean-Luc et Pierre Dardenne. On y trouve également l’avocat Arié Alimi, membre de la Ligue des droits de l’homme, et la militante décoloniale Houria Bouteldja.
Le précédent Illaria Salis
Durant l’audience de mercredi, les avocats de «Gino» ont également fait part de leurs craintes qu’«il soit poursuivi pour ses opinions politiques». Mais «aucun élément ne permet de considérer dans les informations transmises par les autorités hongroises qu’il est réclamé pour son idéologie politique», a répondu l’avocate générale, qui a requis la remise immédiate du militant à la Hongrie. La Cour d’appel se prononcera le 15 janvier sur cette question.
Le cas de Rexhino Abazaj rappelle celui d’Illaria Salis, une militante italienne d’ultragauche qui avait également été arrêté en Hongrie pour les mêmes faits, puis détenue pendant une année avant de bénéficier d’une assignation à résidence au printemps 2024. Elle a depuis été élue députée européenne avec le petit parti italien «Alliance Verts et gauche», et au titre de l’immunité parlementaire, libérée de son assignation. Fidèle amie de «Gino», elle avait également estimé que son arrestation était politique.
En réponse, le gouvernement hongrois avait jugé fin octobre «profondément écœurant» qu’Ilaria Salis «se pose en victime». «Soyons clairs : vous n’avez pas été arrêtée pour vos ’opinions politiques’, vous avez été arrêtée et jugée pour avoir agressé d’innocents citoyens hongrois!», avait écrit le porte-parole Zoltan Kovacs sur X. «Vous n’êtes ni une démocrate, ni un martyre mais une vulgaire crapule».
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