
Chercheuse au Carnegie Endowment for International Peace, Rachel Kleinfeld mène des travaux sur la violence politique au sein des démocraties, aux effets de la polarisation et aux enjeux de sécurité soulevés par ces tensions. Elle est notamment l’autrice de A Savage Order : How the World’s Deadliest Countries Can Forge a Path to Security (Pantheon, 2018, non traduit).
Que révèle la tentative d’assassinat contre Donald Trump ? Quelles tendances au sein de la société américaine se trouvent ainsi exposées ?
Cette attaque survient alors que la violence politique ne cesse d’augmenter aux Etats-Unis. C’était déjà le cas avant l’insurrection du 6 janvier 2021 contre le Capitole [lorsque des soutiens de Donald Trump ont contesté par la force les résultats de la présidentielle]. On voit aussi les crimes de haine grimper en flèche, les membres du Congrès font dix fois plus l’objet de menaces aujourd’hui qu’en 2016.
De même, les élus locaux ainsi que les juges font eux aussi l’objet d’une intimidation croissante. Heureusement, toutes ces menaces ne se traduisent pas par un passage à l’acte. La tendance reste la même depuis que Donald Trump a annoncé sa candidature à la présidence en 2015. Ce n’était qu’une question de temps avant que l’on ne voit une tentative d’assassinat comme celle à laquelle on vient d’assister.
Ce n’est pas la première fois aux Etats-Unis qu’une figure aussi importante est prise pour cible. Si l’on compare avec l’attaque contre Ronald Reagan en 1981, qu’est-ce qui a changé ? Les violences politiques sont-elles les mêmes ?
Aux Etats-Unis, plusieurs époques ont été marquées par des violences politiques. Les choses dégénèrent généralement lorsque la polarisation est forte et lorsque certains acteurs politiques font des appels implicites à la violence contre des Américains n’appartenant pas à la majorité.
Ce que nous vivons aujourd’hui rappelle les années 1960, lorsque la violence était élevée et que de multiples personnalités politiques ont été tuées ou visées par des tentatives d’assassinat. La violence s’est alors banalisée et elle est apparue, pour certains, comme une solution. De 1963 à 1968, John Fitzgerald Kennedy, Malcolm X, le leader néonazi George Lincoln Rockwell, Martin Luther King Jr. et Robert Fitzgerald Kennedy ont perdu la vie, tués par des meurtriers. Par la suite, on a également assisté à une diffusion des violences en tous genres, et le taux d’homicide a doublé en quelques années et a continué d’augmenter jusque dans les années 1990.
Mais de manière générale, les Etats-Unis semblent aujourd’hui revivre ce qui s’est produit dans les années 1930 dans des pays comme l’Allemagne et l’Italie, lorsque des affrontements incessants opposaient fascistes et communistes. Ce type d’engrenage conduit le plus souvent à une concentration du pouvoir et à des violences d’Etat.
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Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
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