
Marseille, France – Au creux de l’été, à la mi-août, une médecin généraliste à Marseille a été victime d’une grave agression qui a secoué la profession. Le 12 août, plus exactement, cette praticienne qui exerce dans le 15e arrondissement de Marseille reçoit deux jeunes patientes, âgées respectivement de 19 ans et 11 ans. Outre leur consultation, ces patientes demandent au médecin une ordonnance pour une tierce personne qui n’a pas pu se déplacer. La médecin refuse, le ton monte, et la praticienne menace d’appeler les forces de l’ordre. La réaction de l’une des deux patientes est d’une violence extrême. « Elle l’a attrapée par les cheveux, griffée, mordue, les coups pleuvaient », explique au Parisien, son collègue Said Ouichou, gérant du cabinet.
Arrêt de travail de 30 jours
Les forces de l’ordre ont finalement pu se déplacer et la médecin a porté plainte, tout en faisant constater trois jours d’interruption totale de travail (ITT) à la suite de son agression, puis 30 jours d’arrêt de travail prescrits par un psychologue. Selon le Dr Ouichou, sa collègue agressée pourrait ne pas reprendre le travail dans ce cabinet, ce qui le condamnerait très certainement à la fermeture. Le Dr Ouichou avait déjà dû abandonner un cabinet dans le 15e arrondissement marseillais, en 2022, à la suite d’une agression de patients.
Manque d’aide de l’ARS
Le Dr Ouichou a par ailleurs déploré le manque d’aide de l’administration : « L’administration ne fait rien, nous avons demandé l’aide de l’agence régionale de santé, mais ils ne font rien, ils nous demandent de rester dans ces quartiers, mais sans nous aider. »
Nombreuses réactions
Les réactions à la suite de cette agression n’ont pas tardé à se manifester. Le maire de la ville, Benoît Payan, a condamné fermement cette agression, sur X : « Ce qui s’est produit est inadmissible, rien ne peut justifier de tels actes. C’est désormais à la justice de se saisir de cette affaire. »
Une manifestation a été organisée le 22 août devant le cabinet de médecine où a été agressée la jeune médecin, à laquelle a participé le C onseil national de l’Ordre des médecins, qui s’est fendu d’un communiqué à ce sujet. « Le nombre d’agressions dont les médecins sont victimes ne cesse d’augmenter, touchant sans distinction tous les médecins, quel que soit le type d’exercice, libéral, salarié, hospitalier, médecins de toutes spécialités et répartis dans tous les territoires, les territoires urbains. […] Ces agressions, par leur caractère trop répétitif et violent, laissent peser une grave menace sur l’accès aux soins dans nos territoires déjà en difficulté. » Le ministre délégué à la Santé démissionnaire Frédéric Valletoux, sur X, a dénoncé cette agression, sans pour autant annoncer de nouvelles mesures : « Je condamne fermement les actes de violence qui touchent les médecins et, plus largement, l’ensemble des professionnels de santé. Soutien indéfectible aux victimes de ces actes intolérables. »
Onze organisations syndicales demandent un renforcement de la sécurité
Une fois n’est pas coutume, onze organisations syndicales médicales (SML, CSMF, FMF, Avenir spé, Le Bloc, MG France, UFMLS, Médecins pour demain, jeunes médecins, REAGJIR, Isni) ont signé un communiqué commun pour dénoncer la violence contre les médecins.
« En 2022, les violences envers les médecins avaient augmenté de 23 % par rapport à 2021 d’après une étude du Conseil national de l’Ordre des médecins. Face à cette situation, il est impératif que les autorités gouvernementales prennent des mesures urgentes pour les protéger. Le renforcement de la sécurité dans les établissements de santé publics, privés et les cabinets libéraux, l’application de sanctions exemplaires contre les agresseurs et la mise en place de campagnes de sensibilisation sont des actions nécessaires mais pas suffisantes pour garantir la sécurité des soignants », écrivent les organisations syndicales. Elles dénoncent par ailleurs « le manque de volonté d’investissement dans la santé », qui entraîne « une pénurie de soignants et par conséquent des délais de consultations allongés, une pénurie de médicaments, un manque de lits à l’hôpital, tout cela provocant inexorablement une montée de l’agressivité ».
La comparution immédiate de la présumée coupable de cette agression, âgée de 19 ans, qui devait se dérouler le 29 août, a par ailleurs été reportée au 4 octobre, la magistrate en charge du dossier connaissant la victime. La jeune femme s’était rendue le 28 août dernier et avait été placée en garde à vue puis en détention provisoire. Elle reste détenue jusqu’à son audience. Un délai qui permettra de la soumettre à une expertise psychologique en prison, selon le tribunal. Au cours de sa courte existence, la jeune femme a été placée dans 24 foyers en raison de la maltraitance de son père.
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En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.
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