
Marseille – L’agression d’une généraliste dans son cabinet a suscité l’émoi chez les médecins. Les syndicats demandent au gouvernement des mesures d’urgence.
« Il y aura un avant et un après ». Le Dr Said Ouichou espère que du bon peut sortir du pire des drames. Le généraliste marseillais avait organisé jeudi dernier une manifestation de soutien à une de ses consœurs victime d’une agression. La jeune généraliste de 35 ans, installée depuis à peine un mois dans les quartiers nord de Marseille, a été rouée de coups le 12 août dernier dans son cabinet par deux de ses patientes, au simple motif qu’elle refusait de leur délivrer une ordonnance pour une tierce personne.
Ce jeudi, ce sont une centaine de médecins, élus locaux mais également simples citoyens qui se sont réunis dans les rues de la cité phocéenne pour exprimer leur solidarité avec la victime de cette agression.
« Je suis agréablement surpris par le soutien qui a été apporté » commente le Dr Ouichou.« C’était très émouvant. Les habitants du 15eont répondu présent. C’était pour nous très important d’avoir cette prise de conscience de la part des habitants. La mobilisation s’est déroulée sans aucune fausse note, tout le monde était d’accord pour dire que ça ne va pas et qu’il faut faire quelque chose ». Le Dr Ouichou se sent particulièrement touché par la question : lui-même avait dû fermer son cabinet dans les quartiers nord il y a deux ans après avoir été victime de plusieurs agressions.
Des médecins menacent de porter plainte contre l’Etat
L’agression de cette généraliste a ému bien au-delà de Marseille. Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) a réitéré son « soutien indéfectible aux médecins victimes de violence » tandis que l’ancienne ministre de la Santé Agnès Firmin Le Bodo a également fait part de sa solidarité. Mais l’émotion a rapidement laissé place à la colère. Près d’un an après que le gouvernement ait présenté un plan comprenant diverses mesures pour améliorer la sécurité des soignants (mise en place de dispositifs d’alerte, facilitation des dépôts de plainte, formation des soignants…), les syndicats estiment que l’Etat n’en fait pas assez pour protéger les professionnels de santé.
« Faut-il attendre un drame pour que de vrais mesures soient prises ? » s’interroge ainsi le collectif pour une médecine libre et indépendante (Comeli) dans un communiqué publié jeudi dernier en marge de la manifestation de soutien à la généraliste agressée. Les médecins dénoncent « la banalisation et la répétition de faits similaires » et appellent à « de vraies mesures de l’Etat ». Tout en saluant le soutien exprimé par le CNOM, ils reprochent un certain immobilisme à l’institution et lui demandent de s’associer systématiquement aux plaintes des soignants.
Dans le détail, ils appellent de leur vœux l’adoption définitive d’une proposition de loi déposée par la droite en janvier, qui prévoyait notamment que l’employeur pourrait porter plainte à la place du soignant. La loi avait été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée Nationale en mars mais n’a pas encore été examinée par le Sénat. Si rien n’est fait, le collectif menace de « porter plainte contre un Etat incapable d’assurer notre protection ».
Les syndicats unis contre la violence faite aux soignants
Signe de l’importance de la situation et du ras-le-bol des médecins, la totalité des syndicats de médecins libéraux (CSMF, MG France, Avenir Spé-Le Bloc, UFML, FMF, SML) ainsi que les syndicats d’internes et de jeunes médecins (ISNI, Jeunes Médecins, Reagjir) et le collectif Médecins pour demain ont publié ce mardi un communiqué commun pour dénoncer « une situation alarmante et inacceptable ».
Les syndicats rappellent ainsi que les violences contre les soignants sont en augmentation, avec une hausse de 23 % des incidents rapportés au CNOM entre 2022 et 2021 (même si l’on ne peut pas exclure que cela soit dû à un taux de déclaration plus élevé).
« Il est impératif que les autorités gouvernementales prennent des mesures urgentes pour les protéger »écrivent les syndicats. « Le renforcement de la sécurité dans les établissements de santé publics, privés et les cabinets libéraux, l’application de sanctions exemplaires contre les agresseurs, et la mise en place de campagnes de sensibilisation sont des actions nécessaires mais pas suffisantes pour garantir la sécurité des soignants ». Pour les syndicats, l’apparente hausse de la violence contre les soignants n’est que la conséquence de la crise du système de santé.
« Le manque de volonté d’investissement dans la santé entraîne une pénurie de soignants et par conséquent des délais de consultations allongés, une pénurie de médicaments, un manque de lits à l’hôpital, tout cela provoquant inexorablement une montée de l’agressivité » peut-on lire dans le communiqué. « Les médecins ne peuvent payer le tribut du délabrement du système de santé tout en le subissant de plein fouet ».
A Marseille, la généraliste agressée n’a toujours pas repris ses consultations et hésite à fermer son cabinet. « Elle m’a dit qu’elle réfléchissait encore, cela dépendra sûrement des moyens qui seront mis en place, mais j’espère de tout cœur qu’elle reviendra » confie le Dr Ouichou. Une de ses agresseuses présumées a été interpellée ce lundi et devrait être jugée en comparution immédiate rapidement.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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