« Ras-le-bol d’entendre ce terme dans la bouche de politiciens insensibles à la cause des malades psy », a réagi, sur X, le médecin Hugo Baup. Ce psychiatre hospitalier, suivi par plus de 10 000 personnes sur le réseau social, pointe régulièrement l’usage inapproprié des mots « schizophrène » ou « schizophrénie ». Récemment, il a épinglé le ministre Gérald Darmanin ou l’ancien ministre Alain Juppé. D’autres troubles sont régulièrement concernés, tels que ceux relevant du spectre de l’autisme.
Plus de 600 signatures en trois jours
« J’ai l’impression que c’est de pire en pire », résume Hugo Baup auprès du Télégramme pour expliquer son initiative. « Je me suis demandé si une pétition ne pourrait pas avoir davantage de portée, et pourquoi pas mener à une proposition de loi. Des élus me l’ont conseillé. » Trois jours plus tard, plus de 600 signatures avaient été collectées. Un rythme soutenu qui surprend le médecin lui-même.
« En allumant la télé, la sensation d’être devenu une insulte »
Pourquoi un tel agacement ? « Ce n’est pas anodin », fait valoir le médecin, qui exerce au centre hospitalier de Périgueux (Périgord). Certains patients « se sentent déjà comme un fardeau pour la société, leur famille » après un diagnostic. « Puis, en allumant la télé, on a la sensation d’être devenu une insulte, une « punchline » politicienne. Ça n’apporte rien de bon, ça n’aide pas à l’affirmation de soi. »
Une colère partagée par les proches de personnes atteintes de schizophrénie. « Je l’ai entendu encore deux fois à la télévision il y a très peu de temps », confirme Catherine Lozac’h, déléguée départementale adjointe de l’Unafam dans les Côtes-d’Armor. Cette association rassemble des proches de personnes atteintes de troubles psychiques.
Des effets néfastes concrets
Au-delà d’une simple bataille sémantique, la bénévole pointe des effets néfastes concrets. Parmi eux, un diagnostic rendu encore plus difficile à accepter. « C’est un mot qui est rarement prononcé, par les malades et par l’entourage. Et j’irais même plus loin : par les médecins », remarque Catherine Lozac’h. Une stigmatisation telle qu’un changement de nom est réclamé par certains, sur le modèle d’une telle modification effectuée par le Japon en 2002.
Outre la forme, les mentions médiatiques encouragent également la méconnaissance sur ces sujets. « C’est extrêmement irritant parce que c’est un usage qui est complètement détourné, qui n’a rien à voir avec la réalité de la maladie, donc on le vit mal. » La schizophrénie reste notamment associée, à tort, à l’idée d’un dédoublement de la personnalité. « La santé mentale, on devrait en parler mieux, en parler plus, et pas de cette manière », revendique Hugo Baup.
J’aimerais qu’on parle parfois des gens qui ont des schizophrénies et qui maintiennent leurs emplois, qui arrivent à faire tourner une classe d’école.
Autre problème avancé : un univers systématiquement dramatique. « La schizophrénie ou l’autisme, on ne s’en sert jamais pour dire des choses positives à l’antenne », regrette Hugo Baup. « J’aimerais qu’on parle parfois des gens qui ont des schizophrénies et qui maintiennent leurs emplois, qui arrivent à faire tourner une classe d’école. » Reprenant l’attaque adressée à Emmanuel Macron, le psychiatre rappelle d’ailleurs qu’on peut « occuper des fonctions importantes quand on a une schizophrénie ».
Un ressenti partagé par les bénévoles de l’Unafam. « Il y a maintenant des perspectives de réhabilitation, où la personne va arriver à vivre dans la cité de façon épanouie. » Catherine Lozac’h cite des exemples de proches de l’Unafam 22 qui « travaillent, ont leur voiture, leur logement, des activités de loisir comme tout un chacun ». « Cela ne veut pas dire que la personne est capable de faire exactement ce qu’elle était capable de faire avant la maladie, mais elle peut mener une vie tranquille comme tout le monde. » Pour la bénévole, « certainement qu’il y a de l’information à donner ». Les journées de la schizophrénie, qui ont lieu chaque année au mois de mars, pourront en être l’occasion pour ceux qui le souhaitent.
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