Y aura-t-il un retour au calme dans le périscolaire parisien ? C’est la priorité absolue du nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire. Dans la maternelle Picpus dans le 12e arrondissement, des parents changent leurs habitudes pour ne plus laisser leur enfant dans le périscolaire.
C’est le cas de William. Il est 16h30, les grilles vertes de l’école Picpus s’ouvrent. Depuis plusieurs mois, le papa ou sa femme attendent tous les jours leur fils de 5 ans. Il ne va plus jamais au périscolaire « par crainte« , souffle le père, « on a des contrats qui nous permettent de travailler avec des horaires différents. On va travailler un peu plus le soir. Mais évidemment, ça joue sur l’équilibre financier avec des arbitrages, comme sur les sorties culturelles, les restaurants ». Lorsque sa femme ne sera plus en congé maternité, l’analyste financier « envisage de passer à temps partiel », lui qui dit avoir ressenti « de l’effroi » en apprenant qu’un animateur suspendu pour fait à caractère sexuel était passé par l’école primaire où ira son fils. Il compte ne plus jamais inscrire son enfant au centre aéré pendant les vacances scolaires. Là aussi ça demande un sacrifice, « on alterne avec ma femme pour poser nos vacances. Pendant les vacances scolaires, l’équipe d’animateurs nous est imposée, on ne les connait pas, c’est hors de question ».
Une autre maman a déjà prévu d’envoyer sa fille dans le privé, « c’est plus secure« , pense la mère d’une petite de 3 ans pour qui les suspicions d’agressions verbales ou sexuelles dans les écoles prennent « une ampleur énorme donc j’ai très peur« . Même si Samantha dit avoir confiance dans l’équipe de périscolaire de son école Picpus, elle doute de plus en plus : « On est beaucoup moins sereins quand on les laisse à l’école. J’essaie de minimiser le temps qu’ils passent au périscolaire, après on a des contraintes professionnelles. On mobilise un mélange de grands-parents, nourrices etc… » Des nounous, c’est un sacré budget que Delphine n’envisage pas. Devant son vélo cargo, cette maman rationalise Trop d’informations circulent, impossible d’y voir clair aujourd’hui. De toutes façons cette infirmière n’a pas le choix : « Moi je travaille à l’hôpital, je ne peux pas travailler de chez moi. Le papa est steward, il est loin parfois. On n’a pas toujours de solution, pas de familles à Paris non plus« . Un point rassurerait certains parents : n’engager que des femmes pour s’occuper de leurs enfants.


