
Deux individus avaient suivi l’adjointe au maire de Saint-Denis alors qu’elle sortait de l’Hôtel de Ville, avant de la projeter au sol puis de la rouer de coups.
Trois hommes ont été arrêtés mercredi pour l’agression fin décembre dans la rue d’Oriane Filhol, adjointe au maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), qui avait provoqué l’émoi, a appris Le Figaro de source proche du dossier. Les trois individus doivent être présentés au tribunal de Bobigny ce vendredi 19 janvier, précise cette source. Soit dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire soit en comparution immédiate.
«L’un d’eux est le commanditaire de l’agression, et les deux autres, les exécutants», précise une source policière au Figaro. «D’après les premiers éléments de l’enquête, la photo d’Oriane Filhol aurait circulé dans une liste de photos d’élus à cibler. Le commanditaire a agi sur la demande d’une quatrième personne».
Le 20 décembre au soir, Oriane Filhol, 6e adjointe au maire socialiste Mathieu Hanotin, quittait une réunion de travail et rentrait chez elle quand elle s’est sentie suivie sur le chemin par plusieurs hommes. Rattrapée, l’élue, chargée des questions de solidarité et de droits des femmes pour la municipalité, a été projetée au sol par une balayette avant d’être frappée à coups de pied dans la tête et au corps. Ses agresseurs, dissimulés derrière des masques chirurgicaux et des capuches, avaient ensuite pris la fuite, sans rien lui dérober.
«Je n’ai pas pu voir leurs visages, ni entendre leurs voix. Ils n’ont pas dit un mot. Alors que j’étais à terre et qu’ils me frappaient, j’ai tendu mon téléphone en criant. Je pensais que c’était ça qu’ils cherchaient. Mais à ce moment-là, ils ont décampé», se souvient l’élue, jointe par Le Figaro.
Ce vendredi, Oriane Filhol salue aussi le travail efficace et rapide des forces de l’ordre. Elle conserve encore des séquelles physiques et psychologiques de l’agression, pour lesquelles sept jours d’ITT ont été prescrits. «J’ai encore mal à la hanche à cause d’une grosse bosse provoquée par la balayette», explique l’élue, qui a repris ses fonctions à la mairie de Saint-Denis le 2 janvier. «Mon quotidien est moins fluide. Moi qui avais l’habitude de me déplacer librement, quelle que soit l’heure, j’ai aussi développé une certaine phobie. Je n’ose plus sortir le soir de chez moi. J’ai l’impression qu’ils [les agresseurs] m’ont volé une partie de ma liberté de femme.»
Ciblée volontairement
Dans le cadre de l’enquête menée par la sûreté territoriale, les trois hommes, dont deux sont âgés de 18 ans, ont été arrêtés cette semaine, a rapporté une source proche du dossier. Les suspects semblent avoir ciblé volontairement l’élue.
En décembre, cette agression avait soulevé l’indignation du monde politique, dans un contexte où menaces et agressions d’élus se multiplient. Les réactions de soutien de la classe politique s’étaient alors faites nombreuses, appuyant le fait qu’Oriane Filhol avait été visée parce qu’élue. «Ils l’ont attendue à la sortie de son travail, ils l’ont suivie puis ils l’ont tabassé, c’est un acte prémédité !», avait explosé auprès du Figaro le maire PS de Saint-Ouen Karim Bouamrane.
Ces derniers mois, l’adjointe au maire s’était notamment fait connaître pour «son combat contre la prostitution des mineures», avait indiqué Ghada Hatem, présidente de la maison des femmes de Saint-Denis et gynécologue, en décembre au Figaro. Au point de lui attirer des ennuis ? «C’est la réponse que j’attends de la justice. Est-ce que j’ai été visée en tant qu’Oriane Filhol spécifiquement, ou en en tant qu’élue ?» Cette dernière abonde dans le sens du Dr Hatem : «Il est certain que les questions liées aux femmes, la violence comme la prostitution, suscitent la colère de certains administrés.»
…
Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
Source: Source
