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<!– –> « Ce n’est pas une insulte, mais une qualification politique ». Photo © Chang Martin/SIPA
« Sanctionnez-nous tant que vous voulez ! » C’est par ces mots que le député écologiste Benjamin Lucas-Lundy a conclu son intervention dans l’hémicycle le 25 juin, après avoir déclaré que « ceux qui défendent un texte xénophobe et raciste sont probablement xénophobes et racistes ».
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Ces propos ont suscité la controverse, alors même que la proposition de loi en question avait été déposée dans le cadre d’une niche parlementaire parfaitement légale par le groupe UDR. Elle visait à permettre aux maires d’exiger des futurs mariés étrangers des justificatifs attestant de la régularité de leur séjour. Son examen s’est déroulé sous la présidence du vice-président Christophe Blanchet (MoDem), qui avait déjà dû prononcer un rappel à l’ordre à l’encontre de la députée LFI Élise Leboucher, laquelle avait qualifié les soutiens du texte de « xénophobes » quelques instants plus tôt.
Au cours de cette niche réservée aux textes du groupe d’Éric Ciotti, allié au Rassemblement national, la gauche a organisé une obstruction méthodique afin d’empêcher tout vote. La séance s’est par ailleurs déroulée dans une atmosphère tendue, aggravée par une panne de climatisation en pleine canicule. Au sortir de la séance, Éric Ciotti avait dénoncé « la lâcheté du gouvernement, qui s’est porté complice, toute cette journée, de LFI », pointant l’absence de soutien de l’exécutif à une proposition de loi que son groupe présentait pour la deuxième fois à l’Assemblée nationale.
Je prends acte du courrier de @YaelBRAUNPIVET, mais je persiste et je signe : l’UDR, le parti d’Éric Ciotti que presque personne ne connaît, est un parti de fascistes et de racistes.
Ce n’est pas une insulte, mais une qualification politique.
En 2011, Jean-Luc Mélenchon… pic.twitter.com/ZSDsXciUdi
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Réuni mercredi, le Bureau de l’Assemblée nationale, plus haute instance exécutive de l’institution, a prononcé un rappel à l’ordre contre Benjamin Lucas-Lundy et Élise Leboucher. Cette sanction, la plus légère du règlement, a été adoptée malgré le vote contre des élus de gauche, les autres groupes s’y étant montrés favorables.
« Je persiste et signe »
Par ailleurs, le député insoumis Andy Kerbrat a publié mercredi sur X un courrier de Yaël Braun-Pivet lui reprochant d’avoir traité un député UDR de « raciste » et de « fasciste » lors d’une réunion de la commission des lois le 17 juin : des « insultes inacceptables » qui « n’ont pas leur place dans notre Assemblée », selon la présidente. Réponse de l’intéressé, sans la moindre contrition : « je persiste et signe : l’UDR est un parti de fascistes et de racistes. Ce n’est pas une insulte, mais une qualification politique ».
L’élu invoque à l’appui de son argument la relaxe prononcée en 2014 par le tribunal correctionnel de Paris concernant Jean-Luc Mélenchon, poursuivi pour avoir qualifié Marine Le Pen de « fasciste ». Une décision de justice qui, selon lui, validerait l’usage politique du terme entre adversaires dans le débat public. D’autres députés ayant tenu des propos similaires lors de la même séance du 25 juin, comme la présidente du groupe écologiste Cyrielle Chatelain, n’ont fait l’objet d’aucune sanction.
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