Le maire de Saint-Victoret Claude Piccirillo est visé par trois plaintes pour agression sexuelle, harcèlement moral et sexuel. Ces faits sont dénoncés par des agents ou ex-salariés de la commune. D’autres témoignages vont être transmis au procureur selon l’association SOS Corruption 13.
« Je suis actuellement au chômage, avant je travaillais à la mairie de Saint-Victoret. Mon contrat CDD s’est terminé le 30 août 2025« . C’est comme tel que Michèle répond à notre question « présentez-vous ». Devant elle, une chemise en carton jaune où elle a toutes les pièces qu’elle a transmises à la police. Le 4 octobre, elle a été la première à porter plainte contre le maire** et espère bien libérer la parole chez ses anciens collègues de la mairie, qui, pour beaucoup, gardent pour l’instant le silence.Une scène de colère lui vient en mémoire. La suppression d’un jour de congé, à la veille d’un mariage auquel la sexagénaire souhaitait assister. Elle demande alors des explications au maire dans son bureau. « Il s’est levé en disant -police, police, appelez la police, je veux qu’elle sorte- Il m’a fait peur. Il était tout rouge » raconte-t-elle. « Il ne m’engueulait pas comme ça tous les jours, mais il me passait devant, il ne me regardait même pas, ni bonjour, ni rien du tout, ou bien des mots très méchants. J’étais au placard, il m’avait enlevé mon travail comme il pouvait« .Michèle avait été embauchée pour une mission, qui lui a été retirée du jour au lendemain sans explication. Cette progressive « mise au placard » et ignorance qu’elle raconte part, selon elle, d’un événement. Son refus d’accepter les avances du maire.
« C’est vrai que le maire me mettait sur un piédestal, avant. Ça me faisait plaisir, et en même temps ça me mettait mal à l’aise« . Un jour de juillet 2024, Claude Piccirillo demande à sa salariée d’aller à son domicile par message. « Je suis allée chez lui et on a discuté, il m’a montré son jardin. Et puis à un moment donné, on rentre. Il se lève et m’embrasse, j’étais plus que surprise et je l’ai donc repoussé évidemment. Pourquoi tu ne veux pas m’embrasser ? Me demande-t-il. Je lui ai répondu. Parce que tu es trop vieux et que tu es mon patron« . Michèle insiste aussi sur leur différence d’âge, de près de 20 ans. Claude Piccirillo a 80 ans.Michèle choisit de porter plainte le 4 octobre 2025. « Parce qu’il n’avait pas à me faire souffrir. En soi, il n’a pas été plus loin que de m’embrasser, même s’il a été un petit peu violent. S’il ne m’avait pas harcelée parce que j’ai refusé, j’en serais restée là. Mais j’ai le droit de refuser. Et lui, il n’a pas accepté que je lui refuse. Il se prend pour qui ? J’ai le droit de dire non » rétorque Michèle.L’ex-agent de la mairie de Saint-Victoret raconte avoir alerté ses supérieurs de ce harcèlement par mail et avait sollicité un rendez-vous, qu’elle a eu, mais qui a été expéditif selon elle. Elle montre à ICI Provence une copie du mail. La situation est restée sans suite, jusqu’à la fin de son contrat en août 2025.
En étant la première à porter plainte, Michèle espère avoir libéré une parole chez ses collègues. « Ce qu’il y a d’incroyable quand même dans cette mairie, c’est que tout le monde sait qui il est. Tout le monde le sait et tout le monde se tait. Il joue avec le caractère des gens. Pourquoi tout le monde se tait ? On est au XXIᵉ siècle. Il faut que ça sorte, il faut que ça s’arrête. Ce monsieur, il faut qu’il arrête de faire souffrir ses salariés. » Le collectif « Stop harcèlement public à Saint-Victoret” demande la mise en place de mesures immédiates pour protéger les agents municipaux.Trois plaintes ont été déposées contre Claude Piccirillo : deux par des femmes, dont Michèle, pour des faits d’agressions sexuelles, harcèlement moral et sexuel. Une autre plainte, la dernière en date, concerne du harcèlement moral que dénonce un salarié encore actuellement en poste. Depuis une dizaine de jours, . Sept autres témoignages sont en cours de transmission à la justice, selon l’association SOS Corruption 13.
« C’est vrai que le maire me mettait sur un piédestal, avant. Ça me faisait plaisir, et en même temps ça me mettait mal à l’aise« . Un jour de juillet 2024, Claude Piccirillo demande à sa salariée d’aller à son domicile par message. « Je suis allée chez lui et on a discuté, il m’a montré son jardin. Et puis à un moment donné, on rentre. Il se lève et m’embrasse, j’étais plus que surprise et je l’ai donc repoussé évidemment. Pourquoi tu ne veux pas m’embrasser ? Me demande-t-il. Je lui ai répondu. Parce que tu es trop vieux et que tu es mon patron« . Michèle insiste aussi sur leur différence d’âge, de près de 20 ans. Claude Piccirillo a 80 ans.Michèle choisit de porter plainte le 4 octobre 2025. « Parce qu’il n’avait pas à me faire souffrir. En soi, il n’a pas été plus loin que de m’embrasser, même s’il a été un petit peu violent. S’il ne m’avait pas harcelée parce que j’ai refusé, j’en serais restée là. Mais j’ai le droit de refuser. Et lui, il n’a pas accepté que je lui refuse. Il se prend pour qui ? J’ai le droit de dire non » rétorque Michèle.L’ex-agent de la mairie de Saint-Victoret raconte avoir alerté ses supérieurs de ce harcèlement par mail et avait sollicité un rendez-vous, qu’elle a eu, mais qui a été expéditif selon elle. Elle montre à ICI Provence une copie du mail. La situation est restée sans suite, jusqu’à la fin de son contrat en août 2025. Claude Piccirillou est à la tête de la mairie de Saint-Victoret depuis 30 ans © Radio France – Maryline Ottmann
En étant la première à porter plainte, Michèle espère avoir libéré une parole chez ses collègues. « Ce qu’il y a d’incroyable quand même dans cette mairie, c’est que tout le monde sait qui il est. Tout le monde le sait et tout le monde se tait. Il joue avec le caractère des gens. Pourquoi tout le monde se tait ? On est au XXIᵉ siècle. Il faut que ça sorte, il faut que ça s’arrête. Ce monsieur, il faut qu’il arrête de faire souffrir ses salariés. » Le collectif « Stop harcèlement public à Saint-Victoret” demande la mise en place de mesures immédiates pour protéger les agents municipaux.Trois plaintes ont été déposées contre Claude Piccirillo : deux par des femmes, dont Michèle, pour des faits d’agressions sexuelles, harcèlement moral et sexuel. Une autre plainte, la dernière en date, concerne du harcèlement moral que dénonce un salarié encore actuellement en poste. Depuis une dizaine de jours, . Sept autres témoignages sont en cours de transmission à la justice, selon l’association SOS Corruption 13.
Sollicité, Claude Piccirillo a reçu ICI Provence dans son bureau à la mairie. Il nous a transmis un tract où le maire dément les faits de harcèlement moral dénoncés par un agent en poste, distribué aux administrés. Le maire de Saint-Victoret a longuement échangé avec nous, mais a refusé toute interview au micro, après avoir pourtant donné son accord. Il refuse d’alimenter une « polémique » et dément les faits qui lui sont reprochés.L’association SOS Corruption 13 a transmis un signalement à la justice, car ce tract « viole la vie privée de l’agent » cité. Pour cette raison, ICI Provence ne publie pas l’intégralité du tract, mais des extraits : « Il est important que les Saint-Victoriens connaissent LA VÉRITÉ. Cet agent, en plus de trente ans de carrière dans la fonction publique, n’a effectivement été présent à son poste qu’une dizaine d’années, et vingt ans d’absences payées par vous, CONTRIBUABLES. […] Il est regrettable que certains choisissent aujourd’hui de ternir l’image de la commune et de son maire en pleine période électorale, en instrumentalisant des situations individuelles à des fins politiques« .Le 24 octobre, Claude Piccirillo indique ne pas avoir été contacté par les enquêteurs, et soutient avoir « des documents et vidéos » pour prouver son innocence. Son regard est tourné vers l’opposition qui, selon lui, mène une campagne pour le « salir » avant les élections municipales. Claude Piccirillo a annoncé sa candidature à sa succession en octobre à Saint-Victoret, après 30 ans passés à la mairie. Le tract distribué par la mairie de Saint-Victoret à ses administrés en octobre © Radio France – Maryline Ottmann


