, Politique : les élus locaux un peu mieux protégés contre les agressions

Politique : les élus locaux un peu mieux protégés contre les agressions

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La condamnation ne pouvait pas être plus d’actualité. Ce mercredi, le tribunal du Havre a condamné à quatre mois de prison avec sursis un homme qui s’était rendu coupable d’un coup de tête à un adjoint au maire de Beaurepaire (Seine-Maritime). L’élu, âgé de 70 ans, venait de lui demander de déplacer sa voiture dans un parking public. Le prévenu a également écopé de trois ans de privation de droits civiques et d’un stage de citoyenneté.

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La condamnation ne pouvait pas être plus d’actualité. Ce mercredi, le tribunal du Havre a condamné à quatre mois de prison avec sursis un homme qui s’était rendu coupable d’un coup de tête à un adjoint au maire de Beaurepaire (Seine-Maritime). L’élu, âgé de 70 ans, venait de lui demander de déplacer sa voiture dans un parking public. Le prévenu a également écopé de trois ans de privation de droits civiques et d’un stage de citoyenneté.

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Sans doute la peine eût été alourdie si le projet de loi, voté le même jour par les députés, avait été promulgué. L’Assemblée nationale a en effet adopté, en première lecture, un texte visant à mieux protéger les élus locaux, de plus en plus confrontés à de telles violences, en durcissant les sanctions pénales contre leurs auteurs. On se souvient des actes, beaucoup plus graves, commis contre le maire de Saint-Brévin (Loire-Atlantique) dont la maison avait été incendiée pour protester contre un centre d’accueil de migrants, ou contre le maire de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) à l’occasion des émeutes consécutives à la mort de Nahel, en juin 2023. Une voiture-bélier avait défoncé son domicile et sa femme avait été blessée.

Entre 2021 et 2022, rappelle l’Association des maires de France (AMF), les atteintes verbales ou physiques à l’encontre des élus locaux, notamment les maires et leurs adjoints, ont augmenté de 32 %, passant de 1 720 à 2 265. Et la situation n’est guère à l’apaisement. Sans aller jusqu’à ces tentatives d’assassinats, de nombreux élus ont été insultés, menacés, bousculés ou giflés. Le ras-le-bol est légitime.

Jusqu’à sept ans d’emprisonnement

C’est le refus du fatalisme, de la banalisation et de l’impunité

C’est le Sénat qui, le premier et avec le soutien du gouvernement, avait voté un texte plus répressif. Les deux assemblées devront désormais rédiger un texte commun qui sera voté par les députés et les sénateurs. « C’est le refus du fatalisme, de la banalisation et de l’impunité » a souligné la députée Renaissance du Nord, Violette Spillebout, rapporteure du projet de loi, qui, pour mieux démontrer l’aspect transpartisan du projet, s’était associée au député communiste de Seine-Maritime, Sébastien Jumel. Elle-même a fait l’objet de menaces de diffusion de photos pornographiques lors de sa campagne aux élections municipales de Lille en 2020.

Cette loi aligne les sanctions prévues en cas de violence contre des élus locaux sur celles qui visent des dépositaires de l’autorité publique comme les policiers. Celles-ci pourront aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende en cas d’incapacité de travail supérieure à huit jours.

Dans le cas d’injures publiques, le texte crée une peine de travail d’intérêt général avec une circonstance aggravante pour les cas de harcèlement, notamment en ligne, lorsque la victime est titulaire d’un mandat électif. Les délais de prescription sont par ailleurs allongés en cas d’injures et de diffamation publique, passant de trois mois à un an.

Deux orateurs girondins, Edwige Diaz (RN) et Alain David (PS) se sont exprimés au nom de leur groupe pour l’explication de vote, mercredi. Un vote favorable même si l’élue de Haute-Gironde a regretté un texte empreint de laxisme. « Quarante maires démissionnent chaque mois à cause de ce fléau et de plus en plus de communes sont privées de candidats aux municipales. Cet ensauvagement menace notre démocratie ! », a-t-elle souligné lors de son intervention.

Et elle s’en est prise aux députés de La France insoumise qui, seuls dans l’hémicycle, par la voix de Sébastien Rome, ont refusé leur feu vert, jugeant au contraire le texte trop répressif et le qualifiant de « surenchère pénale inutile qui pourrait nourrir l’idée d’une justice d’exception pour les élus. »

Le statut de l’élu local

Cette loi réprimant plus sévèrement la violence envers les élus locaux n’est en fait que le premier étage d’une fusée destinée à réformer leur statut pour faire face à la crise des vocations qui plombe la démocratie locale, et pas seulement à cause de la montée des incivilités et des violences.

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Violette Spillebout et Sébastien Jumel souhaitent que les élus locaux se voient attribuer une indemnité d’engagement citoyen et que leur statut soit aligné sur celui des salariés protégés, comme les délégués syndicaux. Sauf que, comme pour la simplification et la débureaucratisation, les actes ne suivent pas les paroles. Gabriel Attal a promis de faire avancer les choses, rappelant qu’il est lui-même élu local, à Vanves. Un élu local juste un peu mieux protégé que les autres…

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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