Ils cherchent des réponses. Dans la salle d’audience, une petite délégation d’élus basques a fait le déplacement, ce mardi 14 mai. Tous se sont réunis autour de leurs homologues d’Hasparren et de Macaye, venus témoigner à la barre du tribunal de Bayonne. La voix lourde, le ton sérieux, Isabelle Pargade s’adresse au prévenu. Indirectement, mais pourtant à quelques mètres derrière elle. « Me retrouver avec mon domicile… (silence de l’élue qui reprend ses esprits)… Sous protection policière, le soir… (de nouveau un long silence)… On ne s’engage…
Ils cherchent des réponses. Dans la salle d’audience, une petite délégation d’élus basques a fait le déplacement, ce mardi 14 mai. Tous se sont réunis autour de leurs homologues d’Hasparren et de Macaye, venus témoigner à la barre du tribunal de Bayonne. La voix lourde, le ton sérieux, Isabelle Pargade s’adresse au prévenu. Indirectement, mais pourtant à quelques mètres derrière elle. « Me retrouver avec mon domicile… (silence de l’élue qui reprend ses esprits)… Sous protection policière, le soir… (de nouveau un long silence)… On ne s’engage pas dans la vie publique pour être menacée. »
À bout de souffle et les larmes aux yeux, la maire d’Hasparren revient sur les événements de janvier 2024 qui ont touché sa mairie. Les nuits du 22 et 23 janvier, d’imposants tas de terre avaient été déposés devant l’entrée du bâtiment municipal. Quelques jours plus tard, le 28 janvier, toujours dans la nuit, c’était au tour de la porte en bois massif d’être violemment arrachée. Des dégâts importants, qui avaient été suivis par un acte de vandalisme dirigé vers une sculpture emblématique de la commune. Dans la foulée, la mairie de Macaye avait également été prise pour cible, taguée d’un message insultant, à destination du maire. Un dessin de sexe masculin avait aussi été tagué.
« Je n’en suis pas fier »
À peine interrogé par la présidente, le prévenu se confond en excuses devant le tribunal. Et répète plusieurs fois regretter son comportement. « C’était stupide. Idiot » ; « Ce sont des choses qui ne se font pas. Je n’en suis pas fier. » L’homme, un éleveur et gérant d’une société de maçonnerie, avait rapidement été identifié par les gendarmes. Le tribunal fait mention d’une « hostilité » et d’un « conflit avec la mairie », qui avait mis les enquêteurs sur la piste de ce quadragénaire, habitant d’Hasparren. En garde à vue, il avait automatiquement reconnu les faits avant d’être placé sous contrôle judiciaire.
« À Macaye, ça fait six ans que j’essaie de monter une entreprise agricole sur les terres qui m’ont été cédées par mes parents et mes grands-parents. Je me retrouve toujours confronté à des refus… C’est pas normal qu’un élu puisse faire ce genre de chose. » Comme lors de son audition, l’éleveur revient sur les origines de son acte. Des motivations qui n’ont pas cessé de faire réagir le tribunal, tout comme les élus présents dans la salle. « Vous avez utilisé deux engins agricoles distincts. C’est assez violent » ; « Vous aviez, contre cette sculpture, une hostilité particulière ? », questionne la présidente, lui rappelant plusieurs fois qu’un recours au tribunal administratif aurait été plus « adapté ».
Violences envers les élus
Dans un contexte de recrudescence de violences envers les élus, les actes du prévenu n’ont pas manqué de faire réagir les parties civiles. « Je suis allé voir les dernières statistiques sur le site de l’Association des maires de France. Je défends la mairie de Briscous, avec cette histoire de cercueil. Il y a eu l’agression à la mairie de Cambo », insiste l’avocate du maire de Macaye. « Les faits rallongent la liste des agressions des élus », ajoute à son tour la défense de la maire d’Hasparren.
Le prévenu insiste, lui, sur l’absence de querelles personnelles. Il évoque des actes de colère et assure n’avoir aucune animosité envers les élus des deux communes ciblées. « Il n’était pas parti sur le volet politique », souligne l’avocat du prévenu. « Au grand jamais il n’a voulu porter atteinte à l’intégrité physique de qui que ce soit. Il pensait que sa fonction de vice-présidente de la Communauté d’agglomération (évoquant la maire d’Hasparren, NDLR) avait une action sur les permis », poursuit maître Diallo.

B. M.
Deux poids, deux mesures ?
Le prévenu n’a en revanche pas tenté de dissimuler ses actes, commis en plein mois de janvier au cœur des actions du monde agricole, derrière un message militant. Pour son avocat, l’absence de poursuites judiciaires pour les opérations menées par les syndicats paysans doit cependant interroger. « Est-ce que les syndicats ont plus de droits que les citoyens ? Je me pose la question. »
Son client, jugé dans le cadre d’une audience correctionnelle, sera fixé le 28 mai prochain. Décrivant « beaucoup d’égoïsme dans sa manière de faire », le procureur a requis 5 000 euros d’amende pour les dégâts, assortis d’un sursis probatoire. Pour les injures, il a requis 750 euros d’amende non assortis d’un sursis. « Pas à la hauteur des faits qui se passent dans nos communes », a réagi à l’issue de l’audience le maire de Macaye.
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