Nogent-sur-Oise. Le meurtre d’Hassène secoue le bassin Creillois

, Nogent-sur-Oise. Le meurtre d’Hassène secoue le bassin Creillois
Les policiers ont tout tenté pour sauver le jeune Hassène, notamment un massage cardiaque. Mais le jeune de 17 ans avait perdu trop de sang. Photo : oh-dr

À quelques heures à peine de la tragédie qui s’est joué sur le parking Lidl à quelques dizaines de mètres du pont Royal, le bassin Creillois se réveille sous le choc, comme un rappel à l’ordre que la violence extrême ne touche pas que les grandes villes de Paris,  Marseille, Lyon ou Toulouse. 

La violence de l’agression qui a conduit à la mort de Hassène, un jeune Nogentais de 17 ans et scolarisé au lycée Marie-Curie, secoue la classe politique et les citoyens de ce bassin déjà durement touché par la violence. 

Mais là, il s’agit d’un cap. Certains n’hésitent pas à utiliser le terme «d’acte barbare». 

Le procureur de la République, Loïc Abrial, avec la distance qu’il doit préserver dans l’approche de ce dossier, utilise cependant des termes très fort dans son communiqué

Les questions restent posées. Pourquoi une telle agression ? Pourquoi une telle violence ? Quel conflit pouvait-il exister entre les différents protagonistes ? Et enfin et non des moindres, que faisait l’un au moins des agresseurs avec une hachette dans son sac ? 

Les premières pistes s’orienteraient vers un conflit entre groupes d’adolescents et jeunes adultes. 

Les explications qui immanquablement viendront en temps et en heure n’atténueront en rien la douleur de la famille Horuz.

Parmi les premiers sur les lieux, c’est la maman du jeune Hassène qui a appris l’horreur. 

Une cellule de crise à l’agglomération

Du côté des élus, rapidement harcelé par les médias notamment nationaux, on prend très à cœur ce drame. Si les premiers mots viennent systématiquement en soutien à la famille et des proches de la victime, c’est une véritable cellule de crise qui s’est réuni ce mercredi 21 mai au matin au siège de l’agglomération Creil Sud Oise. En question, la peur des émeutes qui pourrait survenir après la mort de ce jeune garçon d’origine turque. 

Il est vrai que tout et n’importe quoi circulaient le soir même de ce meurtre, notamment une fausse information comme quoi plusieurs victimes étaient touchées. Une donnée réfutée catégoriquement par le procureur de la République le soir même, mardi 20 mai. 

Toute la nuit, les compagnies de CRS ont patrouillé dans les quartiers pour canaliser un éventuel début d’émeute. 

Les élus sous le choc

La classe politique, mais pas que, réagit à cette mort atroce. En l’absence pour raison de santé de Jean-François Dardenne, premier magistrat de Nogent-sur-Oise, ce sont les proches adjoints qui répondent. Valérie Lefèvre, Patricia Richard, Claude Robert sont en première ligne de même que Mokhtar Allouache, qui vient d’être nommé 10e adjoint, délégué aux situations d’urgence. Jean-François Dardenne a tout de même publié un communiqué précisant qu’il «est inadmissible qu’un enfant puisse être assassiné par arme blanche sur l’espace public». Et de préciser que «face à pareille violence, jamais nous ne sous résignerons».

Jean-François Dardenne en appelle au calme

Le maire de la quatrième ville de l’Oise dit avant tout penser à la famille de la victime et dit «être à ses côtés pour cette épreuve». L’élu précise que les services municipaux sont mobilisés aussi bien auprès de la famille qu’auprès de la jeunesse Nogentaise afin de traverser au mieux ce moment de deuil.

«Nous appelons la population à l’apaisement et au calme face à ce drame qui nous affecte tous», conclut le maire.

Lui, comme les autres élus de Nogent, reste atterré par la violence du geste. «Comment peut-on ôter la vie avec une telle violence.  On passe un cap et aujourd’hui, ce meurtre c’est l’affaire de tous. Nous devons tous les uns et les autres prendre conscience que la jeunesse va mal, perd ses repères et n’hésite pas à franchir le cap de l’horreur».

D’autres Nogentais ont bien entendu réagi avec la même sidération. Badia Zrari, qui fut juste qu’il y a peu une proche adjointe de Jean-François Dardenne, est dévasté par ce drame. Nogent-sur-Oise est une petite ville et tout le monde se connaît.

«Je n’ai pas de mots. Juste une immense tristesse», évoque l’ancienne adjointe. Et de questionner «Comment a-t-on pu en arriver là  ? On ne devrait jamais avoir à pleurer un jeune de cette façon. Un enfant du quartier. Un frère. Un ami.(…) Je pense fort à la famille, aux proches, à ceux qui l’ont aimé. À ceux qui restent avec cette douleur insupportable.

Aujourd’hui, plus que jamais, on a besoin de se serrer les coudes. De faire bloc. De faire preuve d’humanité». 

Et de conclure «il y aura un temps pour comprendre, pour répondre, pour agir».

Sur le web, les réactions sont nombreuses

Benoît Lamy, ancien directeur de cabinet réagit à son tour. Il dit avoir  «gardé le silence depuis de nombreuses années sur la ville de Nogent-sur-Oise. L’ancien directeur de cabinet note lui aussi une évolution dans cette violence. «Durant toute ma carrière dans cette ville j’ai vécu des drames humains, j’ai vécu la misère sociale, j’ai vécu le problème des quartiers . Mais à aucun moment la barbarie régnait. il faisait encore bon vivre dans la quatrième ville de Oise». 

Une vision idyllique peut-être à revoir avec un bémol puisque depuis, il y a tout de même eu les émeutes suite à la mort de Naël, qui ont conduit à la destruction partielle de l’hôtel de ville, entre autres. D’autres, sont tout simplement surpris, voire choqués par ce commentaire de l’ancien employé.

«Une arme associée au cauchemar»

Une autre réaction est à noter. Celle de Djamal Benkherouf, ancien élu de Nogent-sur-Oise, d’abord dans la majorité, puis dans l’opposition. 

«Jusqu’où irons-nous ? Nous pensions avoir connu le pire. Oui, notre ville, comme tant d’autres en France, a été marquée par des drames. Des morts, des vies fauchées trop tôt. Parfois à l’arme blanche. Toujours avec douleur, toujours avec incompréhension. C’était déjà inacceptable. Mais aujourd’hui, un cap est franchi. Une hache. Plus seulement un couteau. Une arme que l’on associe à des scènes de guerre ou à des cauchemars. Elle a été utilisée ici, chez nous, à Nogent. C’est un sommet d’horreur, un signal d’alarme. Pas seulement sur la violence. Mais sur ce que devient notre société, sur ce que devient notre jeunesse, sur ce que nous acceptons de banaliser».

Encore une fois, pour tous ces acteurs de la vie politique et sociale de la quatrième ville de l’Oise, il est temps de s’interroger. Il est temps de s’interroger sur ce qui peut nourrir cette violence et quelles réponses, politiques, sociales et éducatives doivent être apportées.

Pour l’heure, place à l’enquête et à l’interpellation des protagonistes dont plusieurs seraient originaires de Montataire.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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