Municipales 2026 : le maire de Saint-Ellier-les-Bois (Orne) visé par une action de l’association Mouv’Enfants

, Municipales 2026 : le maire de Saint-Ellier-les-Bois (Orne) visé par une action de l’association Mouv’Enfants

Une manifestation contre Edgard Moulin, maire de Saint-Ellier-les-Bois, a été organisée ce vendredi 6 février pour dénoncer sa candidature aux élections municipales 2026. L’association Mouv’Enfants rappelle la mise en examen de l’élu pour des faits à caractères sexuels

Saint-Ellier-les-Bois, village de 260 habitants près de Carrouges dans l’Orne, a fait l’objet d’un “live” sur les réseaux sociaux de l’association Mouv’Enfants (association de lutte contre les violence faites aux enfants et aux adolescents). Cinq militants se sont rassemblées devant la mairie pour exprimer leur indignation. “Le maire sortant est candidat à sa réélection alors qu’il est mis en examen pour des faits d’une extrême gravité : viol commis sur une personne se livrant à la prostitution, proxénétisme aggravé, recours habituel à la prostitution de mineurs » a longuement énuméré, face caméra et micro en main, Suzanne Frugier, secrétaire générale de l’association Mouv’Enfants.Pour ces militants, un candidat visé par une enquête judiciaire devrait être disqualifié d’une élection. “En tant qu’élu, maire ou dans d’autres fonctions, on se doit d’être vraiment exemplaire” estime Raymond, l’un des membres de l’association. “Ici le maire est entaché par une enquête, pour sortir de ce flou, de cette espèce de capharnaüm malsain, le maire devrait se retirer de lui-même ».

Au-delà des propos, il y a aussi des images chocs : des pancartes qui présentent le maire comme un tortionnaire et un prédateur alors que l’homme n’a pas été condamné. Mais Suzanne Frugier ne craint pas une poursuite pour diffamation. “Si monsieur le maire veut nous attaquer, qu’il le fasse. Oui il faut laisser la justice faire son travail. Mais voilà, à un moment donné, quand on est mis en cause sur des faits aussi graves, on ne se présente pas à une élection, tout simplement”.Edgard Moulin, maire depuis 2020, a annoncé le 17 janvier son intention de briguer un nouveau mandat. Cette déclaration dans cette posture de candidat mis en examen a déclenché de nombreux reportages dans la commune. Dur à accepter pour deux habitantes, venues à la rencontre des manifestants. Elles vivent mal cette histoire et l’image renvoyée. “Ce matin mon petit déjeuner est passé de travers quand j’ai vu La Dépêche du Midi. Le journal disait que cela avait l’air de gêner personne que le maire qui soit impliqué dans toutes ces affaires et se représente. Moi oui ça me gène !” insiste cette femme qui ne souhaite pas être photographiée ou filmée. “Le problème, c’est qu’il n’y a pas d’autre liste. Personne n’a envie d’être maire” poursuit l’autre habitante, elle-aussi marquée par le tourbillon médiatique dans la commune, et soucieuse de rester anonyme “parce que c’est compliqué en ce moment dans le village”. Aucun habitant n’a directement participer à la manifestation. Les militants sont arrivés dans des voitures immatriculées hors de Normandie.De son côté, le maire de Saint-Ellier-les-Bois n’a pas voulu réagir à notre micro mais il dit faire confiance à la justice pour l’innocenter. L’affaire avait éclaté après une agression subie à son domicile le 12 janvier 2025. Cinq personnes, deux hommes et trois femmes, l’avaient molesté pour lui dérober de l’argent. La thèse d’une possible expédition punitive est apparue quand une partie du groupe a été interpellée le 5 mars. Trois femmes, dont une mineure, avaient porté les accusations les plus graves (viol commis sur une personne se livrant à la prostitution, proxénétisme aggravé, recours habituel à la prostitution de mineurs) contre l’élu. Edgard Moulin a été  et placé en détention provisoire puis libéré le 28 octobre. Depuis, deux des accusatrices ont été condamnées par le tribunal judiciaire d’Alençon à 24 mois de prison avec sursis pour le home-jacking. La dernière, mineure, doit comparaître devant une autre juridiction.