Municipales 2026 à Toulouse : « Ils ont souillé l’hommage aux victimes », François Piquemal dénonce des insultes et des coups, le maire répond

l’essentiel Au lendemain des incidents lors de la cérémonie en hommage aux victimes des attentats de mars 2012, élus de gauche et maire de Toulouse livrent des lectures opposées des faits.

Le moment se voulait solennel, il a viré à la controverse. Jeudi, lors de la commémoration des attentats de mars 2012 à Toulouse, plusieurs élus ont été pris à partie, dans un climat décrit comme « indigne » par l’opposition municipale.

Dans un courrier adressé au maire, François Briançon et Vincent Gibert, élus d’opposition, évoquent « des injures », « des menaces de mort » et « des violences physiques », allant jusqu’à « des bousculades et des crachats ».

François Piquemal et Hadrien Clouet, députés de Toulouse.
François Piquemal et Hadrien Clouet, députés de Toulouse. DDM – ADRIEN NOWAK

« Ce sont des partisans de M. Moudenc qui étaient présents […]. Des élus étaient à côté de personnes qui nous insultaient, voire nous menaçaient de mort, sans intervenir », a affirmé le député François Piquemal en marge d’une conférence de presse de campagne, ce vendredi 20 mars.

« Je pense que c’était organisé. Il y avait une centaine de personnes qu’on ne voit jamais habituellement à cette cérémonie. Pour moi, ils ont souillé l’hommage aux victimes. »

Plainte demandée et critiques sur l’organisation

Face à ces faits, François Briançon demande que la Ville saisisse la justice : « En tant qu’organisateur, il lui revient de porter plainte. » Dans leur lettre, les élus estiment que la municipalité n’a pas « pleinement assuré » sa responsabilité d’organiser la cérémonie dans de bonnes conditions.

Les personnalités lors de l’hommage aux victimes des attentats islamistes de 2012.
Les personnalités lors de l’hommage aux victimes des attentats islamistes de 2012. DDM – ADRIEN NOWAK

Les deux responsables pointent aussi un changement de protocole. « Complètement inhabituel », selon François Briançon. « Sciemment modifié » pour exposer certains élus aux huées, avance François Piquemal, qui évoque une « instrumentalisation politique ».

« D’habitude, les élus se regroupent à la sortie du Capitole et arrivent ensemble, a souligné François Briançon. Là, on nous a demandé de nous installer avant, ce qui est complètement inhabituel. Le maire et le préfet sont arrivés seuls, ce qui n’était jamais arrivé auparavant. »

La mairie dénonce une « politisation outrancière »

Le maire Jean-Luc Moudenc rejette ces accusations et renverse la lecture des événements. Il évoque « un contexte tendu par la radicalité des propos » du chef de file insoumis et une cérémonie « pour la première fois […] théâtre malheureux d’une politisation outrancière ».

Selon lui, un dispositif de sécurité renforcé était en place, associant police nationale et municipale. Des personnes ont bien « hué et insulté » certains élus, reconnaît-il, mais les policiers municipaux « sont intervenus tout au long de l’hommage pour préserver la dignité et calmer les esprits », évitant des heurts.

Désaccord sur le protocole et les responsabilités

La mairie conteste fermement toute modification du protocole. Les services auraient « scrupuleusement respecté » les règles en vigueur depuis 2014. Mettre en cause leur impartialité relèverait, selon l’édile, d’un « profond mépris » pour les agents municipaux.

Jean-Luc Moudenc affirme pour sa part s’être « recueilli en silence », dans le respect dû aux victimes.

Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.
Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc. DDM – ADRIEN NOWAK

Pas de plainte de la ville

Enfin, le maire écarte la demande de dépôt de plainte par la collectivité : « La mairie n’ayant subi aucun préjudice, elle ne peut déposer plainte. » Une position qui tranche avec celle des élus d’opposition, qui envisagent des démarches individuelles.

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