La participation du Rassemblement national à la panthéonisation de Missak Manouchian, ce mercredi 21 février, a fait grincer des dents. Elle est pourtant l’aboutissement, selon le politologue Pascal Perrineau, de la stratégie de dédiabolisation entreprise par Marine Le Pen depuis 2012.
L’annonce de sa présence n’a pas manqué d’enflammer les débats. La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, était présente ce mercredi lors de l’hommage à Missak Manouchian, résistant communiste panthéonisé, après une semaine marquée par les polémiques liées à sa participation à cet hommage républicain.
Pourquoi le RN était-il persona non grata ? Quels liens entretient le parti d’extrême-droite avec la collaboration ? De quoi sa participation à cet hommage est-elle le nom ? Les éclairages de Pascal Perrineau, politologue et spécialiste de l’extrême-droite en France et en Europe.

Le RN est régulièrement décrié pour son passé collaborationniste. Pourquoi ?
Quand le Front national est né en 1972, Jean-Marie Le Pen avait un objectif clair : rassembler les différentes factions de l’extrême-droite. On pouvait donc y trouver des gens qui étaient en bisbille avec l’idée même de République : il y avait des royalistes, des néo-fascistes, des nostalgiques de la collaboration… Il n’y avait bien sûr pas que ça, mais on sait bien que d’anciens collaborateurs avaient par exemple des postes éminents dans le parti. Et si on ajoute à cela les nombreuses provocations de Jean-Marie Le Pen…
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Est-ce toujours le cas aujourd’hui ?
Plus du tout, puisque le RN a connu deux grandes vagues de « purge » : une première liée à l’âge – la plupart des anciens collaborateurs étaient déjà assez vieux en 1972, et sont donc décédés depuis – et une seconde liée à la volonté de Marine Le Pen de se séparer des extrémistes les plus encombrants. Au fond, depuis 2012 et l’arrivée de Le Pen fille, tout ceci n’est plus vraiment au cœur de l’idéologie du parti.
Étiez-vous étonné d’apprendre que le RN maintenait sa participation à cet hommage ?
Pas vraiment, car cela s’inscrit dans la continuité de la stratégie de Marine Le Pen. Le chef de l’Etat a beau affirmer qu’elle n’est pas le bienvenu, elle n’en demeure pas moins la présidente d’un groupe parlementaire important… Finalement, elle a autant le droit d’être là que La France Insoumise à l’hommage à Robert Badinter.
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Le RN, pour sa défense, affirme entre autres qu’il n’est pas le seul parti à avoir compté d’anciens collaborationnistes dans ses rangs. Est-ce vrai ?
Des collaborateurs, il y en a eu dans tous les partis. On pense à Maurice Papon, à droite, ou, dans une autre mesure, à François Miterrand à gauche. Par exemple, Jacques Doriot, le dirigeant du seul parti fasciste ayant jamais vraiment existé en France, était lui-même un ancien communiste… Donc affirmer, comme le fait que le RN, que la collaboration a touché toutes les forces politiques n’est pas forcément faux. Mais il y a tout de même eu une surreprésentation de ces gens dans les rangs de l’extrême-droite collaborationniste.
Certains élus du RN se revendiquent aujourd’hui du gaullisme. Comment analyser ce changement de cap de la part d’un parti autrefois farouchement opposé aux idées du général de Gaulle ?
De Gaulle disait souvent : « Ils seront tous gaullistes quand je serai mort ! »… Je crois qu’il y a de cela. Aujourd’hui, tous les partis font le pèlerinage vers Colombey (la commune où repose le Général, NDLR), et tout le monde se réclame plus ou moins du gaullisme… Chez le RN, je crois qu’il y a aussi une dimension nationale : De Gaulle était un homme politique qui revendiquait ouvertement son nationalisme, donc on comprend tout à fait pourquoi Marine Le Pen et son parti se l’approprient.
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