Médias : pourquoi C8 va disparaître de la TNT

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Si elle est d’une fermeté inédite, la décision de l’Arcom d’écarter C8 de la TNT n’est pas une surprise. L’audition des dirigeants de la chaîne par le régulateur de l’audiovisuel, le 9 juillet avait été tendue, alors que l’exercice est habituellement feutré. Les neuf membres de l’Arcom (1) n’avaient pas dissimulé leur agacement face aux cadres d’un média sanctionné plus d’une trentaine de fois ces dix dernières années, à un rythme qui s’est accéléré depuis trois ans. Ceci malgré une batterie de mises en garde, en demeure, ou d’amendes.

« Sur les huit derni…

Si elle est d’une fermeté inédite, la décision de l’Arcom d’écarter C8 de la TNT n’est pas une surprise. L’audition des dirigeants de la chaîne par le régulateur de l’audiovisuel, le 9 juillet avait été tendue, alors que l’exercice est habituellement feutré. Les neuf membres de l’Arcom (1) n’avaient pas dissimulé leur agacement face aux cadres d’un média sanctionné plus d’une trentaine de fois ces dix dernières années, à un rythme qui s’est accéléré depuis trois ans. Ceci malgré une batterie de mises en garde, en demeure, ou d’amendes.

« Sur les huit dernières années, vous cumulez 7,6 millions d’euros de sanctions. La chaîne la plus sanctionnée après la vôtre, c’est 380 000 euros… Nous avons déjà eu cette discussion sur l’enjeu de la maîtrise de l’antenne. À chaque fois, vous nous avez expliqué que les incidents ne se reproduiraient pas. Et à chaque fois, ça revient », avait déploré Benoît Loutrel, membre de l’Arcom depuis 2021.

On avait senti pendant l’audition que le régulateur n’en resterait pas là. Et en effet, l’Arcom a annoncé ce mercredi ne pas retenir la candidature de C8, qui postulait pour une reconduction, pour dix ans, de son autorisation à occuper une fréquence de la TNT.

Deux nouvelles chaînes

Quinze fréquences sont réattribuées cette année. 24 candidats s’étaient positionnés. 13 chaînes ont été reconduites : BFMTV, LCI, W9, TMC… Deux sont écartées : C8 et NRJ 12, qui propose des programmes multidiffusés et dont l’audience a dégringolé.

Deux places libérées donc, au profit de deux nouveaux entrants sur la TNT, validés par l’Arcom : une chaîne tournée vers les territoires, « OFTV », portée par le groupe Ouest France, et une autre, RéelsTV, centrée sur les documentaires et les débats, soutenue par le milliardaire Daniel Kretinsky et son groupe CMI (« Marianne », « Franc-Tireur »…). Dans son communiqué, l’Arcom fonde sa décision sur « l’intérêt de chaque projet pour le public au regard de l’impératif prioritaire de pluralisme ».

Dans son communiqué, l’Arcom fonde sa décision sur « l’intérêt de chaque projet pour le public au regard de l’impératif prioritaire de pluralisme »

Ces nouvelles chaînes commenceront d’émettre en septembre 2025, tandis que C8 n’aura plus sa place sur la TNT à partir de mars. Ses programmes pourront toujours être diffusés sur Internet et sur les box. Mais sa visibilité, donc son attractivité pour les annonceurs, sera bien moindre. La TNT reste l’unique mode de réception de la télévision pour 20 % des foyers.

C8, 2,8 % d’audience en juin, juste derrière TMC (2,9 %), trébuche à cause des multiples dérapages de son animateur-roi Cyril Hanouna. Il aura fait la gloire et la perte de la chaîne : l’essentiel des sanctions de l’Arcom vise des séquences de « TPMP ». Lors de l’audition du 9 juillet, les patrons de C8 s’étaient engagés à renoncer au direct pour l’émission, en la diffusant à partir de septembre avec un léger différé, pour éviter les débordements. Les membres de l’Arcom ont jugé cette inflexion trop tardive pour être crédible.

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« L’impression s’était installée que les sanctions contre les chaînes du groupe Bolloré, C8 et CNews, même les amendes, étaient d’une efficacité nulle car leur propriétaire a énormément d’argent. Le régulateur ne pouvait pas ne pas réagir ! » note un bon connaisseur de l’audiovisuel.

Ajoutons qu’il s’agit d’une des dernières décisions de l’actuel président de l’Arcom, Roch-Olivier Maistre. À six mois de la fin de son mandat en janvier 2025, il envoie un signal fort aux éditeurs, et réhabilite l’autorité d’une instance qui, plutôt libérale dans sa régulation, se trouve souvent accusée de faiblesse.

« Censure »

« C8 est la seule chaîne à parler à toutes les générations partout en France. Quel mépris pour le public ! » s’est indigné, « sous le choc », Gérald-Brice Viret (2), directeur général du groupe Canal+, maison-mère de C8 et de CNews, qui, elle, malgré plusieurs controverses récentes, échappe au couperet de l’Arcom. Il faut dire que ses fortes audiences, en ascension, rendaient politiquement explosif un bannissement de la TNT.

Le verdict de l’Arcom a suscité des réactions très clivées chez les élus. « Censure » a déploré le patron des Républicains Éric Ciotti. « La gauche, qui ne supporte aucune remise en cause de son hégémonie culturelle, a eu le scalp de C8 en faisant pression sur une autorité indépendante », selon Jordan Bardella. « Satisfaction » en revanche du député Insoumis Aurélien Saintoul.

Le directeur de Reporters Sans Frontières, Thibaut Bruttin, a de son côté estimé que « l’Arcom tire les premières conséquences logiques des dérives des antennes contrôlées par Vincent Bolloré ».

(1) Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique.
(2) Contactés, les dirigeants de C8 ne souhaitent pas s’exprimer « à ce stade ».

CDCL : Un Bouclier pour nos Élus

L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.

CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.

Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.

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