« Que voteriez-vous entre un candidat du Nouveau Front populaire et du Rassemblement national ? » Les yeux tournés vers la majorité départementale, Pauline Louis-Joseph-Dogué (Finistère d’avenir EELV) questionne et s’offusque. « Quelle insulte de mettre sur un même plan le Rassemblement national et le Nouveau Front populaire ! »
Le débat politique était attendu. Il a eu lieu, durant plus de deux heures, et l’arc républicain des débuts s’est rapidement transformé en arc électrique. Maël de Calan, rappelant son combat historique contre l’extrême droite, avait ouvert la séance avec des mots forts, au terme d’un long propos politique. « La Bretagne peut et doit résister à cette vague populiste. »
La suite de l’analyse politique, associant le Rassemblement national et une coalition sous influence de La France insoumise, « deux forces extrémistes, les deux faces d’une même pièce », a divisé, relayant dans l’hémicycle un débat qui enflamme la scène nationale. « Entre un candidat du RN et un candidat de la gauche issu de cette assemblée, je n’hésiterai pas un instant pour mon bulletin, précise Maël de Calan. Je fais un signal égal car l’un et l’autre sont dangereux. Ce n’est pas une provocation. Chez les Insoumis, des candidats sont des antisémites et des fichés S. Leurs programmes sont si proches qu’on doit les combattre avec la même vigueur. On doit pouvoir défendre ses convictions sans s’allier avec le diable. »
La gauche cherche la faute
Le feu couve. Avant le premier tour du 30 juin, la gauche départementale insiste pour savoir qui fera barrage à l’extrême droite. Et cherche la faute. Kévin Faure, puis Ismaël Dupont (Finistère et solidaires) plaident leur cohérence. « Nous soutiendrons tous les candidats qui empêcheront le Rassemblement national de remporter une circonscription finistérienne. Cette position sera-t-elle partagée ? », appuie Kévin Faure, le chef de file de l’opposition qui, par « esprit de concorde », avait préalablement proposé un pacte commun pour lutter contre la démagogie.
Une initiative d’ouverture pas banale dans l’hémicycle, de manière à souligner la singularité de la séquence politique. L’élu brestois enchaîne néanmoins : « Pourquoi aussi peu d’actions de lutte contre les discriminations et l’isolement ? C’est un terreau pour la montée de la défiance et du rejet de l’autre. Il manque un cap et des réponses aux problématiques du quotidien ».
Votre position est inquiétante en soutenant une alliance qui va de François Hollande à Poutou.
« Je ne ferai jamais alliance avec l’extrême-droite »
La majorité est-elle au milieu du gué ? Alain Le Grand (majorité départementale), candidat des Républicains (LR) aux législatives dans la première circonscription, se lance et réplique : « Je défends les valeurs républicaines et je ne ferai jamais alliance avec l’extrême droite. Mais quid de vos valeurs ? Votre position est inquiétante en soutenant une alliance qui va de François Hollande à Poutou. Je suis halluciné par la position de certains ». Le ton est monté et Stéphane Le Doaré (Alliance pour le Finistère) apporte son écot aux débats. « Je suis contre Bardella et Mélenchon. Je ne juge pas les électeurs Rassemblement national qui en ont marre de tout. C’est à nous, élus, d’apporter des réponses. »
Pour la gauche, le compte n’y est pas. « Pour qui avez-vous voté aux européennes ? », questionne Kévin Faure à l’adresse de Maël de Calan. La réponse prend la forme d’un soutien à la tribune signée par Jean-Yves Le Drian, dénonçant l’alliance de gauche. « Dans ce contexte, les élus locaux ont la responsabilité de montrer que nos collectivités fonctionnent et qu’il n’est pas nécessaire de voter aux extrêmes et de tout casser pour que les choses changent. » CQFD.
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