
Déjà monnaie courante chez les adultes, la violence s’est également invitée sur les pelouses des plus jeunes. Lors d’un tournoi U10-U11 organisé vendredi 8 mai à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), un enfant de 9 ans a été violemment frappé au torse et au visage par plusieurs joueurs du même âge licenciés à l’AFC Creil (Oise). Depuis la révélation de ces faits, de nombreux commentaires haineux, injurieux et parfois racistes ont envahi les réseaux sociaux. Ce fait divers suscite également de nombreuses réactions politiques. Du président LR de Région Xavier Bertrand à la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale Marine Le Pen, chacun y va de sa déclaration publique. Interrogé par actu Oise, le maire LFI de Creil Omar Yaqoob regrette de son côté une « stigmatisation des jeunes issus des quartiers populaires » et un « déferlement de racisme inacceptable ».
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Rappel des faits
Alors que les Creillois menaient en score en finale de ce tournoi U10-U11, cinq joueurs s’en seraient pris à Matthéo, 9 ans. Le joueur s’est retrouvé au sol. Le club du Nord décrit un « balayage », une « mise au sol », et des « coups de pied à la tête et au corps ». « Un joueur de 9 ans passé à tabac par 5 adversaires », titre ainsi BFM TV.
Évacué sur brancard et transporté aux urgences, le petit Matthéo va mieux, et est sorti de l’hôpital. Il se remet depuis tranquillement chez lui, et va mieux, comme on peut le voir sur cette vidéo postée par son club, l’AS Auchy-les-Mines.
Mais la polémique, elle, n’en finit pas d’enfler.
Des personnalités d’extrême droite réagissent
Les débats se sont depuis largement exportés en dehors des terrains de foot, jusqu’à atterrir dans l’arène politique. « La violence n’a pas sa place dans le sport », s’est indigné le parti Reconquête d’Eric Zemmour dans le Pas-de-Calais, en diffusant une vidéo du jeune homme sorti sur brancard.
Même son de cloche pour Marine Le Pen (RN). « L’ultra-violence touche désormais des compétitions réservées à des enfants », s’est indignée dimanche sur X la cheffe de file du RN et députée du Pas-de-Calais.
« Comble de l’abjection, l’encadrant des agresseurs a refusé de donner leurs noms. Complicité ou pire, peur d’être lui-même victime de représailles encore plus graves ? », ajoute-t-elle.
Le maire LFI de Creil, Omar Yaqoob, n’a pas tardé à lui répondre, dénonçant « l’indécence absolue » de cette réaction.
Même le club du jeune blessé condamne la récupération politicienne de Marine Le Pen et le déferlement de racisme qu’elle inspire. Les clubs éduquent, accompagnent et sanctionnent quand il le faut. Vous, vous attisez la haine sur le dos d’enfants pour quelques points dans l’actualité. Creil est une ville populaire, digne et fraternelle. Elle mérite mieux que votre fonds de commerce politique.
Pris au milieu de ce feu médiatique, les deux clubs de leur côté appelé à l’apaisement, même si le mal semble déjà avoir été fait.
Le maire LFI de Creil le rappelle « qu’il s’agit de gamins de 9 ans ». « Pendant que Madame Le Pen fracture la nation, nous, on essaye de trouver des solutions », ajoute-t-il.
D’autant que depuis quelques heures, une vidéo de l’agression circule sur les réseaux sociaux, ravivant la polémique.
« Quand on voit les images on constate un certain décalage avec ce qui a été rapporté. On peut comprendre que l’éducateur ait sous-évalué la gravité de la situation. On le voit d’ailleurs tout de suite séparer les enfants », estime Omar Yaqoob, qui laisse « chacun se faire sa propre opinion ».
Il tient toutefois à préciser : « Je ne légitime bien entendu aucune forme de violence. Celle-ci n’a évidemment pas sa place sur un terrain de football ».
Dans ce contexte, la municipalité travaille actuellement à l’élaboration d’une charte visant à renforcer les valeurs sportives auprès des jeunes. « Un terrain de football est un lieu d’éducation et d’émancipation, où doivent être transmises des valeurs comme le respect », souligne l’édile creillois.
L’AS Creil et promet des « mesures disciplinaires » et ouvre une enquête interne
Le comité directeur de l’AFC Creil, le club présidé par Slimane Layadi, a lui publié un communiqué dans la journée de dimanche, revenant sur ces incidents, dans la journée de dimanche.
Jean-Claude Villemain (PS), ancien maire de la commune, a salué cette réaction. « Ce communiqué est le bienvenu. Il est la preuve que l’AFC CREIL poursuit une politique visant le respect de l’autre. Le club comme toutes les associations n’est pas à l’abri d’actes violents. Il faut être vigilant et savoir réagir. »
Le club du sud de l’Oise se dit quoi qu’il en soit « profondément attristé et préoccupé » par les faits rapportés et annonce avoir ouvert une enquête interne pour faire toute la lumière sur cette agression. « Le club prendra, avec la plus grande fermeté, toutes les mesures disciplinaires nécessaires à l’encontre des personnes concernées », assure l’AFC Creil.
« Aucun enfant ne doit vivre une telle situation dans le cadre d’un événement sportif »
Notre association condamne sans réserve toute forme de violence, qu’elle soit physique, verbale ou comportementale, sur et autour des terrains de football. Les valeurs de respect, d’éducation, de fair-play et de solidarité doivent rester au cœur de la pratique sportive, en particulier chez les plus jeune.
Des excuses sont également adressées à la victime ainsi qu’à sa famille.
« Nous tenons à adresser nos sincères excuses à Matteo, à sa famille ainsi qu’au club de l’AS Auchy-les-Mines pour les faits survenus et les conséquences qu’ils ont pu engendrer. Aucun enfant ne doit vivre une telle situation dans le cadre d’un événement sportif ».
Le communiqué ne s’arrête pas là, puisque le club a également tenu à « dénoncer avec fermeté les nombreux propos haineux, injurieux et à caractère raciste » qui ont déferlé sur les réseaux sociaux par rapport à cet incident.
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Dernier rebondissement en date, le préfet du Pas de Calais a annoncé qu’il avait l’intention de saisir le parquet avec les éléments dont il dispose « afin que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient établies au plan pénal ».
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