Le banc, le boudin et l’indécence

Le dernier chef-d’œuvre en date ? Les nouveaux bancs publics. Ou plutôt, des espèces de boudins urbains, posés là comme des déjections géantes d’un mammouth, fruits d’un délire esthétique et d’un mépris bien réel.

Inconfortables, informes, visuellement répulsifs, ils donnent à la plus belle rue de Lyon des airs de terrain vague post-soviétique. Mais il paraît que c’est beau. Que c’est “pensé pour tous”. Sauf qu’en réalité, c’est pensé contre tout bon sens.

Parce que ces bancs ne sont pas seulement laids, ils sont inutilisables. Beaucoup trop bas, ils privent de repos les personnes âgées, les personnes handicapées, les femmes enceintes, ou simplement celles et ceux qui ont le malheur d’avoir un dos, des genoux ou un soupçon de dignité.

Pour s’y asseoir, il faut s’effondrer ; pour s’en relever, prier. Le mobilier public devient ici une épreuve physique, une punition pour piéton.

Déjà, il faut savoir que ce sont des bancs.

Et pendant ce temps-là, nos impôts — oui, ces impôts qui explosent au rythme des taxes locales — financent cette absurdité à prix d’or. Car bien sûr, ces boudins n’ont rien de bon marché. On parle de mobilier “conçu sur mesure”, “intégré au paysage urbain”, “écoresponsable” probablement — traduction : hors de prix, inutile, et imposé sans concertation.

La Métropole de Lyon, dirigée par les écologistes et Bruno Bernard avec l’aval de Grégory Doucet, est directement responsable de cette farce. Depuis leur arrivée, le “réenchantement de l’espace public” est devenu un crédo. En pratique, cela donne : tissages grotesques place Bellecour, zones piétonnes désertifiées, mobilier urbain fous, et maintenant ces bancs-boudins à la limite de l’insulte. Le tout sous couvert de transition, de durabilité et de participation citoyenne (à condition que le citoyen se taise).

Mais où sont donc passés les Bâtiments de France, si prompts à interdire une persienne sobre dans un immeuble classé, ou à refuser à un Lyonnais accablé par la chaleur l’installation de stores ou de clim discrète ? Ils ferment les yeux devant ces monstruosités posées en plein cœur historique. Le patrimoine, apparemment, n’a plus besoin d’être protégé — à condition que ce soit moche au nom du progrès.

Bientôt l’UNESCO va nous rayer de ses villes, patients mais pas fou.

Résumons : les Lyonnais paient toujours plus pour une ville toujours moins accueillante, toujours plus enlaidie, et de plus en plus hostile aux plus fragiles. Voilà l’écologie punitive dans sa forme la plus concrète : elle prend la forme d’un banc, sur lequel vous ne pouvez même pas vous asseoir.

Lyon mérite mieux. Ses habitants aussi.

Farid Ben Moussa

Conseiller municipal de Vénissieux

CDCL : Un Bouclier pour nos Élus

L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.

CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.

Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.

Engagez-vous avec CDCL

Pour en savoir plus sur les actions de CDCL et sur la manière dont cette association contribue à protéger nos élus, nous vous encourageons à visiter leur site web.

Source de l’article : Source