L’abbé Pierre accusé d’agressions sexuelles : un jardin bientôt dénommé à Paris, une première depuis dix ans

, L’abbé Pierre accusé d’agressions sexuelles : un jardin bientôt dénommé à Paris, une première depuis dix ans

Voir mon actu

Après les révélations accusant l’abbé Pierre d’agressions sexuelles et de viols, se pose la délicate question de son héritage, à commencer par la présence de son nom dans l’espace public. Alors que la fondation abbé Pierre a annoncé qu’elle allait changer d’appellation, la Ville de Paris a également affirmé sa volonté de débaptiser un jardin situé dans le 13e arrondissement portant le patronyme du fondateur d’Emmaüs, qui fut pendant de longues années la personnalité préférée des Français. 

À lire aussi

« On va dénommer ce jardin »

La dénomination d’une voie ou d’un équipement étant une compétence municipale, Patrick Bloche, premier adjoint d’Anne Hidalgo, a confirmé « sans ambiguïté » l’intention de la Ville au sujet des jardins Abbé-Pierre – Grands Moulins, situés rue Thomas-Mann. « On est en lien avec la fondation Emmaüs. On va évidemment dénommer ce jardin », a confirmé l’élu. Cette dénomination fera l’objet d’une prochaine délibération lors d’un Conseil de Paris. « Cela va se faire rapidement », a-t-il promis lors d’un point presse lundi 16 septembre 2024.

Si elle n’est pas inédite, cette décision de débaptiser un lieu reste relativement exceptionnelle dans l’histoire récente de Paris. « On le fait avec parcimonie, contextualise Karen Taïeb, adjointe en charge du patrimoine et de l’histoire de Paris. « On l’a fait lors de la précédente mandature sous Bertrand Delanoë, en dénommant un lieu qui portait le nom d’un esclavagiste pour le remplacer par le nom d’un esclave », indique-t-elle, en référence à la rue Richepanse, renommée rue du Chevalier de Saint-Georges en 2001.

Depuis cette date, une autre rue, un square et un collège ont aussi changé de nom. Un processus de débaptisation est en cours concernant l’avenue Bugeaud (16e), du nom d’un maréchal de France qui avait commis des exactions durant la colonisation de l’Algérie à l’époque de la monarchie de Juillet.

« Une douche froide »

Changer le nom d’un lieu est donc possible, indique l’adjointe. « C’est toujours très regrettable. L’Histoire est parsemée de choses terribles et atroces auxquelles on ne s’attend pas. »

Vidéos : en ce moment sur Actu

Depuis la sortie, en juillet 2024, d’une enquête commanditée par Emmaüs International dans lequel sept femmes témoignent d’agressions sexuelles et de faits graves visant l’abbé Pierre, 17 nouvelles accusations, rendues publiques par Emmaüs et la Fondation Abbé Pierre témoignent de nouveaux faits, dont des viols, touchant parfois des mineures.

Des révélations vécues comme « une douche froide pour tout le monde, parce que ce nom a toujours été encensé, a réagi Karen Taïeb. Il a toujours fait partie des meilleurs de ce monde, des exemples en termes d’humanisme et de solidarité. C’est une grande déception pour beaucoup de gens, et sans doute encore plus pour les catholiques de France. »

Selon La Croix, on compterait près de 600 lieux en France portant le nom de l’ecclésiastique. Nombreux sont ceux qui vont être prochainement retirés des façades.

Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

Source: Source