Depuis la publication d’un dessin dénonçant la famine à Gaza, lundi, dans “Libération”, la journaliste rescapée en 2015 de l’attentat contre “Charlie Hebdo” reçoit insultes et intimidations. Plusieurs députés insoumis l’ont aussi attaquée.

La dessinatrice de presse Corinne Rey, alias Coco, à Paris en 2021. Photo Joël Saget/AFP
Publié le 13 mars 2024 à 16h08
Esprit Charlie, où es-tu ? Loin, trop loin, à lire, estomaqués, sur les réseaux sociaux, les tristes messages de haine contre la caricaturiste Coco. Elle s’est fendue d’un dessin en noir et blanc paru lundi 11 mars en page 23 du quotidien Libération : « Ramadan à Gaza. Début d’un mois de jeûne ». Un personnage affamé court après des rats, un autre en djellaba le stoppe en lui intimant : « Pas avant le coucher du soleil ! »
Chacun est libre de le juger noir, percutant, raté, drôle, absurde, dérangeant, féroce, c’est selon. Mais c’est le principe absolu de la caricature, et les menaces terrifiantes contre son autrice sont inacceptables. Coco, habituée à brocarder les religions et placée depuis longtemps sous protection policière, a été contrainte de justifier ses intentions. « Un dessin (que j’assume parfaitement !) qui souligne le désespoir des Palestiniens, dénonce la famine à Gaza et moque aussi l’absurdité de la religion », a-t-elle détaillé, mardi sur X (ex-Twitter), joignant à sa publication un « petit florilège » des violences reçues.
Florilège, donc ? « Je te souhaite le pire dans ta vie, ignoble personnage. Ils auraient dû te liquider le 7 janvier », lui écrit une anonyme, quand un autre lui prédit qu’elle sera « bientôt abattue ». Des menaces prises « très au sérieux » par la direction de Libération et son personnel. « Ces attaques envers notre consœur ne doivent en aucun cas être banalisées », prévient le quotidien.
Parmi le flot d’insultes et d’intimidations, ces mots d’une responsable politique : « Vous n’aurez pas notre haine mais vous la méritez », signés Sophia Chikirou. La députée LFI instrumentalise là la formule d’Antoine Leiris, « Vous n’aurez pas ma haine », après la mort de sa femme dans les attentats du Bataclan. Deux autres élus insoumis, Sarah Legrain et Carlos Martens Bilongo, ont embrayé.
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Coco, prise en otage au siège du journal Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 par les frères Kouachi, est une rescapée de l’attentat qui a décimé la rédaction de l’hebdomadaire et conduit près de quatre millions de Français dans la rue, pancarte « Je suis Charlie » à la main. Une communion pour défendre la liberté d’expression chère aux démocraties, et l’idée salvatrice que l’outrance, la satire, le blasphème en sont des piliers. Près de dix ans après, qu’en reste-t-il ? Ce consensus, déjà relatif en 2015, apparaît très fragile. Si Coco a aussi reçu de nombreux messages de soutien, la satire et le dessin de presse, même dans la France de 2024, demeurent des arts dangereux.
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