Quand et comment Vannes (Morbihan) a-t-elle été libérée pendant la Seconde Guerre mondiale ?
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Des rumeurs de Débarquement
Le Débarquement de Normandie se déroule le 6 juin 1944. D’après des témoignages recueillis par l’historien et élu François Ars, le bruit des batailles est perçu jusqu’à Vannes. Après la percée des Alliés sur Avranches à la fin du mois de juillet 1944, les Allemands sont de plus en plus « nerveux ».
Il y a de plus en plus d’arrestations, de fusillades et de réquisitions de vélos.
La majorité des Allemands partent dans la nuit et au petit matin
Le 3 août 1944, les Vannetais sentent que quelque chose se passe. « Les Allemands déménagent les bâtiments occupés. Dans la nuit du 3 au 4 août, ils quittent la ville-préfecture », indique François Ars.

Et pour cause, comme le rappelle l’historien Olivier Porteau, le général Fahrmbacher donne l’ordre aux soldats de se replier. Le hasard fait qu’un message diffusé le 3 août 1944 sur la BBC donne le signal de l’insurrection générale en Bretagne. Le code : « Le chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros ? »
En partant, les Allemands mettent alors le feu à la caserne de la Bourdonnaye (qui appartenait au 116ᵉ régiment d’infanterie), à l’usine à gaz route de Conleau, au grand séminaire et au parc à fourrage route de Nantes.

« C’est une supposition, mais ils auraient peut-être préparé le dynamitage de la préfecture. On aurait trouvé des munitions explosives dans les caves d’après des sources orales », avance l’historien François Ars.
Le matin du 4 août 1944
Plusieurs événements marquants vont se dérouler le 4 août. « A 10 h du matin, le Feldkommandant allemand quitte la préfecture par la rue du Roulage après une ultime cérémonie. On ramène pour la dernière fois le drapeau nazi », dévoile l’historien et élu François Ars.
Un autre drapeau, le Français, est hissé peu après 10 h à l’initiative du préfet pétainiste Constant. La Marseillaise est entonnée. L’Histoire retient ce moment comme la Libération de Vannes.
Mais c’est encore fragile.
Les départs des Allemands s’échelonnent tout au long de la journée. Un incendie démarre dans le grand séminaire rue Monseigneur Tréhiou. En traversant la ville, un Allemand tue un jeune de 15 ans avec une mitraillette depuis un side-car.
Retour du maire Maurice Marchais
Edmond Gemain est maire par « obligation » pendant l’Occupation. En effet, Maurice Marchais a été révoqué de ses fonctions en 1941 après avoir insulté Pétain de « vieille ganache ».
Comme convenu en amont, Edmond Gemain va chercher Maurice Marchais dans sa résidence surveillée. Vers 10 h 30, l’ancien maire préside le lever de couleurs et prononce un discours devant l’hôtel de Ville.
Les éclaireurs américains arrivent en fin d’après-midi
Autre personnage important : Jacques Onfroy, préfet de la Libération. Arrivé à Vannes quelques semaines auparavant, il doit se faire discret rue Alfred Roth, près du plateau de la Garenne.
Il a été désigné par le général De Gaulle. Son objectif : aller à la préfecture avant que les Américains installent leur administration. « Le 4 août, il se présente à la préfecture. Il vire le préfet Constant. Jacques Onfroy organise une cérémonie pour honorer les morts de 14-18 lors d’une manifestation patriotique. En pleine cérémonie, deux jeeps américaines avec cinq soldats à bord débarquent », relate François Ars.
La poignée d’Américains retournent prévenir l’État-major positionné à Theix au Talhouët.
Parade des Américains le 5 août
La colonne de chars du général John Shirley Wood arrivera dans les rues de la cité des Vénètes le matin du 5 août 1944. « C’est un vrai défilé avec 20 à 30 blindés », dévoile François Ars. Mais les Américains repartent aussi vite qu’ils sont arrivés :
George Patton (commandant de la 3ᵉ armée américaine) comme Wood, ce sont des « cow-boys ». Ils veulent de la castagne. Patton est vexé qu’Eisenhower veuille qu’ils libèrent la Bretagne. C’est un cul-de-sac pour Patton. Il n’a pas de temps à perdre, il veut foncer vers l’est, là où la guerre va se gagner.
Tentative de retour des Allemands
Mais, la paix n’était pas encore totalement acquise dans la cité des Vénètes. Après l’ordre de quitter Vannes, les Allemands ont le contre-ordre du haut quartier général de réunir les poches de Lorient et de Saint-Nazaire. Quelle ville se trouve entre les deux ? Je vous le donne en mille.
Les Allemands tentèrent de reprendre la ville le 6 août. L’intervention des chars américains du général Wood et les combats dans le secteur de l’avenue de la Marne et du Fourchêne stoppèrent la progression ennemie.
Les 500 à 600 Allemands et leur équipement de défense anti-aérienne (DCA) installés sur des camions dirigés par le colonel Borst ne font pas le poids face aux chars américains. Les écrits de l’officier allemand Wilhelm Fahrmbacher témoignent d’une débâcle avec la perte (morts et prisonniers) de la quasi-totalité de ses troupes. C’est enfin terminé. Il n’y aura plus de combats* dans les rues de Vannes. « Il y aura tout de même une présence militaire des Alliés bien après la Libération », précise le professeur Yves-Marie Evanno.
Une chose unique en France se déroule lors de la Libération de Vannes selon l’historien Olivier Porteau :
Il y a la présence des trois formes de résistances : les résistants-combattant, les Forces françaises de l’intérieur (FFI), la résistance civile et les parachutistes du Special air service (SAS) du colonel Bourgoin qui interviendront à Saint-Marcel et qui feront leur entrée dans l’après-midi du 8 août à Vannes.

L’euphorie de la Libération et le retour à la réalité
« C’est l’euphorie. On pleure. On s’embrasse. On va boire un coup dans les cafés. Après quatre ans d’Occupation et d’interdictions, c’est la liberté retrouvée », résume François Ars.

À tel point que le retour au travail se fait attendre. « Il y a des appels au civisme, car, une semaine après, les gens ne sont pas toujours pas retournés au travail. Cela accentue les difficultés économiques », révèle l’historien.
Les sacs de farine à l’arsenal ont été pillés lors de la fuite des nazis. :
Dans la presse, on invite les gens à les ramener en disant qu’ils ont été empoisonnés. C’était certainement faux. Il fallait faire peur. Les Vannetais ne manqueront pas de pain jusqu’à la fin du mois d’août.
Essence, lait, beurre, sucre… Les pénuries débutent rapidement. Les tickets de rationnements arrivent vite et resteront jusqu’en 1949 selon Olivier Porteau.
« On interdisait de faire des gâteaux pour ne pas gâcher le sucre qui était réservé aux enfants, aux seniors et aux travailleurs », ajoute François Ars. Yves-Marie Evanno rappelle que la poche de Saint-Nazaire empêche l’approvisionnement en sel depuis Guérande, si précieux dans la cuisine en Bretagne.
« Il y a plus de destruction lors de la Libération que lors de la conquête de Vannes. Routes, ponts, rails, usines ont été sabotées ou détruites », énumère l’historien.
La liberté retrouvée, les difficultés du quotidien reviennent rapidement.
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