
Le maire de Goudargues, Fred Malher, a comparu ce mardi 24 mars 2026 pour agression sexuelle par personne en état d’ivresse manifeste. Il a écopé de huit mois avec sursis probatoire et le tribunal l’a déclaré inéligible pour deux ans. Appel de la défense.
Le maire de Goudargues, nouvellement réélu, a comparu ce mardi 24 mars 2026 pour des faits d’agression sexuelle, en l’occurrence ceux d’avoir imposé des baisers à une femme alors qu’il était alcoolisé. La victime était, elle, installée sur le banc des parties civiles pendant que Fred Malher, 45 ans, écoutait la présidente David effectuer la synthèse de sa personnalité.
Pour la procureure de la République adjointe, Nathalie Welté, « maire ou pas maire », personne ne doit imposer des baisers à quiconque. Et de souligner que le maire a indiqué avoir été confronté à une « polytoxicomanie » et à de la consommation d’alcool. Mais aussi que le casier judiciaire de l’élu est noirci par plusieurs condamnations pour des conduites en état d’ivresse en 2017 et 2013 et en 2019 avec une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité pour récidive de conduite sous stupéfiants. La présidente le précisera qu’à chaque fois l’élu a bénéficié d’une dispense d’inscription au bulletin numéro deux du casier judiciaire.
« Le consentement a été clairement refusé »
Et la présidente de rappeler que le prévenu a dit avoir du mal avec la qualification pénale retenue « agression sexuelle ». Finalement, la présidente demande alors comment la justice pourrait qualifier ces faits autrement que par des agressions sexuelles et le prévenu reconnaît que la qualification (agression sexuelle par personne en état d’ivresse manifeste) correspond à son comportement.
Le maire a indiqué avoir été confronté à une « polytoxicomanie » et à de la consommation d’alcool.
Les faits reprochés remontent ainsi au 13 octobre 2024 et au 14 septembre 2025. Le quadragénaire aurait imposé à deux reprises des baisers sur la bouche l’une de ses administrées. Alors qu’il était, dit-il, alcoolisé il l’aurait confondue avec sa femme.
À la barre, la victime qui s’est constituée partie civile évoquera, elle, sa souffrance et son désarroi face aux baisers forcés. « Le consentement a été clairement refusé », tranche la plaignante, qui avait été invitée à une soirée dans une guinguette. De son côté, son avocate Me Manon Casteran a souligné les conséquences réelles sur le plan psychique pour sa cliente qui « ne veut plus que cela se reproduise. »
La procureure estimera alors que les excuses ne sont pas suffisantes pour ne pas induire une déclaration de culpabilité. « Il incarne l’autorité publique, quand on est titulaire de cette autorité, la justice ne peut pas accepter qu’une personne dirige un village, c’est totalement inconciliable », note encore la magistrate du parquet. « Il a été condamné à deux reprises, je demande huit mois avec sursis probatoire », avec obligation de soins et interdiction d’entrer en contact avec la victime.
Inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles
Et d’ajouter une période d’inéligibilité de deux ans. Me David Mendel, l’avocat du maire, plaidera, lui, la personnalité de ce prévenu qui a traversé des difficultés, que le village lui a fait confiance en connaissance de cause et que la population sait que « c’est un bon maire ». Il demandera au tribunal d’écarter la peine d’inéligibilité : que le public ait connaissance de cette affaire, « c’est bien assez ».
À 18 h 30, le tribunal rendra son délibéré : Fred Malher écope alors de huit mois avec sursis probatoire avec obligation de soins et d’entrer en contact avec la victime. L’élu est aussi inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Il est aussi déclaré inéligible durant deux ans « au regard de la particulière gravité des faits ». Me David Mendel indiquera alors que son client ferait appel de « la peine et non pas de la culpabilité ». La décision d’inéligibilité n’est pas applicable immédiatement puisque le tribunal n’a pas prononcé d’exécution provisoire.
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