De quoi parle-t-on ?
La notion de violence politique est un terme fourre-tout, qui n’est pas reconnu en droit. Il a surtout été étudié dans le domaine des sciences sociales. Il englobe, selon le sociologue Philippe Braud, les « destructions (ou) atteintes physiques dont le but, le choix des cibles ou des victimes, la mise en oeuvre et/ou l’effet ont une signification politique (et) tendent à modifier le comportement des protagonistes. » (*) Le terme de violences politiques revêt des réalités protéiformes, de l’injure au meurtre en passant par la dégradation de symboles de l’État (la police), du Capital (les banques) oui sociétaux (locaux associatifs, politiques…). *Violences politiques, Philippe Braud, éditions Points, 2004
Montrer qu’ils existent
Parmi les derniers nés des collectifs issus de la mouvance de l’ultra-droite figure l’Oriflamme. Issu d’une scission avec l’organisation royaliste Action française en 2022, le groupe revendique une cinquantaine de sympathisants.
À titre de comparaison, en 2017, la mouvance de droite radicale à Rennes comptait « seulement » une grosse dizaine d’individus, selon une précédente enquête du Mensuel de Rennes en avril 2017). « Nos idées progressent, notre mouvement grandit, confirme l’Oriflamme. Nous avons du mal à répondre à toutes les demandes. »
Cependant, sur le terrain, Rennes demeure la chasse gardée de la gauche radicale. Dans cette guerre de territoire et d’influence, l’enjeu, pour les activistes d’extrême droite, est de montrer qu’ils existent.
Ce sont des techniques scélérates, ils attaquent dans le dos.
Comment ? En prenant à partie des sympathisants de gauche. Ces derniers mois, ce type d’agressions a connu un regain. En juin 2023, des militants LFI et du Parti de gauche ont été sèchement agressés alors qu’ils collaient des affiches à Rennes. En mars de la même année, des étudiants ont été frappés en pleine nuit alors qu’ils arrachaient des affiches de l’Oriflamme à Beaulieu. « Ce sont des techniques scélérates, ils attaquent dans le dos. Pas forcément des jeunes. Des fois ils s’en prennent à des personnes âgées qui collent des affiches », s’indigne Camille Le Gleut, militant insoumis et antifasciste.
L’Oriflamme dément avoir été impliquée dans ces faits sur lesquels des enquêtes ont été ouvertes. Le groupe assure n’en venir aux poings que par « volonté d’autodéfense » : « Nous sommes ceux qui sont traqués et attaqués, ce n’est pas l’inverse », expliquent-ils au Mensuel.
Ce que confirment certains faits. Un militant proche du groupuscule identitaire An Tour Tan raconte : « Fin mai, j’ai été la tête » en marge d’une manif pour la Palestine. Résultat ? Huit jours d’ITT. Signe que la violence est montée d’un cran, elle vise désormais les responsables politiques. En mai, Julien Masson, porte-parole local du RN, a été agressé
sur le marché Jeanne-d’Arc.
Stratégie d’implantation
Avec la progression de l’extrême droite, les occasions de confrontations
directes sont, elles aussi, de plus en plus fréquentes, même si elles restent peu
massives. En février, des violences ont éclaté, devant Sciences-po, entre syndicalistes
étudiants de l’Uni (déjà) et de l’Union pirate. Bilan ? Quelques coups et beaucoup d’insultes. À la fin, les syndicalistes de l’Uni, une organisation autrefois très proche des réseaux gaullistes, auraient, selon des témoignages, été « escortés » par la police dans leur local, au sein de la fac de droit, qui serait devenu le « QG » de l’extrême droite estudiantine rennaise.
Nous sommes ceux qui sont traqués et attaqués, ce n’est pas l’inverse
Quelques mois plus tôt, en octobre, un cortège de militants antifascistes avait
rejoint le local de l’Oriflamme, à Beaulieu, pour le « rendre inutilisable ». C’est que
l’enjeu du local est fondamental pour permettre à la mouvance de se structurer
et de s’implanter. « S’installer au cœur d’une fac en centre-ville, c’est le rêve pour
eux. Ils y sont beaucoup plus visibles », avance une source antifasciste.
Cette recherche de visibilité passe aussi par les réseaux sociaux. Les militants y
postent des clips de collage d’affiches, avec une esthétique très martiale (musique
techno, attitude guerrière, visages masqués ou floutés…). De quoi attirer de
nouvelles ouailles dans leur filet. D’autant que cet activisme sur la toile est relayé par certains nouveaux acteurs. Parmi eux, un videur de la discothèque rennaise 1988 Live Club, devenu l’un des influenceurs d’extrême droite les plus suivis par les médias du groupe Bolloré, toujours enclins à « couvrir » l’actu d’une ville considérée comme un bastion de la gauche.
De Rennes aux chaînes de Bolloré
De quoi décomplexer les membres de l’ultradroite rennaise, qui organisent régulièrement des happenings, parfois violents, en lien avec l’actualité du moment. En mai 2023, des membres de l’Oriflamme empêchaient une lecture pour enfants réalisée par des artistes drag-queen à Saint-Senoux. Celle-ci a débouché sur une condamnation à quatre mois de prison de l’un des mis en cause en première instance, cassée par la cour d’appel en avril dernier.
Fin novembre, les membres de l’ultradroite rennaise se sont aussi rendus à… Laval pour un rassemblement en pleine journée d’hommage au jeune Thomas, tué à Crépol quelques jours plus tôt.
En octobre, l’Oriflamme a également maculé de faux sang la permanence
du Parti communiste, après l’attentat contre l’enseignant Dominique Bernard à
Arras. Objectif : pointer la « responsabilité » des élus de la gauche rennaise, accusés
par l’extrême droite de s’être opposés à l’expulsion de la famille du terroriste
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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