Élu torontois accusé d’agression sexuelle : la 2 e plaignante refuse de témoigner

Le procès de Michael Thompson est à nouveau reporté pour cause de maladie. La femme qui l’accuse d’agression sexuelle a affirmé jeudi qu’elle ne peut se déplacer en personne pour poursuivre son témoignage et qu’elle est trop léthargique pour témoigner sur une plateforme numérique. La requête d’ajournement de la Couronne n’a pas manqué de faire bondir la défense de l’élu de 64 ans.

Michael Thompson est accusé d’avoir agressé deux femmes le week-end de la fête du Canada dans un chalet luxueux des Muskoka en 2022.

La première plaignante a témoigné à l’automne 2024. La seconde a commencé son témoignage le 21 février dernier. Son contre-interrogatoire par la défense devait débuter jeudi matin.

Leur identité est protégée par un interdit de publication.

Une photo de Michael Thompson et de son avocate, Leora Shemesh.

L’avocate Leora Shemesh accompagne son client, le conseiller torontois Michael Thompson, à luncher le 10 octobre 2024 à la pause du procès au tribunal de Bracebridge dans les Muskoka.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

Le procès a été morcelé et étalé sur plusieurs semaines à cause d’incompatibilités d’horaires entre toutes les parties et il a même été déplacé de Bracebridge à Barrie à cause des disponibilités du juge Philop Brissette de la Cour de justice de l’Ontario.

Une maladie tenue secrète

La plaignante No 2 explique sur la plateforme numérique qu’elle est victime de malaises périodiques depuis un accident en 2017, dont elle n’a pas précisé la nature.

Je ne peux me déplacer, parce que mes jambes sont enflées et couvertes d’éruptions cutanées, je suis alitée pour pouvoir les élever, précise-t-elle.

Elle ajoute qu’elle prend des antidouleurs et des anti-inflammatoires qui la rendent somnolente. Je suis dans l’impossibilité de témoigner et même la journée de demain reste incertaine, mentionne-t-elle.

Une illustration judiciaire du procès.

La procureure de la Couronne, Mareike Newhouse, interroge son témoin-clef dans ce procès à l’ouverture du procès le 7 octobre 2024. L’avocate de la défense, Leora Shemesh est assise à droite; Michael Thompson est au centre.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

La femme propose d’arrêter de les prendre avant de témoigner vendredi, toujours sur la même plateforme, si sa proposition convient à la cour. J’ai besoin de 8 heures avant d’être sevrée, déclare-t-elle.

L’avocate de la défense, Leora Shemesh, ne semble pas la croire.

C’est la seconde fois que la plaignante remet à plus tard sa comparution pour cause de maladie, dit-elle au juge, qui lui donne le droit de contre-interroger la femme à ce sujet.

L’avocate lui fait dire qu’elle n’a aucun papier du médecin pour confirmer son incapacité physique et mentale et elle lui demande de révéler le mal dont elle souffre. Je ne peux vous le dire en public, répond-elle.

Une illustration judiciaire du procès.

Michael Thompson écoute les plaidoiries en silence.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Me Shemesh lui demande alors de se filmer les jambes avec son cellulaire ou d’en prendre des photos pour les envoyer à la cour par courriel.

Elle lui offre la possibilité de le faire à huis clos de façon à ce que personne ne la voie à l’écran.

La plaignante refuse après avoir envisagé l’option des photos. C’est très dégradant ce que vous me demandez de faire, dit-elle. Dans son objection, la procureure Mareike Newhouse se dit du même avis.

C’est une atteinte à ma vie privée, poursuit la plaignante, qui énumère à la défense les médicaments qu’elle consomme : Tylenol, oxycontin et naproxen.

Les médecins ne peuvent rien contre mon mal si ce n’est que de me prescrire des médicaments, ajoute-t-elle.

Dérogation à l’arrêt Jordan?

Me Shemesh souhaite que la plaignante soit exclue de l’audience hybride durant quelques minutes pour pouvoir s’adresser au juge Brissette.

Elle menace la cour de présenter une requête dite 11b pour faire annuler le procès de son client pour des délais déraisonnables dans cette cause. Cela traîne depuis bientôt trois ans, dit-elle.

Je suis très inquiète de la longueur de ces procédures qui avancent très lentement, c’est une torture pour mon client, déclare-t-elle.

Il n’existe aucune preuve que la seconde plaignante soit malade, ajoute-t-elle.

Une illustration judiciaire du procès.

Le juge Philop Brissette, de la Cour de justice de l’Ontario, écoute les plaidoiries de la défense le 10 octobre 2024 au second jour du procès.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Elle demande alors au juge d’émettre une ordonnance pour forcer la femme à aller voir son médecin et obtenir une déclaration écrite.

Est-ce qu’elle est en train de fabriquer une condition médicale pour ne pouvoir que témoigner qu’en ligne?, s’interroge-t-elle en ajoutant qu’une photo prise en privé suffirait à la croire.

L’audience est devenue plus houleuse devant une nouvelle objection de la Couronne, qui affirme que le magistrat n’a pas l’autorité pour acquiescer à une telle demande.

Le temps de discuter d’une requête « 11b » n’est pas encore venu, il est manifeste que la plaignante se sent mal et qu’elle n’est pas en état pour témoigner aujourd’hui, souligne la procureure Newhouse.

Me Newhouse admet que la seule chose que la cour puisse faire est de demander un billet de son médecin.

Autre ajournement d’audience

Le juge demande si d’autres dates ont été dégagées dans ce procès. Le registraire lui répond que les journées du 25 avril et du 1er mai sont toujours vacantes.

Me Shemesh affirme toutefois qu’elle compte s’objecter à la suggestion de la plaignante de témoigner demain sur la plateforme numérique.

Ça serait injuste, je ne serai pas en mesure d’analyser son attitude comme si elle était en personne dans le prétoire, explique-t-elle.

Madame a commencé son témoignage en personne, elle doit le compléter en personne, poursuit-elle.

Michael Thompson en point de presse.

Michael Thompson a été maire adjoint de Toronto durant l’administration du maire John Tory. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Le juge demande à ce que la plaignante soit à nouveau admise dans la salle d’audience virtuelle pour que la défense de M. Thompson continue à l’interroger sur sa maladie.

Mes épisodes de gonflement, de chaleur et d’éruption durent en général de 4 à 5 jours, répond la plaignante à Me Shemesh en soulignant qu’elle pourra s’asseoir demain et qu’une personne viendra l’aider à la maison.

La procureure Newhouse propose alors d’ajourner à demain, mais le juge n’est pas satisfait.

Si madame n’en est qu’au deuxième jour de sa convalescence, il vaudrait mieux ajourner au 1er mai pour qu’elle soit présente parmi nous, conclut le magistrat.

Le contre-interrogatoire de la plaignante No 2 reprendra dans six jours.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

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