
Sans créer vraiment la surprise, le président de LR, Eric Ciotti, a déclaré souhaiter « une alliance avec le Rassemblement National ». Une annonce qui a provoqué des réactions indignées dans son propre parti. À Nantes, le conseiller municipal d’opposition, Julien Bainvel, a fait savoir qu’il démissionnait des LR.
On savait Eric Ciotti à droite de la droite républicaine et c’est ce député niçois que les Républicains ont choisi en décembre 2022 pour diriger le parti.
Marginalisé depuis plusieurs scrutins, LR risque d’exploser en vol après la déclaration faite par son président ce mardi 11 juin.
Eric Ciotti a en effet annoncé sa décision de négocier une alliance avec le RN pour les prochaines législatives anticipées provoquées par la dissolution de l’Assemblée Nationale.
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Le patron des Républicains estime en effet nécessaire cette alliance avec l’extrême droite afin de sauver les postes de députés de son mouvement. Ils sont 61.
Eric Ciotti a, reconnait-il, pris contact avec Jordan Bardella et Marine le Pen avec qui il aurait déjà « un accord qui concernera tout le territoire national ».
Dans son propre parti, des voix s’élèvent pour dénoncer cet accord. Le président du Sénat, Gérard Larcher a déclaré :
« J’estime qu’il ne peut plus présider notre mouvement et doit se démettre de son mandat ».
Même point de vue de la part du président du groupe LR à l’Assemblée Nationale, Olivier Marleix.
À Nantes, le conseiller municipal d’opposition LR Julien Bainvel, vient de faire savoir sur son compte X (ex Twitter) qu’il rejetait cette alliance et quittait le parti.
Je me suis engagé il y a 22 ans pour combattre l’extrême droite, je ne renoncerai jamais.
Après les déclarations d’ @ECiotti , mon engagement aux @lesRepublicains s’arrête aujourd’hui !
😭— Julien Bainvel (@julienbainvel) June 11, 2024
Contacté, Julien Bainvel confirme son opposition à une alliance avec le RN.
« Tant qu’Eric Ciotti sera président de LR et que la ligne ne sera pas clarifiée, je considère que je ne fais plus partie de LR », nous a déclaré Julien Bainvel.
« Je me suis engagé en politique quand Jean-Marie Le Pen a été qualifié pour le second tour de la présidentielle en 2002 », a rappelé l’élu nantais qui dit être tombé de sa chaise en entendant la déclaration d’Eric Ciotti.
« Le RPR puis l’UMP puis les Républicains ont toujours tenu cette ligne d’être le rempart contre le Front National, estime Julien Bainvel. Que le président des Républicains annonce qu’il est partant pour une alliance avec toute la galaxie d’extrême droite, c’est inacceptable. »
Pour autant, le conseiller municipal constate que d’autres ont suivi Eric Ciotti dans cette stratégie, comme le président des Jeunes Républicains.
« Il y a une fracture qui est forte », reconnait Julien Bainvel qui explique cette prise de position d’Eric Ciotti par son ancrage dans le sud-est de la France.
« Dans nos territoires de l’ouest, on est plus nuancés, dit-il. On n’est pas racistes, on n’est pas antisémites. »
De son côté, la sénatrice LR, élue d’opposition à Nantes et ex-vice-présidente du Conseil Régional des Pays de la Loire, Laurence Garnier, a également réagi sur le réseau social en confirmant que les sénateurs LR avaient voté contre tout accord avec le RN.
Y compris donc Bruno Retailleau, le sénateur vendéen LR et président du groupe LR au Sénat.
« Les Républicains ne feront jamais d’alliance avec le Rassemblement national. Nous avons des divergences idéologiques profondes et nous devons préserver notre indépendance et notre intégrité ».
Bruno RetailleauPoint presse du 11 juin 2024
« Le groupe Les Républicains au Sénat s’est réuni ce matin. Les sénateurs Les Républicains ont réaffirmé à l’unanimité ce qui doit être la ligne claire et responsable de la droite française : rester elle-même en gardant notre indépendance et notre autonomie, vis à vis du camp macroniste comme du camp lepéniste, fait-il savoir avec ses collègues du Sénat dans un communiqué. Le projet qu’il (le RN) porte n’est pas de nature à redresser la France, loin s’en faut. La démagogie n’a jamais permis de conduire un pays. »
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Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
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