Couvre-feu pour les mineurs à Pointe-à-Pitre : des élus saluent l’annonce de Darmanin, d’autres critiquent un « cache-misère

Arrivée du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), le 17 avril 2024. Arrivée du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), le 17 avril 2024.

Plus de peur que de mal pour Gérald Darmanin : au cours d’une visite d’un peu plus de vingt-quatre heures en Guadeloupe, le ministre de l’intérieur et des outre-mer a été rudoyé par un jeune homme, jeudi 18 avril, dans les locaux de la chaîne publique Guadeloupe La 1ère, à Baie-Mahault, selon l’Agence France-Presse (AFP) et la radio locale RCI. L’individu, âgé d’une vingtaine d’années, a « empoigné vivement » le ministre « par le bras et les épaules avant d’être maîtrisé » par son équipe de sécurité, indique l’AFP. L’agresseur a ensuite été placé en garde à vue à la gendarmerie de Baie-Mahault.

M. Darmanin, qui n’a pas été blessé lors de cet incident, a pu enregistrer comme prévu son interview télévisée, au cours de laquelle il est revenu sur le thème principal de son déplacement dans ce département antillais : la sécurité.

La veille, dans les rues de Pointe-à-Pitre, il avait annoncé la mise en place d’un couvre-feu pour les mineurs à partir de 20 heures dans cette sous-préfecture de 14 500 habitants, en proie à une recrudescence de la délinquance. La mesure, qui devrait prendre effet dès lundi 22 avril, est instaurée pour une durée de deux mois. « Les mineurs sont extrêmement nombreux dans la délinquance, malheureusement, en Guadeloupe en général et à Pointe-à-Pitre en particulier », a déploré M. Darmanin, au cours d’une opération antidrogue « Place nette XXL », en compagnie de Marie Guévenoux, la ministre déléguée chargée des outre-mer, et de plusieurs parlementaires et élus locaux guadeloupéens. « Les mineurs de moins de 18 ans ne pourront pas circuler dans les rues de Pointe-à-Pitre après 20 heures, et la police nationale appliquera à la lettre ces demandes », a-t-il ajouté.

Situation de « guérilla »

Ces derniers mois, plusieurs faits divers ont ensanglanté les rues de Pointe-à-Pitre et semé l’émoi dans tout le département. Le 20 mars, quatre personnes ont été blessées, dont deux grièvement, lors d’une succession d’agressions à l’arme blanche, en pleine journée, sur la voie publique, par une femme déséquilibrée de 30 ans. Le dimanche suivant, Harry Durimel, le maire de la commune, avait fait part de son intention de « remettre le tablier », dans un message vocal diffusé sur les réseaux sociaux. « Pointe-à-Pitre, en l’état, est un coupe-gorge. Sans forces de l’ordre à la hauteur des défis », avait déploré l’élu écologiste, ulcéré par une situation de « guérilla » dans sa ville.

En 2023, 12 % des faits de délinquance commis en zone police, qui englobe Pointe-à-Pitre et la commune voisine des Abymes, « étaient imputables à des mineurs », indique au Monde M. Durimel, citant de mémoire des chiffres communiqués par la justice lors d’une conférence de presse organisée à la mi-mars. « Aujourd’hui, c’est 38 % », s’émeut l’édile pointois, qui n’a finalement pas mis à exécution sa menace de démissionner. « Il y a un problème de responsabilité parentale. C’est pourquoi [le conseil municipal] a proposé au ministre d’instaurer un couvre-feu pour les mineurs, après 20 heures, pour que ces jeunes-là restent dans leurs familles, qu’ils fassent leurs devoirs scolaires », ajoute M. Durimel, qui appelle également de ses vœux des caméras de vidéosurveillance et davantage de moyens pour assurer la prévention et l’insertion. « Des mineurs dans la tranche d’âge 14-17 ans » sont fréquemment poursuivis au tribunal pour « des vols avec arme, des violences avec arme », abonde Caroline Calbo, la procureure de la République de Pointe-à-Pitre.

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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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