Compiègne. Après l’algarade de son élu contre la police municipale, le maire écrit un éditorial sur la courtoisie dans le bulletin municipal

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Le maire Philippe Marini consacre son éditorial de rentrée à la courtoisie et la politesse, dans le bulletin municipal. Fin août, la police municipale a accusé l’élu Benjamin Oury de propos insultants, lors d’une verbalisation. Le procureur dit avoir ouvert une enquête préliminaire. Photos : Oise Hebdo

Difficile de ne pas faire le lien avec la récente algarade de l’élu Benjamin Oury contre la police municipale. Dans le nouveau bulletin municipal Compiègne notre ville, le maire Philippe Marini consacre son éditorial à la courtoisie et à la politesse. «Est-ce passé de mode ?» questionne le maire LR, tout en répondant immédiatement par la négative.

Bien sûr, le maire ne cite pas le nom de son élu, ni ne fait référence à cette verbalisation et aux propos qui ont suivi. Mais ce texte, dans lequel il ne tarit pas d’éloges pour la police municipale, est une manière de rappeler officiellement le soutien de la municipalité envers ses fonctionnaires. Des agents qui font d’ailleurs la une de ce bulletin, qui consacre deux pages à la police municipale de Compiègne.

Le procureur a ouvert une enquête préliminaire

Le syndicat UNSA Territoriaux de l’Oise a signalé les faits au procureur. Considérant que «ce comportement pourrait relever de l’outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique». Le procureur confirme l’ouverture d’une enquête préliminaire, «en cours au commissariat de Compiègne», indique Guillaume Dupont.

«Il faut trois cerveaux pour me verbaliser…» avait notamment dit l’élu aux policiers qui lui dressaient une amende pour s’être garé à contresens et avoir traversé la ligne blanche.

«Donner l’exemple d’une démocratie apaisée à Compiègne»

«Le respect des autres s’exprime d’abord par le langage que nous utilisons, par les attitudes que nous adoptons», fait écho Philippe Marini dans son édito.

«Nos procureurs successifs ont adopté une politique pénale sévère à l’égard des injures et agressions contre des policiers», se satisfait le maire. Il cite une peine de 8 mois ferme en août pour l’agresseur de six policiers municipaux dans le centre-ville.

«A Compiègne, nous devons donner l’exemple d’une démocratie apaisée, poursuit le maire. En évitant les perturbations et violences verbales et physiques auxquelles une certaine fraction de l’Assemblée nationale nous a habitués…» Le maire comparerait son élu à un député LFI braillard et débraillé qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Bon, c’est une interprétation comme une autre…

Respect entre élus, rodéos, homophobie…

La courtoisie s’applique aussi «aux rapports entre militants d’idées opposées et élus qui ne partagent pas les mêmes convictions», poursuit-il. Là, il évoque les discussions au conseil municipal ou à l’Agglo. Les regards se tournent vers l’opposant Etienne Diot, qui aura l’occasion, lors de la séance du vendredi 27 septembre, de mettre en pratique ce souhait du maire.

Le respect commence dès le plus jeune âge. «Les élèves d’une classe se lèvent lorsqu’un adulte y entre, décrit Philippe Marini. J’en suis témoin dans toutes les écoles où je vais, du public comme du privé.»

Mais pour le maire : «Il n’est de pire dérive que les “rodéos sauvages” dont souffrent nos quartiers dès qu’il fait beau. Sans relâche, notre police municipale lutte contre ces dangereuses fantaisies. Elles ne sont pas innocentes, car les engins utilisés sont souvent volés ou mis à la disposition des sauvageons par des trafiquants.»

Le maire dénonce l’homophobie. «Le respect des autres doit par ailleurs concerner les personnes considérées comme différentes des autres», dit-il au sujet des deux mineurs arrêtés pour agressions homophobes en forêt.

Le maire défend «la courtoisie au quotidien»

«Laisser sa place à un sénior dans le bus, sans en être prié par le médiateur, est un petit acte de respect et de courtoisie de la vie de tous les jours, insiste le maire. Chacun de ces gestes est une façon de montrer sa bonne éducation et de contribuer à l’harmonie de notre société.»

«Oui, chers concitoyens, commençons par être polis et courtois les uns à l’égard des autres, conclut le maire. Par exemple au volant ou dans les rapports entre usagers des vélos, des autos, des trottinettes ! Je forme le vœu que notre rentrée si active et riche d’événements soit marquée davantage par le respect mutuel.»

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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