Cisjordanie : Un maire français agressé par des colons accuse Israël de « tolérer » leurs violences, l’UE condamne

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Un convoi de diplomates européens en visite en Cisjordanie occupée, a été attaqué par des colons israéliens qui ont notamment frappé un maire français, dans un contexte d’intensification des violences pour empêcher la récolte palestinienne annuelle des olives dans le territoire palestinien occupé depuis 1967.

Si le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a « condamné fermement ces graves actes de violence », les imputant à des « émeutiers israéliens », il a toutefois reproché aux consulats européens concernés de ne pas avoir coordonné la visite avec l’armée israélienne.

Le bureau du Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a ensuite dénoncé une campagne de « diffamation » contre Israël et ses colons et déploré « une campagne coordonnée visant à diffamer Israël et les habitants juifs » de Cisjordanie, « en s’appuyant sur des gros titres sensationnalistes avant que tous les faits ne soient connus ».

Des agriculteurs palestiniens empêchés de ramasser les olives

Les faits se sont produits samedi, alors que des voitures des missions françaises, belges et polonaises avaient amené des diplomates à Taybeh, un village majoritairement chrétien de Cisjordanie, lorsque des colons ont empêché des agriculteurs palestiniens de ramasser les olives, ont rapporté des témoins. Ils ont verbalement agressé les diplomates avant de s’en prendre à Bernard Baudoux, 78 ans, maire communiste d’Aulnoye-Aymeries, dans le nord de la France, selon ces témoins et des diplomates. L’édile a affirmé avoir été jeté au sol, frappé et battu avec des barres de fer. « Ils sont arrivés vraiment déchaînés », a-t-il relaté.

Sans blessures graves, il a pu poursuivre la visite de Taybeh qu’il effectuait avec le consul général de France à Jérusalem et un prêtre de sa ville, afin de signer un accord de coopération entre les deux localités. Il a estimé que cette agression témoignait d’une « tolérance » du gouvernement Netanyahou envers la violence des colons.

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Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a appelé les autorités israéliennes à « arrêter impérativement les responsables de ces actes révoltants » et à les « traduire en justice ». La Belgique, dont le consul général se trouvait aussi sur place, a également condamné « avec la plus grande fermeté » cette attaque « perpétrée par des colons masqués », précisant qu’un véhicule belge avait été « endommagé ».

Dans un communiqué ce dimanche, un porte-parole de la diplomatie de l’Union européenne « condamne fermement » l’attaque. « Nous prenons note positivement des déclarations de plusieurs représentants israéliens qui ont condamné ces attaques, mais nous attendons que les responsabilités soient pleinement assumées », a-t-il ajouté. L’UE souhaite aussi « des mesures efficaces visant à prévenir la poursuite des actes de violence et du harcèlement violent contre les Palestiniens, notamment pendant la saison en cours de récolte des olives, ainsi que contre les journalistes », selon la même source.

La police israélienne a annoncé avoir ouvert une enquête et dit s’efforcer de « localiser les victimes, recueillir des témoignages et identifier les suspects, afin de les traduire en justice ».

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