« Cibler des élus de gauche » : des députés dénoncent un propos de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard

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Le Nouvel Obs avec AFP

Publié le 27 mai 2025 à 20h16

Annie Genevard en visite aux agriculteurs de la FNSEA sur leur piquet de grève devant l’Assemblée nationale française, le 26 mai 2025.

Annie Genevard en visite aux agriculteurs de la FNSEA sur leur piquet de grève devant l’Assemblée nationale française, le 26 mai 2025. ARNAUD VILETTE / OLA NEWS/SIPA

Temps de lecture : 2 min.


Des députés de gauche ont accusé ce mardi 27 mai la ministre de l’Agriculture d’avoir incité des agriculteurs à « cibler des élus de gauche », mais Annie Genevard et son entourage réfutent tout appel à la violence, et évoquent une phrase « sortie de son contexte ».


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« “Ciblez les élus de gauche !”, cet appel honteux au ciblage d’élus de la République est celui de la ministre de l’Agriculture. Inadmissible dérive », a publié sur le réseau social X le Premier secrétaire du PS Olivier Faure.

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Lors des Questions au gouvernement ce mardi, le patron des députés PS Boris Vallaud a interpellé le Premier ministre François Bayrou, accusant sa ministre de l’Agriculture d’avoir appelé « les agriculteurs à cibler les élus de gauche : c’est-à-dire à la violence politique ».


« Polémique montée de toutes pièces »


Dans leur viseur, des propos rapportés par « La Dépêche du midi », selon laquelle Annie Genevard, lors d’un entretien informel avec des responsables professionnels agricoles du Tarn-et-Garonne, aurait déclaré : « Il faut cibler les élus de gauche. »


« Ce qu’a dit la ministre de l’Agriculture, ce n’est pas de cibler. Elle a demandé aux agriculteurs d’expliquer à leurs élus quel était le texte », a répondu François Bayrou dans l’hémicycle, démentant « qu’il y ait de la part du gouvernement la moindre pression sur les élus », sous les protestations des députés de gauche.


Plus tôt sur X, la ministre avait elle-même dénoncé une « polémique montée de toutes pièces ». « Faire croire à un appel à la violence est malhonnête. J’ai toujours appelé au respect et à la liberté de vote des parlementaires. Mon objectif était d’inciter les agriculteurs au dialogue avec leurs députés », a-t-elle assuré.

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Clémence Guetté, vice-présidente LFI de l’Assemblée, a elle commenté l’article de « La Dépêche du Midi » en dénonçant un propos « irresponsable » de la ministre, « alors que des élus sont harcelés et leurs permanences dégradées par des militants violents ». Le député du groupe écologiste Benjamin Lucas a lui annoncé qu’il avait saisi la « procureure de la République ».


Rejet de la loi Duplomb


Ces échanges ont eu lieu au lendemain du rejet tactique de la proposition de loi agricole dite Duplomb-Menonville, qui divise l’Assemblée notamment sur la question de la réintroduction dérogatoire de certains pesticides néonicotinoïdes.


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Les députés macronistes, LR et RN ont décidé de rejeter le texte, pour qu’il puisse poursuivre son chemin parlementaire, usant ainsi des procédures de l’Assemblée pour contourner la masse d’amendements écologistes et insoumis.


Une stratégie défendue ce mardi par François Bayrou contre « une tentative de blocage » de la gauche et des écologistes « pour faire que ce texte ne puisse pas être examiné ». « Je pense qu’il faut que nous trouvions une manière d’organiser les dialogues et les débats de manière que le Parlement puisse pleinement jouer son rôle, qu’il ne soit pas entièrement bloqué par tel ou tel groupe », a-t-il ajouté.

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L’examen de cette loi en commission à l’Assemblée s’est fait sous pression, plusieurs permanences de parlementaires ayant subi des dégradations. Dans un communiqué paru lundi, le préfet de Gironde a condamné des dégradations de permanences « entre samedi soir et ce lundi », dénonçant « des actes inacceptables ».

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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