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<!– –> « Choc d’autorité », un bien grand mot explique le commandant Sanchet : « Les politiques eux-mêmes doivent être prêts à assumer les débats sur les libertés publiques. » Photo © Christian Liewig-POOL/SIPA
Le « choc d’autorité » est une stratégie politique qui vise à renforcer la sévérité et la fermeté de l’État face à l’insécurité, en durcissant les lois, en augmentant les moyens policiers et judiciaires, et en supprimant certaines protections jugées trop permissives.
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Le terme est utilisé par plusieurs responsables politiques français pour désigner un ensemble de mesures destinées à restaurer l’autorité de l’État et à répondre à des phénomènes comme la criminalité, le terrorisme, le narcotrafic ou l’immigration illégale. Il s’agit d’un discours de fermeté, qui veut marquer une rupture avec ce qui est perçu comme du laxisme.
Par exemple, Éric Ciotti a détaillé un plan de 25 mesures qualifiées de « choc d’autorité et de sévérité ». D’autres voix, comme l’avocat Thibault de Montbrial, plaident pour un choc d’autorité afin de « restaurer l’État » face à ce qu’ils considèrent comme une montée du désordre et de la violence.
Le terme « choc d’autorité » est devenu un slogan politique, souvent utilisé dans les campagnes électorales pour montrer une volonté de fermeté. Il traduit une crise de confiance dans l’autorité publique : une partie de la population estime que l’État n’est plus capable d’imposer l’ordre. Les critiques soulignent que ces annonces sont parfois plus symboliques que pratiques, car elles ne règlent pas les causes profondes de la délinquance (pauvreté, exclusion, radicalisation, etc.).
Ce « choc d’autorité » consiste donc à durcir les lois, renforcer les sanctions et accroître les moyens de répression pour réaffirmer l’autorité de l’État. C’est une réponse politique à un sentiment d’insécurité, mais son efficacité réelle fait débat, certains y voient une solution nécessaire, d’autres une posture qui ne s’attaque pas aux racines des problèmes.
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La réponse de l’État, la violence légitime
Des mots pour des maux, mais surtout assez de paroles, des actes ! Car, la réponse de l’État est celle du monopole de la violence légitime. L’État est défini comme l’institution qui détient le monopole de la violence légitime. Cela signifie que seule l’autorité publique peut recourir à la force, mais dans un cadre légal et proportionné. En pratique, cela implique des interventions policières, des opérations militaires intérieures (contre-terrorisme), des expulsions, ou encore des peines privatives de liberté.
Malheureusement, le décalage entre les discours et la réalité demeure plus fort que jamais. Dans le discours politique, le « choc d’autorité » promet une réponse ferme, rapide et visible. La réalité du terrain est toute autre…
les policiers et gendarmes doivent composer avec des contraintes juridiques et hiérarchiques, des moyens parfois limités, et une société où chaque usage de la force est scruté et peut être contesté. Il faut savoir que quasi- systématiquement les agents des forces de sécurité intérieure qui font usage de l’emploi de la force doivent se justifier devant les autorités administratives et /ou judiciaires (IGPN, IGGN, tribunaux judiciaires). Les forces de l’ordre sont exposées à des conséquences lourdes : blessures, procédures judiciaires, critiques médiatiques, perte de confiance avec la population.
La réalité des incidences et des conséquences de ce choc d’autorité sont-elles seulement prise en compte ? Pour les institutions, accepter un choc d’autorité implique d’assumer une hausse des confrontations, des arrestations musclées, et donc des tensions sociales. Du côté de la société, plus de fermeté peut renforcer le sentiment d’ordre, mais aussi accentuer la défiance envers l’État si la force est perçue comme disproportionnée. Enfin, les politiques eux-mêmes doivent être prêts à assumer les images de violences policières, les accusations de dérives autoritaires, et les débats sur les libertés publiques.
Le décalage entre discours et réalité
Les politiques qui prônent un « choc d’autorité » doivent accepter que cela signifie davantage de recours à la force, avec toutes les conséquences sociales, juridiques et politiques que cela entraîne. Or, c’est souvent là que se joue le décalage : le slogan est simple, mais la mise en œuvre suppose d’assumer des réalités beaucoup plus complexes et parfois impopulaires.
Entre autres d’accepter que l’usage de la « violence d’État » généralement appelée de manière édulcorée « emploi légitime de la force » n’est ni plus ni moins que de faire preuve de violences pour combattre les criminels et délinquants. Aujourd’hui, quelle personnalité politique aura le courage et la volonté de mettre en oeuvre ces actions d’envergure tout en assumant les conséquences.
À savoir la possibilité que ces opérations pourront engendrer un bilan humain par des victimes aussi bien dans les forces de l’ordre mais aussi parmi les opposants. Ces interventions musclées peuvent se comprendre et se traduire par une atteinte dans leur intégrité physique voire à leur vie. Parlons vrai, les politiques et les citoyens accepteront-ils sous prétexte de « choc d’autorité », qu’ils y aient des victimes de blessures graves, du sang, des larmes et des souffrances, voire des morts ?
Si oui, il faut prendre conscience que ce sera peut-être le prix à payer pour rétablir l’ordre dans ce pays. Enfin, faire preuve d’aveuglement et/ou d’angélisme face à cette triste réalité ne fera qu’accentuer cette montée exponentielle de la voyoucratie.
N’est-il pas déjà trop tard, nos actions et réponses ne sont-elles pas inadaptées, sous- dimensionnées et aseptisées ? Seules sont perdues d’avance les batailles qu’on ne livrent pas.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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