
Cet acte, d’une banalité insupportable, a été provoqué par l’impatience des proches d’un patient face au temps d’attente aux urgences, les poussant à la violence. Le Samu, présent sur les lieux, évoque l’intervention pour deux patients accompagnés par un groupe en colère. Dans leur rage, l’un d’entre eux s’en est pris à ce pauvre brancardier pendant sa pause. L’agression a entraîné la fermeture des urgences, un personnel sous le choc, et la fuite de l’agresseur.
Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, a décrit la situation comme étant « épouvantable », soulignant une perte de civilité et de respect mutuel dans la société : « On a l’impression que maintenant, la personne qui n’est pas contente, elle va donner des coups de poing, elle va sortir un couteau. Et donc, on a perdu une espèce d’encadrement, de savoir-vivre ensemble, de tolérance, de politesse, de gentillesse. » Quant au ministre délégué à la Santé, Frédéric Valletoux, il a dénoncé cet « acte odieux et lâche », rappelant qu’un hôpital doit être un « sanctuaire » où « aucune violence envers le personnel soignant ne peut être tolérée ».
Malgré cela, les soignants signalent 20 000 faits de violence par an, remettant en question l’idéal du sanctuaire tant pour l’école que pour l’hôpital. Cette récurrence des violences et l’emploi répétitif des mêmes termes soulèvent des questions sur l’efficacité des mesures actuelles et la compréhension de la violence dans notre société. À défaut d’actes, nous sommes condamnés à entendre des mots, les mêmes, sans cesse, après chaque drame et donc de plus en plus régulièrement. D’abord, qualifier l’école ou l’hôpital de sanctuaire après de telles agressions n’a pas beaucoup de sens : ce mot n’est pas utilisé pour déterminer l’absence de violences initialement. Un bureau de poste n’est pas un sanctuaire, et il n’est pas non plus légitime de tabasser celui qui est au comptoir.
C’est la société qui devrait être exempte de violences
Dans notre société qui repose sur un contrat de délégation de la violence légitime à l’État, c’est la société qui devrait être exempte de violences, dans la mesure du possible. Mais voilà, quel contrat reste pertinent lorsque votre société est ainsi fracturée ? Le sanctuaire abrite ce qui est sacré. Voilà pourquoi le terme s’utilise par extension. Or normalement, c’est la personne elle-même qui est un sanctuaire… Mais la seule chose qui a été réellement sacralisée ces dernières années, ce sont les droits individuels. Le mouvement est très largement entamé et abouti. Si toute frustration est potentiellement une violence, et que même la violence est globalement une réponse à cette frustration, alors le « sanctuaire » devient naturellement pour beaucoup soi-même.
La société individualiste crée des sanctuaires alternatifs : ma colère, ma frustration, ma crainte, mon ennui, mes droits, moi. Et si vous regardez la violence que nous avons subie ces derniers jours, vous ajoutez à cela une société multiculturelle qui a des sacrés alternatifs. Nous peinons sans doute à les comprendre, mais il est un peu tard pour réaliser que ce que nous voulions garder sacré devait se protéger, s’imposer et non se proposer dans un enrichissement mutuel relativiste.
Shamseddine est mort d’un « crime d’honneur », peut-on lire ici ou là. Parce que les frères de cette jeune fille, et le groupe auquel ils appartiennent (leurs amis) ont jugé que le « sanctuaire » était la « réputation » de leur sœur à qui se permettait de parler à ce jeune collégien. Samuel Paty et Dominique Bernard sont morts parce que certains ont considéré que le sanctuaire à protéger était « l’honneur du prophète ». Les sanctuaires varient dans une société qui ne reconnaît pas son commun, encore moins sacré.
Mais tout le monde considère malgré tout que l’école est une forme de sanctuaire parce qu’un enseignement est indispensable… Mais la violence s’y invite de façon particulièrement inquiétante. La perte de sacré a largement précédé l’entrée de la violence. Un sanctuaire est un lieu sacré : on a dit ça de l’école lorsque la république a voulu transformer le curé en instituteur. Pour ce faire, il fallait sacraliser le savoir, et le professeur dont le métier est de transmettre.
Les parents assimilent leurs enfants à une éducation, et plus largement à une civilisation. L’école instruit les enfants pour construire leurs intelligences, et donc leurs libertés. Les deux créent des adultes libres, notamment de leurs pulsions. Elles ne sont plus le sanctuaire de leurs comportements.
Or l’école n’est plus un « sanctuaire », non par hasard mais par projet. On a préféré en faire un lieu « ouvert sur le monde », dans lequel l’élève n’a rien à apprendre d’un autre que lui-même. Cette horizontalité désacralise évidemment, et la violence s’invite naturellement. Parce que la seule violence qui a été longtemps combattue à l’école est celle de l’exigence, des notes, du savoir, des bulletins, de l’effort, de la discipline… Il n’y a qu’à voir le nombre d’agressions verbales de parents venus interpeller un maître qui aurait « mal parlé » à un élève ou qui auraient osé mettre une mauvaise note.
Charlotte d’Ornellas présente sa chronique du lundi au jeudi à 19 heures dans l’émission “Face à l’info”, diffusée par CNews.
En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.
Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.
Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.
Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.
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