
Une « clientèle dépravée » que « l’on ne veut plus voir dans le quartier. » Le Coco Loko bar, un bar « LGBT friendly » du centre-ville de Bordeaux, situé près de l’hôtel de ville, subit depuis plusieurs semaines des insultes homophobes, avec en point d’orgue un courrier de menaces que le gérant, Julien Colonna, a reçu il y a quelques jours.
« Notre établissement existe depuis huit ans, témoigne ce dernier, et nous n’avons jamais eu de problèmes jusqu’à maintenant. Mais depuis quelques mois nous recevons du courrier, et nous avons des plaintes, particulièrement d’une voisine qui nous demande de fermer un peu plus tôt. Et le 15 décembre dernier nous avons retrouvé dans notre hall d’entrée des messages homophobes. » On pouvait y lire : « PD » sur la boîte aux lettres, et « Dégager les PD !! Honte ! » sur le mur.
« Nous ne voulons plus voir de PD dans ce quartier »
« Vendredi 16 février nous sommes passés à la vitesse supérieure, poursuit Julien Colonna, puisque nous avons reçu un courrier dans lequel il est écrit que si l’on retrouve des insultes dans notre hall, c’est que peut-être on le mérite. » Dans ce courrier posté sur les réseaux sociaux, on peut lire : « Votre local porte préjudice à tout le monde avec une clientèle dépravée. Vous n’avez pas honte de vous donner en spectacle, en plein cœur du centre-ville ? Je vous conseille de changer d’activité très vite et surtout de clientèle avant qu’il n’arrive des problèmes. »
L’auteur y fait par ailleurs référence à l’agression commise en 2014 au Go West, un ancien bar gay de la ville, au cours de laquelle des individus avaient frappé le patron et un client, avant de tenter de saccager l’établissement. « Je vous rappelle l’agression qu’il y a eue il y a quelques années sur des dirigeants de cette saleté de bar à l’activité identique à la vôtre. Nous ne voulons plus voir de PD dans ce quartier. Vous êtes des dépravés, si vous ne le comprenez pas il vous arrivera très prochainement de gros problèmes. »
Le gérant du Coco Loko bar a déposé plainte, et demande au maire de Bordeaux Pierre Hurmic d’intervenir. Il a également saisi l’association Stop Homophobie, qui lui apporte son « soutien dans sa procédure. »
Maire-adjoint de Bordeaux en charge de la lutte contre toutes les discriminations, Olivier Escots assure être entré en contact avec Julien Colonna dès la semaine dernière. « La municipalité lui apporte évidemment tout son soutien, tout comme à chaque victime d’homophobie, explique l’élu à 20 Minutes. En attendant que les auteurs soient retrouvés par la police, et qu’il y ait des sanctions, nous avons demandé à ce que la police municipale soit vigilante par rapport à cet établissement. »
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CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.
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