
Portes closes sur les deux sites d’Ajaccio et de Cavone.
En réaction à l’agression verbale particulièrement violente dont a été victime un médecin au cabinet SOS médecin situé sur la Rocade à Ajaccio, ses confrères ont décidé, depuis ce dimanche de « cesser leur activité jusqu’à nouvel ordre ».
Et lors de ce premier week-end de l’année, c’est la priorité donnée à une situation d’urgence qui aurait mis le feu aux poudres. « Un patient qui présentait une pathologie aiguë a été pris en charge avant un autre patient par le médecin. Il s’agissait d’un choix médical, dicté par l’urgence. Le patient qui s’estimait lésé car son tour n’aurait pas été respecté a clairement dit je passe avant, tout en joignant le geste à la parole », indique une source proche de l’affaire.
Dans la salle d’attente, le patient irascible et sûr de son bon droit reste sourd aux explications du médecin. Il veut passer, un point c’est tout, quitte à en découdre. « On a frisé de peu l’agression physique », reconnaît-on. Pour les équipes de SOS Médecins, c’est l’incident de trop.
Recrudescence des violences
Car, derrière la décision de SOS Médecins Ajaccio de se retirer, il y a en plus, une recrudescence des violences contre les soignants. « Cela fait partie des multiples agressions et des incivilités que nous subissons désormais au quotidien. Il faut que ça s’arrête », insistent ces professionnels de santé. Des faits que confirme Jean Canarelli, président du conseil de l’ordre des médecins de la Corse-du-Sud. « Comme beaucoup de médecins, les équipes de SOS Médecins sont confrontées à une pression croissante, avec des patients qui ont de plus en plus de demandes, légitimes pour la plupart du temps et des fois un peu moins mais, c’est leur ressenti », analyse-t-il. Un phénomène qui s’inscrit dans un environnement marqué par « un déficit démographique chronique de médecins ».
Le contexte se raidit aussi vu « l’évolution de la société en général, avec des gens qui sont passés de patients à consommateurs« et qui, par conséquent, estiment que le client est roi face à un médecin devenu simple prestataire de services.
Ce qui correspond « à une hausse constante du nombre d’agressions sur le Continent comme dans l’île malheureusement », observe le président du conseil de l’ordre.
D’autres facteurs exacerbent les tensions ces jours-ci, selon lui. Parmi ceux-ci, l’épidémie de grippe en cours qui génère une hausse sensible du nombre de consultations et depuis le 22 décembre 2024, l’entrée en vigueur de la nouvelle convention instaurée par la caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam). L’innovation administrative se fonde sur le principe de régulation du flux médical. Et c’est bien là un des changements importants de l’année 2025.
Avant de se ruer chez SOS Médecins, il faut en effet prendre rendez-vous en ligne sur une plateforme dédiée ou bien composer le 3624. Au bout du fil, un médecin régulateur examine le motif de consultation. L’échange débouche sur un rendez-vous, dans la journée le plus souvent, chez SOS médecins, ou bien sur l’orientation vers un autre service, les urgences par exemple, ou bien le médecin traitant. Tout dépend de la gravité de l’affection.
Sauf que la procédure qui fait appel à la prise de rendez-vous passe mal auprès de certains. « Ce n’est pas aussi simple qu’avant, lorsqu’on se présentait au cabinet et qu’on était vu. Tout le monde ne manipule pas Internet facilement », confient bon nombre de patients. Entre amertume, résignation et crainte face à l’idée de modifier ses habitudes.
Ces agressions verbales et physiques envers le corps médical sont intolérables et inadmissibles. Elles doivent être punies sévèrement ! Soutien à Sos Médecins Ajaccio ! pic.twitter.com/6Q3SyMY1k5
— Charles Voglimacci (CVoglimacci) January 5, 2025
Une condamnation unanime
À travers un communiqué, l’Union régionale des professionnels de santé, médecins libéraux de Corse a tenu à « condamner toute forme de violence à l’égard des professionnels de santé » tout en apportant « son soutien aux confrères de SOS médecins d’Aiacciu, victimes ces derniers jours d’incivilités ». Une position partagée par l’Agence régionale de santé qui « a déploré l’agression récente subie par un médecin de SOS Médecins ». Au passage, l’autorité sanitaire a procédé à un petit recadrage, en précisant « que le médecin est habilité à évaluer l’état de santé des patients et, si nécessaire, à prioriser les ordres de passage ». Avec SOS Médecins 2A, l’Agence a précisé les objectifs poursuivis par « la nouvelle régulation des flux », « réduire les temps d’attente et limiter les risques de contamination », « répondre à un plus grand nombre de demandes », et « maintenir les visites à domicile pour les jeunes enfants et les personnes âgées ».
À suivre.
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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