A côté de Louviers, un habitant condamné pour des menaces et outrages envers le maire

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Le 19 juin dernier le journal Les Echos faisait état de la fatigue morale des maires des 34 955 communes de France dont 6% ont démissionné sous la pression au cours de cette mandature. Jean-Philippe Brun, maire de Porte-de-Seine le confirme :  » Les petites communes ne sont pas riches. Avec le manque de personnel, le maire fait office de couteau Suisse. Il s’occupe aussi bien de l’urbanisme, des demandes de subventions que de la voirie etc… Il n’est pas rare que je sois réveillé au milieu de la nuit pour dégager les débris de verre d’un accident « .

Le premier magistrat est le référent ultime vers lequel on se tourne pour régler les conflits, apaiser les frustrations et bien souvent lever de simples quiproquos quand il ne fait pas office de bouc émissaire, comme ce fut le cas le 17 mai dernier.

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« Si j’te vois, j’te casse la gueule »

Monsieur Brun, connaît bien cet homme âgé de 42 ans installé sur un terrain non constructible en bord de Seine. Il a d’ailleurs une bonne estime de son administré qu’il a employé à titre personnel pour élaguer des arbres et entretenir son jardin. Á maintes reprises le paysagiste lui a demandé de reclasser sa propriété en terrain à bâtir. Malheureusement c’est impossible, en respect du PPRI -plan de prévention du risque inondation- contre lequel il n’a aucun pouvoir. Cependant le maire a fermé les yeux lorsqu’il a installé sont mobile-home et encore une nouvelle fois lorsqu’il a demandé d’implanter un chalet pour y ranger ses outils. Mais le quadragénaire n’en démord pas, son terrain est constructible et le met en vente à ce titre sur une annonce du Bon coin.

Des agents immobiliers s’y intéressent et s’informent auprès de la mairie avant de rendre visite au propriétaire des lieux. C’est après cette visite que tout dérape ce 17 mai 2024 sur la commune de Porte-de-Seine.

Au téléphone l’homme s’emporte auprès du maire, le traite de tous les noms d’oiseaux et menace : « Si j’te vois, j’te casse la gueule, reste là j’arrive, sale con ». La secrétaire de mairie le confirme car elle était à côté l’édile et le téléphone sur haut parleur.

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« Il m’a traité de Rom »

A la barre le prévenu reconnaît les insultes mais nie les menaces. Il s’explique : « Les deux agents immobiliers sont venus me voir, ils étaient pas contents, ils m’ont traité de Rom, c’est vexant, je ne suis pas Rom, ni manouche ni Gitan, la famille de ma femme fait partie de la communauté des gens du voyage, mais ça n’a rien à voir. J’ai pensé que c’est le maire qui leur a dit ça. C’est discriminant, j’ai perdu des clients ».

De son côté Jean-Philippe Brun dénie tout ostracisme de sa part et précise : « En ce qui me concerne monsieur est un paysagiste dont je loue le travail. Du point de vue professionnel je n’ai que du bien à en dire ». Depuis plus d’un an les relations entre l’édile et son administré sont sereines et apaisées.

La substitut du procureur estime que ce n’est pas seulement la personne de Monsieur Brun qui a été menacée mais aussi la fonction. Compte tenu des circonstances et du casier vierge du prévenu elle requiert 4 mois de sursis simple à son encontre, ramenés à 175 heures de travail d’intérêt général après le délibéré. En outre il devra suivre un stage de citoyenneté.

En marge du procès l’homme est finalement satisfait et n’en veut sincèrement pas au maire mais garde la conviction que si son terrain avait été la propriété d’un notable, il serait bel et bien constructible. Peut être est-ce un trait qui nous caractérise. Depuis la fin de l’ancien régime, chaque citoyen voudrait son privilège.

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En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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