Selon les mots du procureur Emmanuel Phelippeau, c’est « un personnage atypique » qui entre dans le box. D’emblée, le sexagénaire exprime sa déception : « Je pensais que M. Réza Salami serait présent ». Précisément, le président Xavier Jublin l’interroge en premier lieu sur l’agression de l’élu. Il est 18 h 30, ce jour de février dernier, quand le mis en cause apostrophe l’adjoint au maire dans la rue de Siam, en plaisantant sur son nom, qu’il croit d’origine italienne. D’un jeu de mots dont il est fier, il dérape sur des considérations insultantes sur les politiciens et sur les étrangers qui, selon lui, « ne devraient pas avoir de responsabilités en France ! ». Aux paroles, il joint le geste en bousculant le représentant municipal. La plainte de ce dernier est confirmée par un témoin.
En réponse, le prévenu poursuit sa diatribe au tribunal. Passant du nom au prénom du plaignant, il ironise : « Ça vient du réseau… C’est rigolo, ça ! ». Et quand le magistrat lui rappelle qu’il s’agit d’une personne dépositaire de l’autorité publique, il rétorque : « Oui, mais ce n’est pas un homme politique très élevé ! ». Celui qui se targue d’avoir un haut potentiel intellectuel se perd alors dans une logorrhée ponctuée par la lecture de fiches dûment préparées pour les débats. « Je parle beaucoup, car j’étais instituteur », prévient-il. L’expert psychiatre, quant à lui, relève surtout « une certaine mégalomanie » avant de conclure à une altération du discernement.
« A-t-on mis Coluche en prison ? »
Concernant la menace de mort proférée contre une policière lors de la garde à vue, le retraité de l’Éducation nationale reconnaît les paroles « J’aurai ta peau, saloperie ! ». Et il s’empresse d’ajouter : « Je suis misogyne ». À cet endroit, le parquetier remarque que, sur les huit condamnations inscrites sur le casier judiciaire du prévenu, « cinq sont des outrages » : « Ça fait vingt ans qu’il s’en prend à l’autorité ». Lorsque la voix du ministère public hausse le ton pour requérir un emprisonnement de douze mois, dont quatre assortis d’un sursis probatoire de deux ans, l’homme du box fait entendre : « Ça ne va pas, non ? ». Profitant du dernier mot, au terme du procès, le sexagénaire s’insurge : « J’ai tendance à faire de l’humour, mais a-t-on mis Coluche en prison ? ».
Six mois ferme
Le tribunal distingue les mauvaises plaisanteries des bonnes : il prononce une peine de dix mois de prison, dont quatre avec un sursis probatoire de deux ans interdisant, entre autres, tout contact avec l’élu, qui ne s’est pas constitué partie civile. C’est la Ville de Brest qui l’a fait pour lui, en sollicitant un euro symbolique. La fonctionnaire de police obtient, pour sa part, une réparation de 500 €. En quittant la salle sous escorte, celui qui est maintenu en détention hurle : « C’est une abomination ! ».
Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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