
Déjà déclaré pénalement irresponsable après avoir agressé Patrick Laffont en 2022, un homme d’une cinquantaine d’années était jugé ce vendredi 23 octobre 2026 à Foix pour de nouvelles menaces de mort adressées à l’élu et à un artisan. Le tribunal a prononcé dix ans d’interdiction de paraître à Laroque-d’Olmes, en Ariège.
À peine arrivé dans le box, le prévenu balaie la salle du regard. Dès qu’il aperçoit Patrick Laffont, il lui adresse un doigt d’honneur. Un geste qui ne manque pas d’interpeller le procureur de la République, Olivier Mouysset, et la présidente de la cour, Pauline Chaulet, qui le rappelle immédiatement à l’ordre. « Si vous recommencez, je vous fais sortir », assène-t-elle.
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Entre les deux hommes, le contentieux remonte à avril 2022. Le maire avait alors été violemment agressé devant la mairie, recevant plusieurs coups au visage, notamment à la mâchoire. Quelques mois plus tard, son agresseur avait été déclaré pénalement irresponsable en raison de l’abolition de son discernement et une hospitalisation avait été ordonnée. Un jugement qui ne l’a pas empêché de recommencer et de proférer des menaces de mort à l’encontre du maire.
Cette fois, un artisan se retrouve également malgré lui empêtré au cœur du différend. Sollicité par la curatelle du prévenu pour refaire la toiture de son logement, il a dû composer avec des démarches administratives préalables aux travaux entraînant un contretemps. Une situation que le prévenu ne semble pas avoir acceptée, accusant l’artisan d’être de mèche avec le maire.
« J’ai voulu exprimer ma frustration »
Le différend lié au chantier a rapidement pris une autre tournure. Dans les messages adressés à l’artisan, les insultes s’accompagnent de menaces physiques et sexuelles. « Même si je menace de violer ta fille, les flics ne bougeront pas du gland », aurait notamment écrit le prévenu. D’autres messages évoquent la volonté de faire un « collier avec ses dents » ou encore de lui « exploser la tête ».
À la barre, l’homme invoque la consommation d’alcool au moment des faits. « J’avais bu. J’ai repensé à ça et j’ai voulu exprimer ma frustration », explique-t-il. Les expertises psychiatriques évoquées à l’audience font également état d’une psychose paranoïaque. Il affirme être victime d’un acharnement, reprochant notamment à Patrick Laffont de parler régulièrement de lui sur les réseaux sociaux de la commune.
Si l’artisan est le seul destinataire des messages, les menaces visant notamment sa fille ont gagné toute la famille, qui vit désormais dans la peur. L’avocate des parties civiles réclame 1 000 euros pour chacun des parents et 500 euros pour chacune des deux filles.
« Qu’est-ce que l’on peut faire d’une personne qui représente autant de dangerosité ? »
Pour l’avocat du maire de Laroque-d’Olmes, cette affaire s’inscrit dans une succession de tensions. Il rappelle l’agression de son client en 2022 et évoque d’autres menaces, des dégradations et des violations d’interdictions judiciaires. Il mentionne également des gestes d’égorgement que le prévenu aurait adressés au premier édile via les caméras de vidéosurveillance de la commune. « Qu’est-ce que l’on peut faire d’une personne qui représente autant de dangerosité ? », interroge-t-il, réclamant 10 000 euros de dommages et intérêts.
Le procureur de la République, Olivier Mouysset, souligne lui aussi la répétition des tensions. « La vie judiciaire est souvent un éternel recommencement », relève-t-il. Il requiert notamment des interdictions de contact et de paraître au domicile des victimes, ainsi qu’une interdiction de porter une arme, pour dix ans.
De son côté, la défense insiste sur les troubles psychiatriques de son client, déplorant « la publication sur les réseaux sociaux de la mairie des messages qui attisent » le conflit. Elle demande le rejet des demandes d’indemnisation de la famille de l’artisan, et juge excessives les sommes réclamées par le maire.
Le tribunal retient finalement l’irresponsabilité pénale du prévenu en raison de son trouble psychique. Il accorde 800 euros de dommages et intérêts à l’artisan et 200 euros à Patrick Laffont. Le prévenu se voit interdire tout contact avec les deux victimes et l’accès à leur domicile pendant dix ans. Il lui est également interdit de paraître à Laroque-d’Olmes durant la même période.
À l’issue de l’audience, Patrick Laffont salue les interdictions prononcées pour dix ans. « Pour une fois, ça avance. Je tiens à remercier la cour et le procureur. Là, il y a vraiment une avancée, malgré la difficulté de ces histoires d’irresponsabilité », réagit-il. Le maire souligne toutefois la complexité de la situation : « C’est une personne qui est malade, je l’accepte, mais qui est loin d’être complètement dénuée de sens. »
En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.
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