Périscolaire parisien : Anne Hidalgo reconnaît « un échec collectif », auditionnée au Sénat après des agressions sexuelles sur mineurs

, Périscolaire parisien : Anne Hidalgo reconnaît « un échec collectif », auditionnée au Sénat après des agressions sexuelles sur mineurs

L’audition s’est ouverte par un mot adressé aux victimes. Anne Hidalgo s’est présentée ce mardi devant la commission d’enquête du Sénat sur les violences sexuelles dans le périscolaire parisien. Pendant plusieurs heures, l’ancienne maire de Paris a alterné reconnaissance des failles de son administration et défense de son bilan. Elle a dit ses premières pensées pour « toutes les petites Parisiennes et les petits Parisiens victimes de prédateurs sexuels » dans le cadre scolaire et périscolaire, regrettant que ces violences aient eu lieu alors que les parents avaient confié leurs enfants à la mairie. « Je suis du côté des victimes », a-t-elle affirmé, avant de reconnaître que les institutions, « malgré les actes posés », avaient failli dans leur mission de protection. Elle a évoqué un « échec collectif » et un « devoir de vérité ».

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Interrogée sur ses initiatives, Anne Hidalgo a déroulé tout une série de faits. Dès novembre 2014, six mois après son élection, elle affirme s’être attelée à la prévention des violences sexuelles commises par des agents publics sur des enfants, après le signalement de cas dans des conservatoires parisiens, et avoir sollicité l’inspection générale de la Ville pour formuler des propositions.

Selon ses dires, depuis 2015, la maire de Paris a instauré de multiples mesures préventives, commencée par un protocole de signalement avec le parquet. La Ville a ensuite créé un organisme de formation interne pour former ses agents périscolaires en 2018, ouvert une adresse électronique dédiée aux alertes en 2019, puis obtenu l’accès au fichier des délinquants sexuels en 2020. Le dispositif s’est encore renforcé avec la diffusion d’un vademecum de protection de l’enfance en 2024 et le lancement d’un audit de l’Inspection générale en 2026.« Nous n’avons jamais attendu, nous avons toujours pris ce problème grave à bras-le-corps », a-t-elle assuré, disant comprendre « le désarroi et le sentiment d’abandon des familles ».

« Ce n’est pas systémique, c’est un sujet national ! »

La rapporteure de la commission, la sénatrice LR Agnès Evren, a mis Anne Hidalgo face à une découverte qu’elle dit avoir faite en préparant elle-même son audition. Entre 2021 et 2025, les signalements au titre de l’article 40 n’étaient pas systématiques. Une consigne aurait été modifiée pendant quatre ans, à l’insu de la maire elle-même. Anne Hidalgo l’a confirmé. Il n’y avait de signalement que lorsqu’aucune enquête judiciaire n’était en cours, pour éviter un effet de redondance. Elle a qualifié cette pratique de « décision prise sans validation politique » et affirmé avoir été en désaccord avec celle-ci.

Elle a reconnu « des dysfonctionnements, des chaînes d’information qui n’ont pas fonctionné », appelant à un travail commun entre l’Éducation nationale, les collectivités territoriales, le parquet et la police.

Le ton est monté lorsque la sénatrice Agnès Evren a évoqué le caractère « systémique » des violences sexuelles dans le périscolaire parisien. Anne Hidalgo a rejeté le terme s’agissant de sa collectivité : « Je ne sais pas ce que vous entendez par systémique, c’est un sujet national ! », a-t-elle répondu, et a rappelé que 80 % des agressions sur enfants ont lieu au sein des familles. Elle a par ailleurs dit se réjouir de l’élaboration d’une « loi intégrale » contre les violences sexuelles faites aux enfants, qu’elle a qualifiée de « très bon cadre ».

« Je n’ai pas cherché à dire que c’était de la faute des autres»

Sur sa propre responsabilité, Anne Hidalgo a distingué le fonctionnement des collectivités, dont « tout maire est responsable », des comportements individuels des agents, notamment lorsqu’il s’agit du non-respect de consignes données. Concernant le rapport de 2015 dont la moitié des recommandations n’auraient pas été appliquées selon la mission flash de 2026, Agnès Evren lui a demandé si certaines avaient pu être écartées sur sa décision. « Mon Dieu, non ! », a répondu l’ancienne édile. « Je pense avoir apporté des réponses précises sur le déroulement des faits. Je n’ai pas cherché à dire « ce n’est pas moi, ce sont les autres » », a-t-elle enchaîné, avant de botter en touche. « Je ne peux pas vous dire quelles ont été les décisions prises après mon départ », renvoyant la question à Emmanuel Grégoire, qui doit être auditionné demain matin.

Interrogée sur le défaut d’information des familles, Anne Hidalgo a invoqué le secret de l’instruction dans les affaires portées devant la justice. Mais elle a assuré que les associations de parents, en particulier SOS Périscolaire, avaient été reçues dès 2021, tout en reconnaissant que cela restait insuffisant.

Le nombre de victimes est « intolérable » et « inacceptable »

Anne Hidalgo affirme apprendre parfois elle-même le classement sans suite de procédures visant des animateurs d’écoles parisiennes. Malgré la colère et l’incompréhension des familles concernées, elle rappelle que la mairie de Paris est tenue de réintégrer ces animateurs dans ses effectifs : « L’administration applique le droit », a-t-elle assuré. Pour empêcher que des prédateurs continuent de sévir dans les écoles tout en respectant les victimes et les décisions de justice, elle appelle à « réfléchir sérieusement aux failles collectives » du système.

Elle a par ailleurs qualifié le nombre de victimes d’« intolérable » et d’« inacceptable » pour une institution comme la Ville de Paris, et a défendu un « processus qui a failli mais qui a permis, peut-être, de prévenir un certain nombre de situations ». Elle a appelé au respect du travail mené par ses services, « bien qu’insuffisant ».

Après deux heures et quart d’échanges avec les sénateurs de la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport, Anne Hidalgo a quitté la salle A 263 du Palais du Luxembourg. Elle laisse sa place à son ex-premier adjoint, Patrick Bloche, dont l’audition doit débuter dans la foulée.

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En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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