Une douzaine d’élus locaux et régionaux appellent le gouvernement à accélérer l’examen de la « loi intégrale » contre les violences faites aux femmes et aux enfants, avant le débat sur le projet de loi de finances à l’Assemblée nationale.
« Nous, élues de la République, vice-présidentes de régions, conseillères régionales, maires, adjointes, conseillères municipales, saluons l’annonce d’un prochain d’un texte ambitieux contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Nous l’appelions de nos vœux. Nous resterons toutefois vigilantes. Cette cause essentielle ne saurait être sacrifiée sur l’autel de l’austérité budgétaire de Bercy.
Le Premier ministre a annoncé le 23 juin devant l’Assemblée nationale l’inscription de la proposition de loi « intégrale » ainsi que son examen en octobre, avant le projet de loi de finances. Nous prenons acte de cette avancée majeure. Elle était attendue de trop longue date et est impérative pour l’ensemble de nos territoires.
Parce que nous sommes, chaque jour, au contact des habitantes de nos territoires, des mères, des familles et des associations qui les accompagnent, nous savons l’ampleur de la détresse, de la peur et parfois de l’abandon auxquels sont confrontées les femmes et les enfants victimes de violences.
Aujourd’hui, nous nous rassemblons pour soutenir leurs voix. Le drame survenu il y a quelques semaines n’est malheureusement pas un fait isolé. Il s’inscrit dans une réalité qui se répète avec une régularité insupportable. Depuis trop longtemps, l’urgence est là. Combien de femmes devront encore perdre la vie ? Combien d’enfants devront encore grandir dans la violence avant que nous apportions une réponse à la hauteur ?
Grande cause du quinquennat : le compte n’y est pas
Partout en France, les collectivités territoriales agissent, à leur échelle, allant au-delà de leurs compétences, pour lutter contre les violences faites aux femmes et les violences sexistes et sexuelles. Nous finançons et soutenons les associations, les Maisons des femmes, renforçons la sécurité dans les transports, sensibilisons les jeunes dans les établissements scolaires.
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Mais cette mobilisation locale ne peut être efficace que si l’État consacre des moyens suffisants et conséquents, tant financiers qu’humains à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Cela ne peut pas être une inversion de responsabilité. Nous n’avons de cesse d’interpeller l’État sur les défaillances observées dans l’application des dispositifs nationaux.
Trop de femmes se heurtent encore à des obstacles inacceptables : difficultés d’accueil, notamment dans les commissariats, de conditions de dépôt de plainte, remise en cause de leur parole, inversion de la culpabilité. Ces situations ne sont pas de simples dysfonctionnements, elles ont des conséquences dramatiques concrètes. Mais alerter ne sauve pas. Écrire aux procureurs saisir les préfets sur des manquements ne suffit pas non plus.
Il appartient à l’État, dans ses missions régaliennes, de garantir que la justice et la police disposent des moyens nécessaires pour prévenir les violences, protéger les victimes, sanctionner les auteurs et lutter contre la récidive. Les associations sont en première ligne : écoutons-les Les associations, leurs salariés et bénévoles accueillent, écoutent, sensibilisent, soutiennent, accompagnent, sur le plan social, juridique et psychologique, et sauvent des vies. Leur engagement est indispensable. Écoutons-les. Soutenons-les.
L’État doit leur assurer des financements stables et pluriannuels. Ne sacrifions pas les femmes et les enfants sur l’autel de l’austérité budgétaire Le redressement des comptes publics ne peut justifier l’inaction ou le renoncement. La protection des femmes et des enfants ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire. C’est pourquoi, si nous saluons collectivement cette annonce du Premier ministre, nous restons particulièrement vigilantes à ce que ce texte demeure ambitieux dans son application réelle et soit adopté à l’automne. C’est une exigence pour la société Française, une exigence dans nos territoires. »
Signataires :
- Charlotte BÊLE, Déléguée spéciale à l’Égalité femme homme de la Région Île-de-France, adjointe au maire de Montrouge et Présidente du Centre Hubertine-Auclert
- Catherine BERNARDEAU, Vice-présidente en charge du Handicap, de l’égalité et de la lutte contre les discriminations de la Région Nouvelle-Aquitaine
- Magali BESSARD, Vice-présidente déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes et aux formations sanitaires et sociales, adjointe au maire de Bourges déléguée à la santé et à l’égalité femmes-hommes
- Sandrine CHAIX, Vice-présidente déléguée au handicap, à l’action sociale et à la lutte contre les violences faites aux femmes de la Région Auvergne-Rhône-Alpes
- Sylvie D’ALGUERRE, Conseillère régionale déléguée à l’Égalité femme-homme de la Région Grand Est, adjointe à la commune de Chaumoussey
- Laëtitia MARTINEZ, Vice-présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Vice-présidente à l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, l’égalité réelle et la laïcité, Conseillère municipale déléguée à l’Égalité des droits et à la vie étudiante du Creusot
- Pierre POULIQUEN, Vice-président chargé de la Jeunesse, de l’égalité des droits, sports, vie associative de la Région Bretagne
- Pauline WEISS, Conseillère régionale spéciale Égalité Hommes-femmes de la Région Pays-de-la-Loire
- Jennifer SALLES, Conseillère régionale, Présidente de la Commission Lutte contre les inégalités, Solidarités, Défense des droits des femmes, Grandes causes régionales de la Région Sud, conseillère municipale de Nice
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
Source de l’article : Source
