Marie-Laure Grenier, maire de Casseneuil de 2020 à 2026, a vécu un mandat « passionnant, mais il y a des choses que je ne regretterai pas ». Les agressions verbales qui ont marqué le début et la fin de son bail sont de celles-là. Que ce soit en 2020, quelques mois après avoir revêtu l’écharpe, jusque dans le bureau de vote du second tour des municipales de mars dernier, la professeure, dans le civil, a dû faire face aux insultes et menaces d’administrés, à chaque fois suivies d’un soutien sans faille de ses collègues élus et d’un dépôt de plainte. « C’est regrettable, alors qu’on s’engage pour les autres. Quand cela m’est arrivé, j’étais dans un état de sidération. C’est très simple, on se met dans un état de vigilance. Ce terme m’a suivie pendant six ans. »
« J’ai pris mes précautions. Par exemple, je faisais les démarches municipales toujours accompagnée d’un adjoint »
Traumatisme
Françoise Laborde, elle, « y pense encore ». Plus de dix ans après. Comme une plaie qui ne se referme pas vraiment. Celle qui est aujourd’hui la doyenne des maires de Lot-et-Garonne entamait un nouveau mandat à la tête de La Sauvetat-sur-Lède quand, un jour de 2014, elle reçoit une gifle de la part d’un jeune majeur. Lunettes cassées et œil au beurre noir en prime. « Un choc » pour l’élue qui, depuis, concède quelques évolutions dans son mode de fonctionnement : « J’ai pris mes précautions. Par exemple, je faisais les démarches municipales toujours accompagnée d’un adjoint ». La vie, au quotidien, dans son village de quelque 600 âmes, l’a amenée à recroiser la route de l’individu qui finira par être condamné. Cet épisode traumatique n’a pas entamé sa volonté de servir, elle qui a été réélue deux fois : « Il faut vivre au jour le jour, se concentrer sur les belles choses. J’ai pu marier mon fils, ce sont des moments privilégiés qui effacent un peu… »

Loïc Déquier / SO
Des « moments privilégiés » que n’a pas eu le temps de connaître cette élue de Sainte-Colombe-de-Villeneuve. Muriel Murat a démissionné de son poste de 1re adjointe quelques mois après l’élection de 2020, « une décision mûrie ». Cible de lettres de menaces – dont une sixième avec une douille de balle de fusil –, de jets de tomates sur son domicile, c’en était trop. Pour elle, pour sa famille. « On ne sortait plus de chez nous. Je travaille avec des enfants, et avoir les gendarmes à la maison… On ne se sentait plus chez nous. Ce n’était plus possible. » Elle présente alors sa démission au maire et, du jour au lendemain, les intimidations cessent. Pas leur souvenir : « J’ai mis des années à m’en remettre ». Malgré tout, Muriel Murat envisage de revenir en politique. « Moralement, c’est compliqué, comme un deuil, il faut le temps de digérer. Mais je suis prête à me réengager. » Même si l’enquête n’a pas abouti.
Justice et ironie
« La réponse doit être juridique », clame ainsi Gilles Charolais, maire de La Croix-Blanche. Lui a été victime d’un corbeau à la plume acerbe, en 2023, et d’insultes publiques quelque temps après. L’auteur des missives calomnieuses, identifié comme un ancien élu de la commune, a bien eu affaire à la justice et a été condamné à suivre un stage de citoyenneté. Quant à la personne injurieuse, rien à l’horizon judiciaire, malgré une plainte qui court depuis deux ans. « On ne peut s’y habituer, mais on y est obligé », regrette celui qui a été reconduit dans le fauteuil de maire en mars dernier. Si ces années d’expérience l’aident à « rebondir », il pense à ces néo-maires qui découvrent une réalité qui n’a rien de virtuel. « Quand je vois le déchaînement des commentaires concernant les maires sur les réseaux sociaux, je me demande dans quel monde on vit… »
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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